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SECTION III

ECOLE FRANÇAISE

Dans nos Considérations préliminaires sux les écoles de peinture (r), nous avons annoncé briévement qu'il nous avait paru juste de faire de l'école française une classe distincte de toutes les autres écoles. C'est ici le lieu de donner à nos motifs quelques développements.

La position géographique de la France semble avoir influé sur le caractère de son école, si toutefois on peut dire qu'elle ait eu une école, et que cette école ait un caractère. Placée entre les écoles germaniques d'une part, et les écoles #taliques de l'autre, l'école francaise a te, eracieuse, à limitation des

: elle a été noble, élé

participé des unes comme des autres écoles où brillèrent les Raphaël, les Carrache, les Corrége; elle a été naïve, familière, et

quelquefois coloriste, comme celles qu'illustrèrent les Albert Durer, les Téniers, les Gerard

Dow. Observons toutefois qu'elle n’est jamais descendue jusqu'au style grossier, aux ignobles

sujets : chez les Français, Van-Ostade, malgré tout son talent, n'a point trouvé d'imitateur

Aucune école n'a éprouvé de révolutions si fréquentes et si marquées.

Dans la période où vécut Jean Cousin, elle sembla prendre une bonne direction; mais elle

andonna bientôt : la froideur compassée de Vouet et de ses élèves succéda aux élans

quelquefois déréglés du génie, I y eut dans l'école plus de gout et moins de talent

Poussin fut un peintre original et sublime; il aurait pu donner à l'école une impulsion qui

peut-être l'eût fait rivaliser avec celle dont Raphaël avait fondé la célébrité; mais

il passa sa vie presque entière loin de sa patrie; il n'y introduisit point le gout du vrai beau, on se contenta de lui vouer une froide admiration.

Eustache Le Sueur, génie original comme Poussin, ne fut pas plus heureux en successeurs

il substitua à la noble simplicité, aux qualités brillantes et

Le fastueux Le Brun l'éclipsa; solides du modeste Le Sueur, la pompe et le fracas. Les héros se montrèrent sur la toile, comme on les représentait au théâtre, rangés à l'effet, exagérés dans leurs traits comme

dans leurs attitudes

A cette manière du siècle de Louis XIV succéda un goût plus blämable, ou plutôt une véritable décadence. Les Amours de Boucher, ses bergères fardétes, plurent à un peuple

6; il eut la vogue, et dès-lors une foule d'artistes devinrent ses faibles imitateurs.

Les Vanloo, loin de relever l'école dégradée, hâtèrent sa chute complète, Comme Boucher, ils furent prônés, et leur manière, presque aussi fausse que la sienne, devint celle de l'école jusqu'à ces temps si voisins de nous où deux vrais artistes, Vien et son élève David, parvinrent à la ramener vers de meilleurs principes, à lui apprendre ce que sont dans la peinture le dessin et la juste expression.

Les éléves du dernier de ces maitres florissent encore, pour la plupart, au milieu de nous.

ande partie les principes de leur maitre; mais de plus jeunes semblent

Ils ont conservé en g

vouloir les renverser du théâtre de gloire où ils s'étaient placés. Comme en littérature et en

1) Voyez le premier article du tome I

rome 1 à" partie

poésie, ils prétendent que les rèc

gles sont superflues en peinture; qu'il ne faut suivre que les élans de son imagination, quelque bizarre qu'elle puisse ètre. téussiront-ils dans leur projet de substituer leur prétendu romantisme au classique des anciens maitres? c'est à quoi il nous semble impossible de répondre; mais ils n'ont jusqu'à présent rien produit qui puisse justifier leurs prétentions, rien qui prouve l'excellence de leur théorie.

Telles sont les vicissitudes de l’école francaise depuis trois siècles. Elle ne peut prétendre

au premier rang parmi les écoles, parce qu'on ne peut lui assigner un caractère général qui la distingue et qui serve à la désigner; mais elle ne sera jamais sans gloire l'école qui peut citer un Poussin, un Le Sueur, un Claude Lorrain, un Le Brun, un David.

Une école nouvelle s'élève dans le sein de la France, et quelque jour peut-être procurera au pays une école qui aura une tendance particulière, un style à elle. La sec onde ville après Paris, Lyon, posséde plusieurs artistes dont les productions ont été déja honorablement citées par les juges du talent. La France aura, comme T'ftalie, son école de coloristes.

peinture, Comment les arts n'ont-ils pas été cultivés à Mar:

France, pays si riche, si prospère, devrait sans doute compter bien plus d'une école de

seille, à Bordeaux, à Nantes, ete.,

comme ils l'ont été à Gênes, à Milan, à Venise, etc. ? N'attribuons la cause de la prééminence

de Italie en ce genre qu'aux événements politiques qui avaient fait d'une foule de villes autant de capitales de petits Etats, capitales dans lesquelles venaient se réunir les richesses et les talents. En France, Paris est le centre unique de l'administration générale; il assume de toutes parts l'or, les savants, les hommes de génie de tout le royaume : l'or, ses besoins le forcent de le rendre aux provinces; mais les hommes, il les retient par l'appât des récompenses

et de la gloire

ÉCOLE FRANCAISE

PLANCHES CCLXXVI gr CCLXXVIL

Un dessin et un tableau par JE AN COUSIN,

NÉ EN ...., MORT ex 1589 OÙ UN PEU PLUS TanD

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