‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 2)Chapitre 9 sur 106 · MONSIEUR MON RESPECTABLE CAMARADE · texte numérisé non relu

MONSIEUR MON RESPECTABLE CAMARADE

Non-seulement je peux être malade, mais je le suis, et depuis environ quatre-vingt-un ans. Mais mort

ou vif, votre lettre me donne un extrême désir de profiter de vos bontés, Je ne dine point, je soupe un

peu. Je vous attends donc à souper dans ma caverne, Ma nièce, qui vous aurait fait les honneurs, se porte

tous les

xence pour nous deux; je vous attends ave

aussi mal que moi : venez avec beaucoup d'indu

sentiments que vous n'inspirez.

Votre très-humble et très-obéissant

serviteur.

VOLTAIRE

CORRESPONDANCE

M. DENON A M. DE VOLTAIRE

A Gexèvr ,le 5 juillet 1775

C'était l'amitié

Monsieur, qui devait me mener au temple de la Bienfaisance. Je vous envoie mes passeports (1), dont mon empressement et votre complaisance ont prévenu les effets. J'ai le cœur plein de vos

bontés; votre

ieté est un phénomène qui ne sort point de mon esprit. Vous m'avez montré que le temps ne peut rien sur l'ame lorsque l'on ne laisse engourdir aucun de ses ressorts. Vous serez éternel, vous resterez toujours parmi nous sans être sujet aux lois de la nature. Vous en avez déja franchi l'ordre, et, par degrés, votre être a déja pris cette existence aérienne, l’accoutrement de limmortalité. Voilà ce que l'on pense lorsque l'on vous a vu; voilà ce qu'il faut penser pour se consoler de vous quitter.

La Borde me demande votre portrait, et je regrette bien de ne vous avoir pas demandé, à titre de

l'amitié que vous lui accordez, la permission de le faire d'après vous. Je présente mes respects à M" Denis, et mes compliments à M. Adam.

Je suis, avec la tendre vénération que vous inspirez, Mon très-respectable Camarade ,

Votre très-humble et très-obéissant

serviteur.

DENON

M. DE VOLTAIRE A M. DENON

A Fenxev, le 5 juillet 17

Je suis, Monsieur, plus édifié de votre jeunesse que vous n'êtes indulgent pour ma décrépitude. Je crois avoir connu tout votre mérite, quoique je n'aie pas eu l'honneur de vous voir aussi long-temps que vous me l'avez fait désirer. Je voudrais pouvoir envoyer à M. de La Borde le portrait qu'il veut bien demander :

mais je n'en ai pas un seul. Le meilleur buste qui ait été fait est celui d

li manufacture de porcelaine de

+vres : j'en fais venir quelques-uns, et je vous en présenterais, si j'étais assez heureux pour vous revoir

Te vous prie de conserver vos bontés pour un vieux Camarade bien indigne de l'être.

VOLTAIRE

1) C'étaient des lettres de M. de La Borde, qui n'arrivérent à Genève qu'après mon retour de Fernd

de M, Denon sur cette lettre

Page 1