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UNE SAINTE FAMILLE. (TABLEAU.) — UNE SAINTE FAMILLE. (DESSIN

Dans le tableau de la Sainte Famille on voit le petit saint Jean qui présente deux colombes à l'Enfant Jésus, que Marie tient sur ses genoux. Joseph contemple

avec attention cette scène gracieuse. Un paysage forme le fond du tableau.

Dans le dessin, la Vierge est assise à peu près comme dans le tableau; mais cest saint Joseph qui présente des fleurs à l'Enfant Jésus. Le paysage du fond offre des monuments antiques en ruines.

Les groupes sont parfaitement disposés dans lune et l'autre composition; les paysages rappellent ceux de Poussin où plutôt de Titien. Le style, en général, semblerait appartenir aux écoles italiennes dans le dessin; mais le tableau original

est d’une exécution si soignée, qu'on le croirait sorti de l'école hollandaise.

PLANCHE CCXCIIT

LE PORTRAIT DE MOLIÈRE, (TABLEAU.) — UNE SCÈNE DE LA COMÉDIE DES FEMMES SAFANTES. (DESSIN.

Molière a été peint par ourdon devant une table, une plume à la main, et dans l'attitude d'un homme qui réfléchit, qui compose. L'un de ses. coudes est appuyé sur deux volumes, dont les titres sont : Plaute, Térence. Sa figure est animée et pleine d'expression.

Molicre et Bourdon vivaient à la même époque; ils étaient à peu près du même âge : tous deux étaient célèbres, chacun dans son genre. [Il est donc à croire que ce portrait a été fait d'après nature, et sans doute il était d'une

parfaite ressemblance.

Le joli dessin que l'en voit dans notre planche, au-dessous du portrait de Molière, et que lon a placé ici paree qu'il représente une scène de l'une de ses pièces, n'est pas de Bourdon, mais de Coypel, peintre français qui florissait peu de temps après la mort de notre grand auteur comique. Nous aurons bientôt occasion de faire mieux connaitre cet artiste.

Il à rendu dans ce dessin une des scènes de l'excellente comédie des Femmes savantes, à l'époque méme où cette pièce devait avoir le plus de succès, c'est-

à-dire, lorsque les originaux si bien peints par Molière existaient encore. Cette

scène est la seconde du II acte. Trissotin, pompeusement assis dans un large

(t 3) fauteuil, lit le Sonnet à la princesse Urante, sur sa fièvre, ou peut-être l’'épigramme

sur le carrosse amarante donné à une dame. I en est probablement à ces vers :

« Ne dis plus qu'il est amarante,

« Dis plutôt qu'il est de ma rente; »

car il se pavane avec orgueil : sa physionomie exprime combien il est content de lui-même.

Et les trois femmes savantes (la mère et les deux filles) comme elles témoignent

tout leur ravissement! On croit les entendre sécrier, comme dans la pièce :

& On n'en peut plus; — on pâme;—on se meurt de plaisir;

« De mille doux frissons vous vous sentez saisir! »

Henriette, au contraire, dont l'esprit, comme elle le dit elle-même dans la

pièce, n'est pas composé d'une étofje « Qui se trouve taillée à faire un philosophe, »

seule dans un coin, semble ne prêter aucune attention à cette insipide lecture.

décorations même du théâtre, tout cela devrait servir de modele aux acteurs de

costumes des personnages, la place qu'ils occupent sur la scène, les

nos jours, lorsqu'ils jouent les Femmes savantes.

Dale DO

Cats

ÉCOLE FRANCAISE

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