‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 34 sur 108 · SAINT JÉROME · texte numérisé non relu

SAINT JÉROME

Dessin de PIETRO FANUCCI, dit LE PÉRUGIN,

NÉ EN 1446, mont EN 1524

NOTICE SUR LE PERUGIN

Pierre anucci, qui recut le surnom de Perugin, de la ville de Perugia, où 1 avait vu jour, est le patriarche de Fécole romaine, dont son illustre élève, Raphaë

, est le véritab chef, et l'on peut dire le fondateur

Le Pérugin était allé, dans son adolescence, prendre des lecons de son ar

à Florence, qui, en ce temps, était lAthènes de l'talie. I ÿ avait vu les belles compositio

ns de Léonard de

Vinci, et méme recu des conseils de ce grand maitre. Aussi, à son retour dans la capitale dt

monde chrétien, brilla-t-il parmi les artistes que le pape Sixte IV y avait appelés pour qu'ils

contribuassent à embellir les églises par leurs productions. Il fut le plus employé, le plus

admiré; et, de pauvre qu'il était né, devint extrêmement riche. Très-avare, il ne faisait «

dépenses que pour contenter les caprices de sa femme, qu'il aimait éper

ument, et qui lui

servait de modèle pour les belles têtes de vierge que l'on admire dans ses tableaux.

Il mourut de chagrin, à l'âge de soixante-dix-huit ans, d'un vol assez considérable qu'on lui avait fait.

Quoiqu'il eut pu connaitre ce qu'était la grace auprès de Léonard de Vinci, ses compositions

n'ont rien de gracieux, si l'on en excepte toutefois les têtes de ses personnages, surtout les têtes de femmes; mais son dessin fut toujours froid et sec.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Les dessins du Pérugin sont rares; celui que nous offrons dans cette planche a été exécuté au pinceau et au bistre.

L'artiste y a peint saint Jérôme, comme saint Jérôme se peint lui-même dans l'affreuse solitude qu'il avait choisie, et où, malgré les effrayantes mortifications qu'il s'imposait, il ne pouvait se soustraire à d'irrésistibles tentations. «Combien de fois, dit-il, malgré la profonde solitude où je vivais, ne me suis-je point imaginé que j'assist:

s encore aux spectacles des Romains! Mes membres, secs

et décharnés, étaient couverts d’un sac; mes jours se passaient en gémissements;

et si le sommeil m'accablait quelquefois , malgré la terre dure sur laquelle je

me couchais , € ( moins un repos pour moi qu'une espèce de tourment.

Cependant je ne pouvais arrêter ma volage imagination. Mon visage était défi-

guré par le jeûne, et mon cœur brülait, malgré moi, de mauvais désirs. » Dans notre dessin, le saint personnage, les yeux tournés vers le ciel, semble

lui demander de prendre pitié des tourments que lui font endurer les passions.

La pose, l'expression de cette tête, nous semblent irréprochables et dignes des

plus grands maitres

rene mener

ÉCOLE ROMAINE

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