NOTICE SUR RAPHAEL D'URBIN
Quand, depuis plus de trois siècles, le monde retentit du nom de Raphaël, que pourrionsnous dire qui ajoutât à sa gloire! On a justement remarqué qu'il était pour les peintres ce qu'est Homère pour les poètes.
Le premier il montra ce qu'est en peinture une composition raisonnée et sage; il donna à ses personnages l'attitude, l'expression, qui convenaient aux rôles qu'ils avaient à jouer; il
savait être tour à tour, et selon que l'exigeait le sujet qu'il avait choisi, grave, imposant sans
exagéralion; gracieux, même élégant, sans mollesse et sans afféterie. Enfin, toutes les qualités que l'on désire trouver dans un artiste, et que l’on ne rencontre que séparément, tantôt dans un maitre, tantôt dans un autre, il les réunit en lui seul.
Son premier maitre fut ce vieux Pérugin dont nous venons de nous oct uper; mais Raphaël vit, à Florence, les cartons de Léonard de Vinci, et bientôt il changea de manière et de gout. Une carrière nouvelle s'ouvrit pour lui, et avec quel éclat il la parcourut !
Les murs du vaste Vatican, ceux de la Farnesine, à Rome, ont conservé jusqu'à nos jours les monuments incontestables de ses talents, de son génie : plusieurs centaines de tableaux de chevalet, exécutés par lui ou dans son école, et qui sont répandus dans toute l'Europe, donnent une idée, mais une idée bien faible, de ce que sont les pages immenses dont il a décoré la capitale du monde chrétien. Et il mourut à trente-sept ans !...
On peut trouver trop emphatique dans l'expression, l'épitaphe que fit pour lui le cardinal Bembo ; mais elle est du moins une preuve de l'admiration que lui vouaient ses plus illustres
contemporains :
Ile hic est Raphael : timuit quo sospite vinei
Rerum magna parens, et moriente mori.
EXPLICATION DES PLANCHES