LES VENDEURS CHASSÉES DU TEMPLE
Dessin de JACQUES JORDAENS,
NOTICE SUR CE PEINTRE
Jordaens
a presque en talent et méme en fortune l'illustre et opulent Aubens, dont il était l'ami, et de qui, dans sa jeunesse, il avait recu d'utiles conseils.
Le mar * qu'il contracta avec la fille de son premier maitre, le crapuleux Van-Oort,
d'Anvers, le lia, pour ainsi dire, au pays. Il ne put Jamais visiter l'Italie, cette école des grands peintres, et ce fut peut-être le seul chagrin de sa vie. Pendant toute sa longue et
paisible carrière, il ne vit jamais diminuer les sources de son aisance : la plupart des souverains
du nord lui demandaient de ses ouvrages.
it également dans les sujets graves et dans les scènes comiques, comme le
prouvent quelques-unes de ses productions que possède le Musée royal de France. À côté de
compositions historiques ou religieuses on trouve son tableau du of boit, son Concert de
famille, etc.
Ses qualités sont une grande intelligence du clair-obscur, un coloris plus vigoureux peutètre que celui de Rubens, et une expression forte et vraie; mais il manque de noblesse dans
les têtes et même dans les formes de ses fi
1res.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
C’est à tort que l'on attribue, sur notre planche, à Luca Giordano, un dessin qui est véritablement du Flamand Jordaens. Le Napolitain Luca Giordano , surnommé fa Presto, à fait, il est vrai, sur le même sujet, une grande composition à fresque qui se trouve dans la cathédrale de Naples, et qui passe pour un de ses meilleurs ouvrages; mais ici la position des personnages, l'expression des têtes, la scène entière est toute différente.
C'est un dessin capital, et peut-être le plus beau des dessins de Jacques Jordaens. Dans loriginal, il est coloré au lavis et gouaché, et produit Peffet
d'une esquisse peinte.
(57) On y voit Jésus, qui est élancé au milieu des vendeurs, un fouet à la main, renversant de Fautre bras les banes et les tables qui portaient les marchands et
les marchandises.
La confusion que produit cette étrange scène parmi les vendeurs est fort bien
rendue, ainsi que l'étonnement des spectateurs. Il était bien permis à l'artiste de donner à ces marchands des physionomies basses et Communes , de les représenter ne songeant qu'à sauver quelques-unes de leurs denrées foulées aux pieds; mais il aurait dû douer la figure du Christ de plus de noblesse et de majesté. Ici, comme dans beaucoup d'autres productions de Jordaens, on sent que c'était avec raison qu'il regrettait de n'avoir jamais fait le voyage d'Italie.
Nous avons de Jordaens, au Musée royal, un très-bon tableau sur le sujet
des f’endeurs chassés du Temple, dans lequel on retrouve les mêmes qualités et
les mêmes défauts que dans notre esquisse.
ormopanh
ÉCOLE FLAMANDE