‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 48 sur 108 · UNE ÉTUDE DE TABLEAU. (SUJET INCONNL · texte numérisé non relu

UNE ÉTUDE DE TABLEAU. (SUJET INCONNL

Par PILETRO BONACCORSI, dt PERINO DEL VAGA,

né ex 1800, monT EN 1547

NOTICE SUR CE PEINTRE

Pérx DEL Vaca, comme on l'appelle en France, appartient par sa naissance à l'école florentine, puisque la Toscane fut sa patrie. Mais ce fut à Rome qu'il étudia la peinture, et c'est à Rome que sont ses ouvrages les plus estimés. Après la mort de Jules-Romain, il devint le premier peintre de Rome.

Voici pourquoi son nom de Bonaccorsi se trouva changé en celui del Faga. Resté orphelin

et pauvre, presque en sortant du berceau, il eut le bonheur d'être accueilli par un épicier marchand de couleurs. Dominique Ghirlandajo, orfèvre florentin (nous l'avons fait connaitre dans notre revue de l'école florentine), lui donna quelques leçons de dessin, dont il sut profiter, Un peintre assez inconnu, nommé del Faga, voyant ses dispositions, l'emmena à Rome,

où, bientôt après, Raphaël l'employa dans les grands travaux qu il exécutait au Vatican. Il y

secondait Jean d'Udine dans la peinture des arabesques et dans les ornements de stuc. Le nom de son dernier protecteur lui avait été donné ; il lui resta.

Au milieu de ses travaux en peinture, Périn del Faga trouva moyen d'acquérir de l'instruc-

tion en littérature. Tout le temps qu'il pouvait ravir à son art, il Le consacrait à l'étude. Aussi rien dans ses tableaux n'accuse une éducation négligée, quoique la sienne eût été à peu près nulle dans ses premières années

Ses principaux tableaux, comme nous l'avons dit, sont à Rome. Le musée royal de France n'en possède qu'un seul, le Combat des Muses et des Piérides; mais c'est un ouvrage excellent, dans lequel on retrouve toute la grace de Raphaël. Dans ce tableau, comme dans tous ceux

de ce peintre, les têtes des femmes ont toutes le même caractère. C'est qu'il prenait toujours

sa femme pour modèle.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Il serait difficile, pour ne pas dire impossible, de juger, sur le simple croquis que nous offrons ici, du tableau que le peintre avait intention d'exécuter, qu'il

a exécuté peut-être, mais dont ce n'est ici que la première idée. Nous voyons

sur le premier plan une tête coupée, des femmes ou plutôt des Sirènes dans un

fleuve; plus loin, sous un vaste portique, un grand nombre de personnages, à peine indiqués par quelques traits, qui sont assis près d’une table, comme des convives à ul banquet, ou comme des juges pour prononcer un jugement. Le sujet est-il pris de la fable des Sirènes? cette tête, ces ossements qu'on voit épars

sur la rive, sont-ils les restes des malheureux qui, séduits par leurs chants, ont

trouvé la mort là où ils cherchaient les plaisirs? Ou ne serait-ce point plutôt un des traits de l'histoire d'Orphée ?

On sait que les bacchantes, après avoir tué ce chantre divin, et l'avoir coupé en morceaux, jetérent sa tête dans un fleuve ( l'Hêbre ); mais que les Muses se chargtrent de recueillir ses membres dispersés, et lui rendirent les honneurs funcbres; que Jupiter ensuite le métamorphosa en cygne, etc.

Quelques détails dans ce croquis nous porteraient à croire que c’est bien là le sujet du tableau projeté; d'autres nous éloignent de cette idée.

Quoi qu'il en soit, on ne peut empêcher de voir ici l'intention d’un tableau destiné à devenir le pendant du Combat des Muses et des Piérides, que possède notre musée, comme nous l'avons dit dans la Notice qui précède. Ce sont les mêmes dispositions, le même plan. Des figures nues d'un côté, des figures

drapées de l'autre, une vaste scène, ete., etc.

ÉCOLE ROMAINE

PLANCHES CIII gr CIV.

Dessins de POLIDORO CALDARA DA CARAVAGIO,

NÉ EN 1495, mont EN 1543.

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