‹ Monuments et ouvrages d'art antiques, restitués d'après les descriptions des écrivains grecs et latins, et accompagnés de dissertations archaeologiques (volume 2)Chapitre 14 sur 31 · II. — Dimension de la Minerve du Parthénon · texte numérisé non relu

II. — Dimension de la Minerve du Parthénon

Une condition première pour bien juger de cet ouvrage, soit en lui-même, soit en rapport avec le genre particulier de son travail, et du goût selon lequel il fut composé et exécuté, doit être de se rendre compte de ses dimensions. On conçoit tout d’abord que ces variétés de matière, et par conséquent de couleurs, que ces ornements divers répandus dans tout l’ensemble d’une composition , doivent produire des effets très-différents, selon qu’une statue se présente dans une mesure ordinaire , ou sous des dimensions extrêmement colossales. En petit , ces richesses auroient pu devenir confuses et superflues. Au contraire , la grandeur des superficies qu’offroient les parties d’un aussi vaste ensemble, dut faire trouver agréable, ce qui rompoit l’espèce de monotonie que peut produire une matière unique. Or, la Minerve du Parthénon étoit dans son genre à peu près aussi colossale que le Jupiter d’Olympie.

Sa hauteur, selon Pline, étoit de 26 coudées (36 pieds français et 10 pouces). Je porterai, pour faire compte rond, 36 piedsw, sans y comprendre la base, dont je parlerai en son lieu, et à laquelle on verra qu’il n’est pas possible de donner moins de 8 à 10 pieds. La masse totale dut, par conséquent, être d’environ 45 pieds en élévation, élévation concordante avec celle de l’intérieur de la nef du temple, qui, comme je l’ai montré^ et comme on peut s’en con-

(0 11 y en a qui portent le pied grec à 1 1 pouces 4 lignes et demie.

(2) Voyez, l’ouvrage du Jupiter Olympien.

vaincre d’après les mesures de Stuart, ne dut pas excéder de beaucoup 5o pieds(l). Il faut réserver, en effet, quelque espace pour la partie supérieure de la lance que Minerve tenoit de la main droite , et les 5 à 6 pieds de reste, sont plus que suffisants à cet égard. Je ne parlerai pas ici de ce goût qu’eurent les Grecs, de renfermer dans de modiques enceintes, des colosses qui nous semblent si disproportionnés avec leur local. J’ai rendu compte ailleurs des raisons qu’ils avoient d’en user ainsi, et de la manière particulière dont ils considéroient les temples, dans leur rapport avec l’idole qui s’y trouvoit renfermée

Il n’y a donc pas lieu de s’étonner , d’après l’usage établi en ce genre, que la niasse de la Minerve du Partliénon, ait eu en hauteur à peu près celle de l’intérieur du temple. Pareille chose eut lieu à Olympie. L’antique simulacre d’Apollon Amycléen , qui avoit 45 pieds de haut, nous montre, et que cet usage avoit été pratiqué dès les temps les plus anciens de la Grèce, et comment avoit dû se perpétuer une pratique, qui trouvoit dans la religion d’aussi grands exemples, et de si imposantes autorités.

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