ADORATION DES MAGES. | DESSIN
Le sujet de ce dessin est le fait très-extraordinaire que raconte saint Mathieu
dès le onzième chapitre de son Evangile, et qui a fourni matière à tant de controverses. Trois mages ou rOIS de Pays qui ne sont pas noninies, avertis qu'il était né un roi des Juifs, viennent à Jérusalem, sans autre motif que de rendre honmage au roi nouveau-né. Guidés par une étoile, ils parviennent à le rencontrer dans une étable
Jules-Romain da choisi le moment où les trois mages se prosternent devant l'enfant, et lui offrent de l'or, de l'encens et de la myrrhe : Et apertis thesauris suis, obtulerunt et munert, AUTUMN, thus et myrrham LE D L'artiste a Cru devoir donner
à l'enfant Jésus une expression de joie : il accueille les mages en leur tendant
1) Marrmær Evang. I, 11
les bras. Comme si un Dieu pouvait être flatté de recevoir des présents et des prières !
La Vierge n'est pas belle, et parait plutôt triste et rêveuse qu'honorée de la visite; ce ne sont pas là les Vierges de Raphaël. Quant à saint Joseph, qui est derrière Marie, un bâton à la main, et la tête enveloppée dans un pan de son manteau, jamais on ne lui donna cette figure imposante, cet air grave et fier. La physionomie crédule et bénigne qu'il a toujours dans les autres tableaux, convient beaucoup mieux à sa position, au rôle humiliant qu'il lui fallait jouer en telle circonstance. À
Les costumes des mages sont on ne peut plus bizarres : e’est un mélange de vêtements antiques et modernes. L'expression de leurs figures n'a rien de noble.
Maloré tous ces reproches que nous adressons à cette composition , nous avouerons sans peine que cest un très-beau dessin, qu'on y reconnait un artiste expérimenté et habile, mais qui déja s'était éloigné de l'excellente manière de
son maitre
PLANCHE CXVIIL