‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 2)Chapitre 7 sur 106 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

M. DENON

Or le jeune Denon avait tout ce qu'il faut pour plaire aux femmes : une physionomie gaie et fine, de la vivacité, du trait dans l'esprit, et, de plus, un vrai talent dans l'art du dessin, que cependant il ne cultivait que pour diversifier ses plaisirs. [l trouva donc facilement accès dans les sociétés les plus aimables de Paris, et il y fut fêté et chéri. La comédie francaise avait alors des actrices célèbres dans tous les genres , et qui joignaient aux talents les graces

de l'esprit :

était presque une distinction pour un homme de bon ton d'en avoir une pour maitresse. Le jeune Denon ne pouvait qu'ambitionner une telle gloire : pour être plus facile-

ment admis auprès de ces aimables sirènes, il composa une comédie (Le Box Père ), qui

ressemblait à toutes les comédies de ce temps-là, c'est-à-dire qui était faible d'intrigue, mais

spirituelle. Le grave Le Kain disait de cette pièce : « C'est la comédie de ce jeu

€ auteur couleur de rose, que nos dames ont reçue. »

Au milieu de ses succès auprès des femmes, M. Denon se rappelait souvent un événement de son enfance, qui, s'il faut en croire ce qu'il racontait lui-même, n'a pas été sans quelque

influence sur sa vie. A l'üc

de sept ans, il avait eu occasion de consulter une Bohémienne ,

qui lui prédit qu'il serait aimé des femmes ; qu'il brillerait dans plusieurs cours de 1 Europe ; qu'un grand personnage le rendrait un jour très - heureux, ete. I a voulu, pendant tout le reste de sa vie, remplir, sans y croire, son horoscope dans Loutes ses parties, et il y à trèsomplètement réussi (1).

D'après le tableau que nous tracons ici de la vie dissipée de M. Denon dans sa première

jeunesse, on ne verra sans doute en lui qu'un de ces êtres légers qui ne semblent nés que

pour briller un instant dans des cercles frivoles, mais qui, n'ayant ni la force d'ame qui fait

surmonter les traverses de la vie, ni la patience, la persévérance qui est un des attributs du

génie, ne laissent aprés eux aucun monument de leur inutile existence. On se tromperait. Sous

cette apparente frivolité, il cachait déja un caractère ferme, courageux, et cette obstination dans les entreprises, qui presque toujours conduit au succès.

jeune encore, et peu d'années après son arrivée à Paris, c'est-à-dire lorsque les jouissances de toute espèce se multipliaient autour de lui, et que l'avenir se présentait à son esprit sous les plus brillantes couleurs, il se sentit atteint d’une maladie grave, et qui semble ne

devoir être qu'un triste apar

age de la vieillesse : il s'était formé dans sa vessie un calcul à

l'extraction duquel il fallut procéder, Avec quel courage, et même avec quelle indifférence, il

supporta une des plus douloureuses, et peut-être une des plus dangereuses opérations chirur-

gicales! Il vit de très-près la mort, et il la vit avec une insouciance philosophique. Cette fermeté d'ame, il eut, dans Ja suite, bien d'autres oc

asions de la manifester!

Jusqu'ici nous ne l'avons vu briller que dans les cercles de la

itre, à la cour de Louis XV, et ensuite auprès de

aimables, mais frivoles

capitale; suivons-le sur un plus grand th quelques puissances étrangères. Voyons - le plus tard encore au milieu des horreurs de la

révolution francaise, et, vers la fin de sa carric re, jouissant de toute la confiance, de l'intimité

méme d'un grand homme, qui avait su se donner un trône, un empire, le sceptre du monde.

(1) « Depuis, il retrouva cette femme en ltalie; elle le reconnut, et lui rappela sa prédiction, qui déja s'était en partie

réalisée, » ( Notice nécrologique sur M. le Baron Denon, par M. Courix

L'anecdote qui fit connaitre M. Denon, de Louis XV, a été racontée par divers biographes

Amateur des arts, passionné pour le beau, M. Denon aimait à contempler la belle et noble

figure de Louis, et ne laissait pas échapper l'occasion d'étudier ses traits, sa physionomie lorsque le monarque traversait, en certains jours marqués, la galerie de son palais de Fontai-

nebleau. Louis remarqua l'attention avec laquelle ce jeune homme le regardait, lui adressa la

parole, et fut charmé de la réponse flatteuse qu'il en reçut. Ayant fait prendre quelques informations sur sa naissance, et connaissant le gout extrême qu'il avait pour les arts, le

monarque l’attacha à sa personne en qualité de gentilhomme ordinaire de sa chambre, et le

avées.

chargea en même temps de la conservation de ses médailles et pierres g

Ainsi s'ouvrit pour M. Denon, sans que peut-être il l'eût désiré, la carrière des emplois

Le premier pas, le plus difficile, avait été fait par lui, sans qu'il s'en doutät; un second lui

coûta moins encore. Il désirait de voyager: il demanda et obtint d’être envoyé à Saint-

Pétersbourg en qualité de gentilhomme d'ambassade.

Cet esprit de société qui le distinguait, dont il était si éminemment pourvu, lui valut de

grands succès à Saint-Pétersbourg, où l'on se faisait gloire alors de singer la capitale dela France.

Admis dans les cercles les plus brillants, vivant, pour ainsi dire, dans l'intimité des plus grands

personnages de l'État, et surtout des femmes, qui jouaient un rôle à la cour, et que charmaient

sa gaieté, son apparente franchise et la

ilanterie de ses manières, il apprenait bien des anecdotes, des secrets importants , que l'ambassadeur, obligé d'observer les convenances,

asservi à la circonspection diplomatique, ignorait entièrement, ou ne connaissait que par

d'infidèles rapports. Aussi inspi

üt-il quelque inquiétude à la grande Catherine, et presque de la haine au grand-due Paul, qui devait un jour, pour son malheur, la remplacer sur le trône. À la mort de Louis XV, M. Denon fut rappelé. En revenant à Paris, le gentilhomme

d'ambassade crut devoir visiter le comte de Vergennes, alors ambassadeurten Suëde, mais

: il eut l'art de se fa

É eun

qui s'apprétait à venir prendre le ministère des affaires étrangères

protecteur puissant de ce ministre, qui lui donna bientôt une preuve de l'intérêt que lui avait

inspiré le jeune diplomate, en lui confi

Lune mission près du Corps helvétique (x

M. Denon profita de son voyage en Suisse pour chercher à connaitre le grand écrivain, qui,

retiré dans son château de Ferney, n'en remplissait pas moins l'Europe entière de son nom. Voltaire l'accueillit avec cette affabilité qu'il ne quittait qu'avec ses ennemis. Comme lui, M. Denon était gentilhomme ordinaire : comme lui, il aimait les lettres et la gloire; enfin, comme lui, il savait saisir un ridicule, lancer une épigramme : Voltaire trouvait qu'il y avait

de l'analogie entre leurs caractères, le genre de leurs esprits, et même, à ce qu'il lui semblait,

entre leurs figures. Si cette dernière r

semblance ne pouvait être alors bien sensible entre un homme de vingt-huit ans, et un vieillard octogénaire, il y avait cependant quelque vérité dans la remarque du seigneur de Ferney. En effet, quiconque à vu M. Denon, vers la fin de sa vie, n’a pu s'empêcher de trouver dans ses traits, surtout dans son sourire, quelque chose de la physionomie de Voltaire.

Mais peut-être M. Denon se lai

a-t-il aller un peu trop, avec le vieux poète, à ce goût

(1) Ce fut à l'époque et à l'occasion du renouvellement d'alliance avec la Suisse

A NOTICE SUR M. DENON pour la raillerie, qui lui était comme naturel. Il fit d'abord son portrait, et Voltaire trouva

qu'il l'avait rendu plus laid encore qu'il était. M Denon ne s'en tint pas là : il publia, sous

; une composition qui tient un peu du genre de la caricature

le titre de déjeuner de Ferre À l'occasion de ces deux ouvrages, le poète, un peu piqué, bien qu'il ne voulüt pas trop le

paraitre, écrivit à M. Denon quelques lettres spirituelles, auxquelles celui-ci répondit non

moins spirituellement. Cette petite correspondance était restée jusqu'à ce jour inédite; mais les neveux de M. Denon ont permis que je la joignisse à cette Notice sur la vie de leur oncle (x

Quelque temps après sa mission en Suisse, M. Denon fut envoyé à Naples en qualité de ait le comte de Clermont-d'Amboise. Le spectacle de

réveilla dans M. Denon

ambassadeur €

secrétaire d'ambassade :

, de ses admirables peintures

lItalie, de ses monuments antiqu plus jeunes années. Tout en

cet amour des beaux-arts, qui s'était emparé de lui dès

w il avait, depuis quelque temps, pris goût pour l'art de la gravure;

sa vie de manier le burin ), M. Denon ne perdait pas de vue les

dessinant et gravant (

et iln'a cessé tout le reste €

aient son gouvernement, Elles n'étaient pas d'une grande importance :

affaires qui intér il ne s'agissait que de ramener, sil était possible, à des sentiments plus favorables à la

la princesse autrichienne, qui gouvernait les Deux-Siciles au nom

France et à l'Esps du roi titulaire, Ferdinand IV. Toutes les faveurs étaient pour les Autrichiens et les Anglais;

ne ,

a reine témoignait en mille occasions

les plus honteuses avanies pour les Français, auxquels une haine implacable, qu'elle ne prenait pas même la peine de dissimuler. M. Denon était, depuis trois ans, à Naples, livré uniquement, du moins en apparence, à

la culture des arts et aux plaisirs dela société, lorsque l'ambassadeur fut rappelé. Le secrétaire

d'affaires. Ce fut alors qu'il trans forma, pour

d'ambassade resta seul, avec le titre de chargé

rravure. Vases gre

ainsi dire, le palais de l'ambassade en un vaste musée, et en ateliers de uérait, entassait dans le palais

médailles, camées, peintures de toute espèce, M. Denon att tout ce qui lui semblait curieux. Les productions les plus rares, qu'il parvenait à se proeurer. il les offrait au gouvernement français; et c'est ainsi que le Musée royal lui est redeentre autres, de très-beaux tableaux du

vable de plusieurs che ‘œuvre en peinture, et,

Guerchin, maitre presque inconnu alors en France. 1 l'a aussi enrichi de ses plus beaux vases it que, dans quelques tombeaux de Nola ou de tout

belles formes, il se hâtait de se

utre ville

étrusques. Dès qu'il appr

de la Campanie, on venait de déc ouvrir des vases peints de

nd regret du ministre

transporter sur les lieux, et d'en faire l'acquisition, souvent au &

anglais Hamilton, qui en recueillait aussi de toutes parts, avec le projet de les bien vendre,

La reine voyait avec plaisir le chargé d'affaires de la puissance qu'elle redoutait le plus, se

livrer, presque uniquement, à des oc upalions paisibles : elle le soupeonnait pourtant d'ap-

prendre ses intrigues les plus secrètes, de plusieurs femmes de la cour, que l'heureux Denon par son esprit. Elle ne se trompait pas.

à M. de Vergennes, de l'état de la cour de Naples, et lui

La correspondance

avait trouvé moyen de captive

par laquelle il rendait compte

tracait le tableau des intrigues politiques, et des galanteries des principaux personni

1) On trouvera cette correspondance immédiatement après la Notice sur M. Denon

‘tait, sans nul doute, extrèmement piquante, mais ne peut être publiée : elle fournirait pour-

tant des matériaux à l'histoire, si de tels détails étaient dignes d'en remplir les p Mais une occasion s'offrit à M. Denon, qui la saisit nd abandonner, quelque temps, le rôle semi-diplomatique qu'il jouait à Naples, pour parcourir, en amateur des arts, des pays

+. L'abbé

e Saint-Non avait entrepris l'ouvrage, si connu dans le monde savant sous le titre de Voyage

u'il savait si riches en antiquités, en monuments de toute espèce et de tous les

et de Sicile. Des artistes envoyés de France étaient chargés de dessiner

pittoresque de Naple toutes les curiosités de ces pays. M. Denon se fit un plaisir de les accompagner et de les diriger

dans leurs courses et dans leurs travaux : il consentit même à rédiger l’{{inéraire de ce voy

et c'est ainsi qu'il devint l'un des principaux auteurs et certainement le plus utile collaborateur

de ce grand et bel ouvrage, dont le temps n'a point encore atténué le mérite ni la réputation.

Mais M. Denon ayant eu quelques altercations avec l'a bé de Saint-Non, qui s'était permis

e faire des retranchements et des changements au texte qu'il lui avait envoyé, il ne lui

ile et Naples. Il le publia séparément, quelques

onna point le travail qu'il avait fait sur la S

années après, en un vol. in-8o.

La cour de France avait nommé, en 1785, un nouvel ambassadeur à Naples, et M. Denon

s après, M. de Vergennes, son protecteur, mourut; et «

fut alors, à

fut ce qu'il parait, que M. Denon abandonna pour toujours la carriè

pelé. Peu de tem;

{ : diplomatique, et qu'il

ne songea plus qu'à augmenter la belle collection d'antiquités et d'objets d'art qu'il avait com-

mencée en Italie. L'Académie de peinture de Paris lui proposa de l'agréer comme amateur; mais ilne voulut y entrer qu'en qualité d'artiste, présenta pour moréeau de réception une gravure qu'il avait faite d'après un des meilleurs tableaux de Luca Giordano, et fut admis.

Il s'empressa ensuite de retourner en Italie; c'était pour lui la terre de prédilection, Il

‘intérét, acquérant tout

visita de nouveau ses villes, dessinant tout ce qui lui paraissait digne d

ce qu'il croyait propre à enrichir sa collection. Cette époque de sa vie était pour lui une source

de doux souvenirs. Le jour, il visitait les ateliers des artistes; les soirées, il les passait dans les

palais des grands, au milieu de sociétés composées d'illustres ou de savants voyageurs, et des

ous connaissaient son mérite, tous

nationaux les plus distingués dans tous les genres

aimaient sa conversation toujours spirituelle et instructive.

idionale; il résolut de visiter le reste

Il m'avait bien exploré jusque-là que lTtalie mé

sur les lieux mêmes, les belles écoles de Bologne et de Venise. La

de la péninsule, d'étudie

e de ces villes eut tant de charmes pour lui; il trouva tant d'acquisitions à faire,

dern

qu'il y resta cinq années entières, oubliant, pour ainsi dire, sa patrie, et à peine ému du bruit de la foudre révolutionnaire qui, peu après son départ, avait commencé à gronder, et

devenait el

que jour plus menacante. Comme Français, il était suspect au gouvernement ia à Florence. Mais, à cette

vénitien, et il lui fallut chercher un autre asile : il se réfug

ais n'étaient vus de bon œil : il ne trouva pas méme le calme qu'il

époque, nulle part les Fran

cherchait, dans cette Helvétie autrefois si célèbre par son hospitalité; et alors, malgré les

t en rentrant en France, il se décida à revenir à Paris.

dangers qu'il cou avait

amis ( la faux révolutionnaire les

En rentrant dans sa patrie, il ne retrouva ni sc moissonnés , ou, par la fuite, ils s'étaient mis à l'abri de la tempête), ni ses biens, qui avaient Sans

été séquestrés pendant son absence, car il avait été porté sur la liste des émig

ressources, et presque dans un complet dénüment, il avait de plus à craindre l'échafaud.

Mais les artistes, auxquels il s'était associé en d'autres temps, ne l'avaient point oublié : aucun ne se montra son ennemi; tous lui témoignèrent de l'intérêt, tous, et surtout David, qui, déja célèbre, avait une grande influence et dans le gouvernement de cette époque et sur les arts. Non-seulement il le fit rayer de la liste des émigrés, mais il obtint et lui apporta lui-

même un arrêté qui le désignait comme graveur des costumes républicains que l'on voulait $ 5 l Ï É

la nation. Cette circonstance le mit en relation avec les puissances du

alors faire prendr.

jour, dont certes il était très-loin de partager l'exagération, et n'eut jamais voulu seconder les fureurs, mais auxquelles il fallait complaire, sous peine de la vie (1

Ce fut ainsi que M. Denon dut à son crayon la sécurité dont il jouit dans les temps les plus orageux de la révolution. Lorsque le calme succéda à cette épouvantable convulsion, son talent encore et aussi son courage et l'amabilité de son esprit lui valurent des honneurs, et une plus grande célébrité.

M. Denon avait connu la douce, l'affable Joséphine de Beauharnais, avant qu'elle fut

a faisait présager tout ce qu'il devait être un jour.

devenue l'épouse du jeune guerrier qui €

Ce fut elle qui le présenta à son mari. Bonaparte sut l'apprécier, et lui témoïgna de la confiance,

ypte. Ce gigantesque projet

en lui révélant le projet que l'on avait formé d'une expédition en 1 g

sourit à l'imagination de l'artiste. Bien qu'âgé de cinquante ans au moins, M. Denon voulut

s celui

re, il fut de cette mémorable entreprise. Il en partagea tous les dangers, et il n'est }

oire.

qui en ait retiré moins €

Parcourir, explorer un pays si féconc rands souvenirs; dessiner les monuments qui

couvrent son antique sol ; décrire les mouvements de notre armée, ses combats, privations

atteindre, 1l fallait de

et ses plaisirs : tel était son but dans ce périlleux voyage, et, pour

l'enthousiasme, du courage, de la persévérance; rien de tout cela ne Jui manquait, On le vit

toujours au milieu des camps, ou sur les champs de bataille, ou dans les courses les plus aventureuses en de vastes déserts, son portefeuille en bandoulière, son crayon à la main, retracant ou des monuments antiques, ou les scènes tantôt terribles, tantôt bizarres, qui se

passaient sous ses Yeux

1) Un biographe de M. Denon raconte, à ce sujet , une anecdote assez curieuse. rgé de graver les dessins des costumes que l'on voulait faire prendre à la is. Il

on lui indiqua

Après avoir rapporté que M. Denon avait été cha

nation, il ajouté : « C'est à cette occasion qu'il lui arriva une aventure que Je lui ai entendu raconter plusieurs f

fat appelé par le comité de salut public, pour rendre compte de la situation du travail dont il était chargé

minuit pour l'heure du rendez-vous. Il fat exact; mais le comité était, disait-on , enfermé pour discuter des affaires graves,

et M. Denon dut attendre. Deux heures S'écoulent, pendant lesquelles il entend des éclats de rire qui contrastaient singu-

lièrement avec la nature des affaires dont s’'occupait habituellement le comité, et qui prouvaient que la conversation était

ièce où se trouvait

bien loin d'être aussi sérieuse qu'on l'annonçait. Enfin, Robespierre sort, et passe inopinément dans la F

M. Denon, En apercevant un étranger, la figure du tribun farouche se contracte, et prend une expression d'effroi mêlé de

et ce qu'il fait là à cette heure. M. Denon se crut

colère; il demande au pauvre artiste, d’un ton à le pétrifier, qui il est, perdu. 11 se nomma, répondit qu'il était venu pour obéir à l'ordre qui lui avait été donné, et qu'il attendait qu'il fût appelé.

Robespierre se radoucit aussitôt, fit entrer M. Denon dans le lieu des séances, passa une partie du reste de la nuit à causer

avec lui, et, pendant tout le temps de l'entretien, il s'efforça de lui prouver qu'il aimait les arts, et qu'il avait le goût et les

manières d’un homme de bonne compagnie. M. Denon disait que le souvenir de cet événement avait pour lui le caractère

d'un songe.» — Notice nécrologique sur M. Denon, par M. Courix, insérée dans la Revue encyclopédique, 27° volume,

pag. 36

Avec la division du brave Desaix, dont il était devenu l'ami, il parcourut toute la haute

Égypte jusqu'aux cataractes. De tous les savants et artistes qui étaient venus en

igypte avec

l'armée française, il fut le premier qui put voir et dessiner cette Thèbes si célèbre par les écrits des poètes et des historiens, et vingt autres cités dont les imposantes ruines couvrent les deux rives du fleuve sacré. À son retour dans le Delta, il fut témoin de l'arrivée au Caire du général ën chef, qui revenait victorieux de l'expédition d'Aboukir. Il en reeut l'ordre de se rendre aussitôt sur le champ de bataille, et de retracer, dans un dessin , la principale cir-

constance d'un combat si glorieux pour les Francais.

Plus tard, les membres de l'Institut d'Egypte visitèrent aussi, mais sans courir les mémes dangers, sans éprouver les mêmes privations, la haute Égypte; et c'est à leurs recherches, à leurs découvertes, que nous devons le magnifique ouvrage que le siècle présent Îéguera à la postérité comme un monument de l'amour des sciences, de l'étendue des connaissances qui distingue l'époque où nous vivons. Mais M. Denon eut l'avantage de parcourir, de décrire, le premier, sinon avec autant de détails, ce pays des merveilles, et d'in-

spirer, par les récits qu'il fit de son voyage, à ses confrères de l'Institut du Caire, le désir

d'aller fouiller, à leur tour, cette mine inépuisable de monuments et de souvenirs. Le héros de cette entreprise, lune des plus mémorables de notre temps, avait emmené avec lui M. Denon, avec promesse de le reporter dans sa patrie. Il tint parole; M. Denon revint en

ance

sur la petite escadre qui ramena Bonaparte à Fréjus. De retour à Pari

; M. Denon s'occupa uniquement du soin de rédiger son voyage d'après les notes qu'il avait recueillies, et de faire graver les innombrables dessins qu'il avait faits, tant

des monuments de l'antique et de la moderne Ée pte, que des événements dont il avait été

témoin. Il ne voulut rien changer à ces dessins ; ils furent gravés tels qu'il les avait tracés sur

les lieux mêmes, quoique plusieurs eussent été faits d'une manière très-incommode, quelques-

uns même à cheval. Il pensa avec raison qu'en cherchant à les rendre plus attrayants pour

l'œil, soit en augmentant l'échelle, soit en leur donnant plus de fini, il ôterait à la composition quelque chose de cette naïveté, de cette chaleur, de cette vérité qui devaient être, aux

yeux des vrais connai

urs, un de leurs principaux mérites.

L'ouvrage parut; et c'est un des plus beaux titres de M. Denon à l'estime de la postérité.

Il fut avidement accueilli par les Français et les étrang

FSHIet, en quelques mois seulement ,

l'édition fut entièrement épuisée. On lut avec intérét le texte dans lequel on peut dire que

l'on retrouve M. Denon tout entier; sa perspicacité, sa finesse, sa philosophie, la fermeté de son

ame, et en même temps, la douceur expansive de son caractère et son excessive sensibilité.

Au milieu du carnage de la guerre, des horribles vexations, des injustices qu'il voit com-

mettre, on l'entend s'écrier : « O guerre, tu es brillante dans l'histoire; mais vue de près, que

tu deviens hideuse! » Comme il retrace avec vérité l'apparente aridité du sol de l'Egypte:

« A la pointe du jour, je vis, dit-il, la côte qui s'étendait comme un ruban blanc sur l'horizon

seulement la nature

bleuâtre de la mer. Pas un arbre, pas une habitation; ce n'était plus

attristée, mais la destruction de la nature, le silence et la mort. » Et quand il voyage dans le

désert, il est comme impossible de ne pas partager avec lui sa fatigue et ses souffrances. On le voit haletant, mourant de soif sur son chameau; on gravit avec lui ces arides rochers qui

n’offrent aucune trace de végétation ; on s'arrête avec lui et son escorte près des monuments

de l'antique Egypte, qui lui offraient au moins pour quelque temps un peu d'ombre, sinon de la fraicheur

Partout on retrouve dans cet ouvrage l'ame du poète et de Fartiste. Il ne s'attache pas seulement à décrire les palais, les statues, les monuments de pierre : les formes, les physionomies des diverses races d'hommes dont l'Egypte est peuplée, les mœurs, les usages des diverses classes de la société, sont pour lui un sujet continuel d'observations quelque fois profondes et toujours justes. Mais c'est surtout dans le récit qu'il fait des événements dans lesquels lui-même

il avait un rôle à remplir, qu'il se montre aussi bon peintre que judicieux historier Il ne né-

glige, il n'oublie rien de ce qui peut relever, honorer ses compatriotes dans l'esprit « es lecteurs. Le premier, ila révélé le sublime sentiment qu'éprouva l'armée à la vue de la fameuse Thèbes.

ous découvrimes tout-à-

«Au détour d'une chaine de montagnes qui forme un promontoiré

coup, dit-il, l'emplacement de l'antique Thèbes dans tout son développement... Cette cité,

reléguée si loin, que l'imagination n'entrevoit plus qu'à travers l'obscurité des temps, était en core un fantôme si gigantesque, que l'armée, à l'aspect de ses ruines éparses, s'arrêta d'elle-

méme, et, par un mouvement spontané, battit des mains, comme si l'occupation des restes de

cette capitale eût été le but de ses glorieux travaux, eût complété la conquête de rvpte. Je

fis un dessin de ce premier aspect comme si j'eusse pu craindre que Thèbes m'échappat ; et

je trouvai dans le complaisant enthousiasme des soldats, des genoux pour me servir de table,

des corps pour me donner de l'ombre, le soleil éclairant la scène de rayons trop ardents. Que

ne puis-je faire partager à mes lecteurs le sentiment que me firent éprouver la présence de si grands objets, et le spectacle de l'émotion électrique d'une armée composée de soldats dont la délicate susceptibilité me rendait heureux d'être leur compagnon, glorieux d'être Francais!»

On reconnait aussi son enthousiasme pour tout ce qui lui paraissait rare et curieux , dans la manière dont il décrit la découverte qu'il fit d'un manuscrit sur papyrus dans la main

d'une superbe momie , que des Arabes lui apportèrent, mais dont ils avaient ôté les enveloppes,

dans l'espoir de découvrir dessous quelque trésor. «Je voulais, dit-il, quereller ceux qui, maloré

lorsque j

mes instantes prières, avaient violé l'intégrité de cette momie pereus dans sa main

droite et sous son bras gauche, le manuscrit de papyrus en rouleau... I faut être curieux,

ance. Je sentis que j'en

amateur et voyageur pour apprécier toute l'étendue d'une telle jouiss pälissais ; la voix me manqua; je bénis Favarice des Arabes, et surtout le hasard qui m'avait ménagé cette bonne fortune. Je ne savais que faire de mon trésor, tant J'avais peur de le détruire; je n'osais toucher à ce livre, le plus ancien des livres connus jusqu'à ce jour; je n'osais le confier à personne, le déposer nulle part; tout le coton de la couverture qui me

servait de lit ne me parut pas suffisant pour l'emballer assez mollement. Sans penser que

l'écriture de mon livre n'était pas plus connue que la langue dans laquetle il était écrit, je

m'imaginai un moment tenir le Compendium de la littérature égyptienne, le 7hoth enfin.»

Je me suis arrêté assez long-temps sur ce grand ouvrage : c'est qu'il forme, comme

aujourd'hui ne lui pardonnent pas d'y avoir loué Bonaparte pour sa prudence, son génie,

i dit, un des plus beaux titres de M. Denon à l'estime générale. Je sais que bien des gens

s'est-il

rénéral, ne méritait-il pas tous ces éloge

son gout pour les arts; mais, comme É désert, soutenant la patience, excitant le cour:

nais montré plus erand que sous le ciel brûlant de l'Égypte, au milieu des sables du [ 5 I I

re d'une armée sans cesse décimée par les

combats, exténuée par les fatigues et les besoins, sachant lui faire oublier la douce patrie

qu'elle avait quittée, en lui montrant en perspective la gloire ?

Le jeune héros, lorsqu'il fut devenu le maitre de la France, lorsqu'il fut tout puissant, quoique moins grand peut-être aux yeux du philosophe, voulut récompenser le compagnon

volontaire de ses travaux en E

ypte. Mais ce n'était point de hautes faveurs, de brillants emplois qu'il fallait à M. Denon, qui les eût refusés. Le premier consul créa pour lui la seule place qui pouvait lui convenir, et à laquelle lappelaient les talents dont il avait donné

tant d'incontestables preuves : il le nomma Directeur général des Musées, et lui donna,

avec ce titre, l'intendance, l'administration entière du département des arts. Le charger

de pareilles fonctions, cé

ait lui confier une des parties les plus importantes de l'adminis-

tration générale ; car, après la gloire de vaincre, Bonaparte ambitionnait surtout, comme les deux premiers empereurs Romains, celle de couvrir sa capitale de monuments, de l'enrichir de tous les chefs-d'œuvre des arts antiques et modernes.

Personne n'était plus propre que M. Denon à le seconder dans de tels projets. Son acti-

vité habituelle sembla redoubler. I suivit l'empereur dans ses campagnes en Allema

et à peine un pays était-il soumis, une paix conclue, que M. Denon se chargeait d'aller re-

cueillir les objets rar

# et curieux, dont la cession par les vaincus était toujours une des conditions de la paix qu'on leur accordait. Plus tard, on lui a fait presque un crime d'avoir accepté de pareilles missions. Je cherche en vain à m'expliquer ce qu'on peut y trouver de blämable. Le projet de Napoléon était de faire de Paris le Musée central de T'Europe. En y réunissant les monuments les plus remarquables épars dans d'autres contrées, et dont la victoire nous avait donné la propriété, c'était à peine en priver les anciens possesseurs. En effet, dans la capitale de la France, qui était devenue celle du monde, les amateurs de toutes les nations auraient pu les vor, les admirer encore, les étudier même avec plus de

fruit, placés commeils l'eussent été au milieu d'une fouled'autres chéfs-d'œuvre qui les égalaient,

el peut-être les surpassaient en mérite. Lorsqu'ils nous ontrepris plus tard les monuments qu'on

leur avait ravis, les souverains vainqueurs à leur tour ont sans doute porté un grand pré-

judice à la France, mais probablement sans beaucoup d'avantages pour leurs pays respectifs.

Dans son administration des beaux-arts en Er

nce, M. Denon se montra juge impartial du talent. Sans doute il blessa quelques médiocrités, n'accéda point à leurs présomptueuses prétentions ; il eut donc, non pas de vrais ennemis (il avait trop d'amabilité pour qu'on püt le hair cordialement ), mais quelques détracteurs. Ce qu'il y a de certain, cest qu'on ne pourrait citer un artiste d'un talent incontestable sur lequel il n'ait pas appelé la protection, les faveurs du souverain dont il avait la confiance,

Les exploits dont il avait été témoin, et aussi la reconnaissance, une des vertus de son ame, tout lui faisait un devoir, quand il n'y eut pas été porté par une affection

la gloire et la prospérité de la France. Il n'oublia donc rien de ce qui pouvait l'illustrer

particulière, de se dévouer sans restriction à l'homme extraordinair

auquel il attribuc

encore dans la postérité, et rendre son règne à jamais mémorable. Il entreprit de publier

l'histoire de son héros, par des médailles dont il fournissait les sujets, les légendes, et à

l'exécution desquelles il donnait tous ses soins. Cette suite nombreuse de médailles, parfaite-

ment gravées, cette istoire métallique, que certains hommes peut-être regardent aujour-

d'hui comme un monument d'une insigne flatterie, sera considérée plus tard comme un té-

exact, inaltérable de Ja plus brillante période de l'histoire des Français. Quand les

moign

histoires mensongères, qui Sécrivent sous l'influence des partis, n'existeront plus, ou ne se-

ront plus en crédit aupres d'une génération lointaine, plus froide, plus équitable, c'est à ces monuments de bronze que les historiens auront recours pour juger le temps où nous avons vécu.

Elle sera de même pour la postérité un précieux document, cette colonne, aussi de bronze,

qui a été élevée sur une des principales places de la capitale. Ce fut M. Denon qui conseilla

de consacrer la g

gloire de nos armées par ce grand, ce prodigieux monument. Plus tard, la

rage d'un parti furieux aurait bien voulu le détruire, comme il renversa la statue qui en cou-

rounait la cime; mais l'exécution à laquelle a présidé M. Denon est telle, qu'il résisterait aux

efforts réunis de tous les ennemis du nom francais, M. Denon, quand il eut posé la dernière

plaque de bronze de cet indestructible monument, aurait pu dire avee Ovide :

Jamque opus exegi quod Jovis ira nec ignes ,

Vec poterit ferrum , nec edax abolere vetustas.

On à reproché à M. Denon d'avoir laissé prendre aux arts, lorsque, dans sa qualité d'ad-

ministrateur, il exercait sur eux tant d'influence, une direction qui devait très-rapidement

en amener la décadence. Les artistes, a-ton dit, ne pouvaient plus retracer que des batailles; ils n'avaient plus à représenter que des uniformes, des canons, de la fumée , des sabres, des bottes, des schakos. Pour réponse, je demanderai en quel temps les artistes, dans leurs compositions, se sont montrés indépendants des circonstances, ne se sont pas soumis aux Opinions contemporaines ; s'il leur est possible, surtout, de ne pas se conformer aux goûts des gouvernements qui paient, récompensent leurs travaux. Sous un prince guerrier, ils représenteront des batailles, des triomphes: sous un roi dévot, des saints, des miracles, des madones: et c'est ainsi que les productions des arts offrent à la postérité les témoignages les plus certains des opinions , des goûts qui dominaient à telles ou telles époques de l'histoire des hommes

À la chute du trône où s'était placé le vainqueur de l'Europe, les fonctions administratives

que M. Denon exerçait en son nom durent cesser. En les abandonnant, l'unique regret qu'il

éprouva fut de voir les Musées qu'il avait enrichis cruellement dépouillés, d'être obligé de rendre tous ces chefs-d'œuvre des arts, par lui rassemblés avec tant de fatigues, placés avec tant de discernement et de goût sous les yeux des amateurs instruits et des élèves nombreux de nos écoles. Rome, dans les temps de sa force et de sa splendeur, avait ravi à la Grèce les

plus préc ieux de ses monuments; et, dans le moyen âge, Rome les avait ou mutilés elle-

mème , ou avait permis à des barbares de les mutiler : la France, qui avait conquis en Italie ces augustes débris, aurait su les mieux conserver et les honorer. Ceux-ci du moins devraient encore orner le sanctuaire qu'on leur avait élevé au centre mème de Paris. M. Denon, pour les conserver, lutta long-temps contre les prétentions des envoyés de Rome : mais le duc Wellington les appuya, et méla mème à l'ordre de tout rendre, les plus violentes menaces.

I fallut céder aux baïonnettes : Wellington envoya ses habits rouges dans le temple des Arts, et

M. Denon courut même quelques dangers. Disons-le à la gloire de Louis X VIT: c'était malgré

lui que les alliés enlevaient, sans y être e d'un traité,

autorisés par une stipulation expres

ces trophées de nos victoires. Le roi avait gémi avec M. Denon de cet abus qu'ils faisaient de leur force : « Défendez tant qu'il vous sera possible le Musée, lui avait-il dit; ne cédez qu'à la derniére extrémité.

Rentré dans la vie privée, redevenu simple citoyen, M. Denon voulut encore donner le reste de sa vie à ces arts qui en avaient fait le charme. Il s'occupa à classer, à placer convenablement ces innombrables tableaux, dessins, gravures, qu'il avait acquis, recueillis pendant plus de quarante ans en divers pays. Son cabinet devint un des plus curieux de la capitale ; il contenait dans tous les genres des morceaux rares et précieux (x).

Ce fut alors qu'il conçut le projet de donner au publie une Héstotre des Arts depuis les temps

les plus ancien

Jusqu'à nos jours. Dans cet ouvrage, il voulait consigner toutes les observa-

tions qu'il n'avait cessé de faire dans ses voyages, dans ses visites à tous les musées et cabinets de l'Europe, sur le caractère, le style des productions des artistes des diverses écoles, à différentes époques : il eût indiqué les causes de la supériorité de telles ou telles écoles sur d'autres, les phases plus où moins brillantes qu'elles avaient parcourues, le point

le plus éminent où elles s'étaient élevées, et enfin leur décadence. Les nombreux objets

qu'il avait recueillis lui auraient fourni tout ce qui pouvait sc

énérale de l'art. Ce fut cette espèce de matériaux de son ouvrage qu'il s'oc-

vir de preuves authentiques à

cette Histoire g

cupa d'abord de choisir et de classer; et, comme il savait combien la gravure exige de temps,

comme il avait éprouvé lui-même que peut jamais fixer d'une manière certaine

l'époque où paraitront des livres qui contiennent un grand nombre d'estampes, il voulut, avant de songer à la rédaction de son Histoire, faire exécuter toutes les estampes qui devaient en être, si l'on peut ainsi s'exprimer, la base. Quoique les procédés lithographiques, nouvellement perfectionnés, accélérassent beaucoup le travail, il ne put le voir entière-

ment terminé que cinq à six ans après qu'il l'eut entrepris; car il faisait impitoyablement

recommencer toute estampe qui lui paraissait seulement défectueuse en quelques parties. Le

but qu'il se proposait, et qu'il a certainement atteint, était de rendre, avec une telle vérité

que l'œil ne püt pas les distinguer des originaux, ces précieux dessins des maitres les plus cé-

lèbres, dont il possédait une si ample et si rare collection; ces dessins où l'on retrouve les

s idées des

premièr inds maitres, et, peut-être mieux que dans leurs tableaux, qui ont exigé

plus de temps et de méditations, leur manière de concevoir, d'ordonner un sujet, leur génie

enfin, dans toute sa fougue ou dans toute sa naïveté. De tant de soins, il est résulté que la

collection des estampes lithographices des dessins du cabinet de M. Denon sont autant de fac-simile de la plus fidèle exactitude et de l'exécution la plus soignée. I n'est pas une seule épreuve de ces lithographies qui n'ait passé sous ses yeux, qu'il n'ait soumise au plus rigoureux examen.

Après avoir entièrement achevé la lithographie des pièces de son cabinet, qu'il se proposait

(1) On a trouvé dans les papiers de M. Denon une assez longue note, dans laquelle il détaille tous les soins qu'il s'est

donnés pour la formation de son cabinet, Je la joindrai à cette Notice

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