‹ Monuments et ouvrages d'art antiques, restitués d'après les descriptions des écrivains grecs et latins, et accompagnés de dissertations archaeologiques (volume 2)Chapitre 26 sur 31 · VII. — Des pyramides groupées sur un plan symétrique · texte numérisé non relu

VII. — Des pyramides groupées sur un plan symétrique

Ce qui paroit d’abord étrange dans cette composition, c’est la multiplicité de quatorze pyramides accumulées sur un seul point; c’est ensuite l’espèce de monotonie de masses ainsi rapprochées et aussi uniformes. A l’égard de cette dernière considération, qui est peut-être d’une légère importance dans cet examen, je hasarderai plus bas de justifier l’emploi que j’ai fait, dans mon dessin, de masses pyramidal es, qui, bien que diverses par leurs configurations, ont pu être désignées, toutes, sous le nom général de pyramides, et présenter cependant plus d’une sorte de variété.

Quant à ce grand nombre de pyramides, il me semble qu’il n’a

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rien détonnant pour ceux qui savent, à quel point ces monuments funéraires ont été multipliés, et placés clans le voisinage l’un de l’autre, soit aux environs de Memphis, soit près de la ville de Meroé. L ouvrage de M. Cailliaud nous montre comme une sorte de bois de pyramides plantées autour de cette ville. Mais à Memphis , comme à Meroé, le sol, excepté celui de la chaîne Libyque, étoit généralement plat, moins quelques buttes qui purent servir de noyau aux constructions pyramidales.

Si, au contraire, l’usage de ces constructions eut lieu dans des pays de montagnes, dans des endroits et sur des terrains fort escarpés, comme est celui de Clusium, aujourd’hui Chiusi, n’aura-t-il pas été naturel de multiplier les pyramides, en profitant de certains plateaux favorables, et de les multiplier en hauteur ou par amphithéâtre, au gré des positions indiquées par la nature du sol? Voilà, ce me semble, ce qui put porter à cumuler plusieurs pyramides, sur un seul point, et à les placer les unes au-dessus des autres.

Une autre raison, au monument de Porsenna, parolt avoir été <[ue ce grand ensemble eut une destination particulière, et fut peutêtre la sépulture non-seulement du roi, mais de sa famille. Je dis peut-être, parce que, s’il ne se trouve point de documents dans l’histoire à cet égard, il paroit assez vraisemblable qu’un tombeau composé de plusieurs monuments funéraires aura été, ou dès l’origine, ou successivement, destiné à plusieurs personnes.

Au reste, soit que chaque pyramide ait servi de sépulture à un corps, soit quelle n’en ait été que le signe figuratif, comme, par exemple, un cœnotaphe, je dois dire que le monument de Porsenna n est pas le seul qui nous offre l’exemple de plusieurs pyramides groupées de la même manière, et de façon à former un ensemble de masses régulières établies sur un plan symétrique.

Je pourrois citer à l’appui de l'opinion, qui feroit des pyramides multipliées du monument de Porsenna, un tombeau de famille, la notion que Joseph, !. xm, ch. G, nous donne du magnifique tombeau

de Simon, dans la J vidée. Il le fit élever, dit-il, pour sa famille ; il est en marbre blanc... O11 y compte sept pyramides, ouvrage dé un travail excellent, et si élevées , qu'on les aperçoit de loin en mer, et que les navires sen servent comme d’un signal pour diriger leur marche. Ces pyramides existoient au temps de Joseph, et encore deux cents ans après lui, comme Eusèbe en fait foi. Ne seroit-il pas permis de supposer que ce tombeau de famille, construit par Simon, avec une enceinte de colonnes en marbre, auroit pu être disposé originairement, de manière que les sept pyramides s’y seroient trouvées dans un ordre pittoresque, et construites sur un plan régulier?

Le tombeau près d’Albano, qu’on appelle vulgairement, et on ne sait pourquoi, le tombeau des Curiaces, est un petit monument sans doute, en comparaison de ceux de Porsenna et de Joseph, car on ne lui trouve guère que cinquante pieds de haut, en racbevant la pointe de ses pyramides aujourd’hui tronquées (l). Mais il n’est pas moins instructif, comme exemple d’une disposition de pyramides, semblable à celle du premier et du dernier étage au tombeau de Porsenna. Il se compose d’un soubassement, qui a vingt-deux pieds de haut, sur vingt-quatre de large. (On ne comprend pas dans cette mesure la saillie de son socle, ni celle de son bandeau supérieur, servant de plinthe aux pyramides. ) Sur ce plateau s’élèvent cinq pyramides, dont nous aurons occasion tout à l’heure de faire remarquer la forme. Là, comme au tombeau de Porsenna, quatre occupent les quatre angles; la cinquième, plus haute que les autres, est placée dans le milieu.

La mesure générale qu’on a déjà donnée de tout le monument, et de son soubassement en particulier, indique assez celle des pyramides : la plus haute n’a que vingt-deux à vingt-trois pieds; la dimension des quatre autres est de vingt-un.

(0 11 dut avoir soixante-dix palmes en rachevant la pyramide du milieu. Le palme romain est de 8 pouces 3 lignes et demie.

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Tout petit que soit ce monument, il suffît, comme on voit, pour nous montrer que la disposition des pyramides du monument de Porsenna, n’a rien d’insolite, rien qui ne se trouve confirmé par des exemples postérieurs.

Je vais citer encore un des tombeaux de Sardaigne, qui ont été dernièrement mis sous les yeux de l’Académie, d’après les dessins de M. de la Marmora, et où nous voyons répétée la même ordonnance de masses pyramidales, groupées sur un plan régulier.

Entre les débris de tombeaux assez nombreux qui se sont conservés dans ce pays, la plupart construits en forme sphérique ou conique, il s’en trouve plusieurs dont les parties inférieures encore existantes présentent des ensembles tantôt de deux, tantôt de trois petites masses, qui, lorsqu’on en termine 1 élévation, ressemblent à des espèces de ruches. Mais on y en voit un, plus grand que les autres, construit en pierres, sur un plan quadrangulaire, aux quatre angles duquel sont quatre petites masses sphériques ou coniques, d’à peu près vingt-cinq pieds de hauteur; et au milieu s’élève une masse du même genre, de cinquante à soixante pieds de haut, dont le sommet est aujourd’hui tronqué à la hauteur d’à peu près quarante pieds. Il de voit toutefois se terminer de la même manière, et il semble pouvoir nous rappeler l’idée de ce que l’on nommoit des tholos en Grèce, monuments dont j’aurai occasion de faire encore mention.

Je ne dirai ici qu’un mot, parce que j’y reviendrai tout à lheure, du célèbre tombeau d Alyates, père de Crésus, dont Hérodote nous a donné une courte description. Je n’en fais mention pour le moment, qu’à cause des cinq oros, qui, selon Hérodote, s’élevoient au sommet de l’espèce de montagne, formant la masse de cette grande sépulture; et parce que je suppose que ces cinq oros , dont je tâcherai d’indiquer la configuration, dévoient, à la place qu’ils oceupoient et servant d’amortissement à tout l’ensemble, être disposés, comme les objets pyramidaux des monuments précédents, je veux dire de manière

qu il y en eut un au milieu, et d’une plus haute dimension que les autres, le tout sur un plan carré.

Y III. — Des pyramides sphériques , des tholos.

Les corps pyramidaux dont j’ai fait mention ne m’ont encore occupé dans cette discussion que sous le rapport de leur disposition quinquennaire avec celle de deux des étages du tombeau de Porsenna. Je dois maintenant justifier le genre de forme pyramidale dont j’ai fait choix, tout-à-fait arbitrairement (je l’avoue) pour le premier étage de ce tombeau, mais uniquement en vue de la variété, chose qui ne touche point du tout au fond de la restitution proposée.

Ce qui a été jusqu’à ce jour découvert en fait de pyramides, tant dans la basse Egypte qu’à Meroé, ne nous offre ces sortes de monuments que sous une forme quadrilatère, à quatre surfaces généralement égales entre elles, et se terminant plus ou moins en pointe. Le genre des carrières d’où l’Egypte tiroit des pierres de la plus grande longueur, le système de construction régulière et uniforme de ce pays, comme on peut en juger par ses nombreux monuments, au milieu desquels on ne découvre aucun reste d édifice circulaire, tout nous porte à présumer qu’on n’y fit point de pyramides sphériques, pas plus que d’obélisques arrondis.

D’autre part , il est certain ( nous en avons déjà cité quelques exemples, et chacun en connoit d’autres), il est certain, dis-je, qu’il y eut des pyramides construites hors de l’Egypte par plus d’un peuple, et selon le type égyptien; mais il 11’est pas moins certain qu’il y eut aussi d’autres constructions pyramidales et destinées aussi à la sépulture, qu’on auroit pu appeler pyramides, parce quelles en avoient la configuration. Tel étoit sur la route d’Argos à Epidaure un édifice qui, dit Pausanias-1), ressemblent extrêmement à une py-

(0 Liv. II, chap. 25.

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ramide : 7 rupa/x/ch [AxXicrct n^acr/javov- Ce monument étoit en réalité un tombeau, où l’on avoit enseveli les morts des deux partis, qui avoient combattu dans la querelle de Prætus et d’Acrisius.

Le tombeau qu’on appelle de Virgile, près la grotte de Pausilippe, à Naples, est une véritable pyramide sphérique, aujourd’hui tronquée, de manière qu’on ignore comment elle pouvoit se terminer; mais en prolongeant les lignes inclinées de la partie inférieure, jusqu’à ce quelles se réunissent, cette pyramide auroit pu avoir de quarante à cinquante pieds de haut, sur un soubassement de quinze pieds en hauteur ("h

Il y eut encore plus d’une sorte d’édifices dont Pausanias fait mention, et qui, d’après la description de leur structure, dévoient être d’une forme plus ou moins pyramidale. Ce que nous appelons coupole , clonie , rotonde, les Grecs l’appeloient 7repi(pspiç et Ooàoç.

La construction en bois, type primitif de toute architecture en Grèce, y donna nécessairement et naturellement naissance aux ceintres, aux voûtes et aux voûtes sphériques. Us en faisoient encore en bois, même dans les siècles de l’art perfectionné, comme le prouve le dôme appelé Philippeum, dont la calotte étoit construite en charpente Mais très-anciennement, l’édifice appelé le trésor de Mynias, bâti en marbre, étoit un periphere, c’est-à-dire une rotonde ou tliolos, qui, dit Pausanias, se terminoit par une voûte dont le comble ri* étoit pas trop aigu, et auquel une seule pierre servoit de clef. Si Pausanias observe que ce comble n’étoit pas trop aigu, cela semble indiquer que d’autres affectoient davantage la forme pyramidale : uopuQn et/ ou % ct'yctv o^v avuyptev»^ .

Les tombeaux de Sardaigne dont on a parlé, nous présentent dans un petit module, il est vrai, une image approximative de ces édifices sphériques. Ils se terminent par un comble, qui n’est pas non

([) Vojei, sepolcr. antichi, pl. LXXI1I.

(2) Pausanias, liv. V, cliap. 20.

(3) Paus. , liv. IX; Baotic., chap. 38.

plus trop aigu, mais toutefois assez pyramidal , pour qu’une telle construction ait pu être montée, comme tous les arcs aigus, sans avoir besoin du moindre échafaudage. Les vides qui en occupent l’intérieur furent pratiqués dans le haut, peut-être pour servir de chambres sépulcrales, peut-être aussi, uniquement pour alléger la masse et économiser la matière.

De pareils édifices, destinés aux sépultures, furent donc en partie des imitations de pyramides w, et tel étoit celui que Pausanias nous a donné pour en être une image fort ressemblante.

Il y eut tant de degrés divers dans la grandeur et la dépense des tombeaux, qu’on peut croire qu’il se fit, en ce genre, des copies de toute proportion, des répétitions à tout prix, et pour toutes les fortunes, de ces types nombreux que l’usage avoit accrédités. Aiusi l’ensemble des cinq petites pyramides sphériques ou coniques du prétendu tombeau des Curiaces, dont il a été fait mention, et qui sont entièrement massives , n’aura probablement été qu’un simulacre rapetissé de monuments plus considérables, et de pyramides sphériques d’une bien plus grande dimension.

C’est par ces considérations, et en vertu de ces autorités, que je me suis permis, pour introduire un peu de diversité dans les masses pyramidales du tombeau du Porsenna, d’y supposer les cinq pyramides de l’étage inférieur faites en forme de cônes. Voy. pl. ci-jointe, n° 2.

J’ajouterai encore que leur couronnement, surmonté d’un globe de métal et coiffé d’un petasus à clochettes, m’a paru mieux en analogie avec la forme aiguë d’une masse sphérique et conique. Mais je 11e donne cette raison que pour ce qu elle peut valoir.

Je vais passer au second et au troisième étage des pyramides, que je réunis en un seul article de discussion, comme on voit quelles se trouvent dans la restitution proposée, réunies en quelque sorte par un soubassement commun.

W Paus., liv. IV; Bæotic., chap. 38.

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IX. — Du deuxième et surtout du troisième étage de pyramides du tombeau de Porsenna.

J ai peu de choses cà dire des quatr- pyramides du second étage, auxquelles je donne la configuration ordinaire et la plus connue de ces monuments. Je les place, comme celles d’en bas, aux quatre angles du soubassement, que je suppose être le revêtement d’une hauteur ou butte naturelle, et en retraite du premier soubassement; et c’est du milieu de ces quatre pyramides que je fais partir le piédestal qui doit servir de plateau commun, uno solo , aux cinq pyramides supérieures. Voy. pl. ci- j ointe, n° 2.

C’est sur celles-ci que j’ai besoin, pour satisfaire aux paroles du texte et à la grande hauteur quelles réclament, de recourir à une nouvelle forme pyramidale, que nous trouverons également autorisée dans T Antiquité, et que le simple bon sens indique à notre interprétation; car n’oublions pas que, selon les récits ou les traditions Étrusques , ce dernier groupe devoit avoir la même hauteur que celle du reste de tout l’ouvrage.

S’il nous étoit parvenu sur le monument de Porsenna une description détaillée, faite, soit d’après son ensemble, soit sur des dessins fidèles, et où l’on fût assuré que l’auteur se seroit servi des mots propres à la désignation spéciale de chaque objet, nous devrions peutêtre nous assujétir à un type uniforme de masses pyramidales, comme notre description se sert pour toutes du mot général pyramide. Mais la description de Varron étant une traduction des chroniques Étrusques, faite dans un temps où la langue latine manquoit d’une multitude de mots correspondants à ceux qui, dans d’autres langues, exprim oient des procédés et certains ouvrages d’art peu connus à Rome, il paroitra fort probable que le mot pyramide aura été indistinctement employé, pour exprimer des objets qui, bien que divers entre eux, 11’en étoient pas moins des corps pyramidaux.

Qui pourroit nier que beaucoup de bâtisses coniques et sphériques

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liaient pu être appelées, dans plus d’un cas, pyramides, puisque, ainsi qu’on l’a vu, elles tiennent un certain milieu entre la pyramide et l’obélisque? Tel est le groupe pyramidal du tombeau des Curiaces, tel fut le tombeau dit de Virgile, au Pausilippe.

Qui pourroit nier que les obélisques, qui participent sans doute de la forme pyramidale (quand ce ne seroit que par leur pyramidium ), n’aient pu être appelés du mot générique pyramide, avant que ces objets mieux connus à Rome eussent reçu de leur forme une dénomination plus caractéristique ?

Qui pourroit nier encore que beaucoup d’autres objets, ou corps allongés, de forme pyramidale, dont nous allons faire mention, sans être ni ce qu’on entend aujourd’hui par pyramide, ni ce qu’on désigne spécialement par obélisque, aient pu de même, au temps de Varron, être appelées pyramides, sans qu’on soit obligé de se les figurer sous la forme des pyramides de 1 Egypte ?

Il y a deux considérations décisives pour donner une proportion fort allongée, aux cinq pyramides du troisième étage du monument de Porsenna : c’est d’abord leur position déjà très-exhaussée ; c’est ensuite l’indication approximative de leur dimension , que Ion disoit (tradunt) égale à celle du reste de l’ouvrage, c’est-à-dire, de toute la partie inférieure, qui, selon les mesures données, dut être de trois cents pieds. A quelque point qu’on réduise la condition de cette égalité de mesure, entre l’étage supérieur et le reste de l’édifice, on conçoit que la hauteur d’une pyramide devant être en rapport avec sa base, la masse des pyramides supérieures auroit, quant à l’aspect (indépendamment de la possibilité d’exécution), écrasé tout le reste du monument. Là où la raison et le goût se réunissent à reeonnoitre une idée pour absurde, il faut bien leur permettre d’en chercher une autre.

Or, en cherchant à cet étage supérieur un couronnement de masses pyramidales, qui permettent une procérité susceptible de s accorder avec le texte de la description, il nous paroit qu’il ne peut

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y avoir à supposer que la forme allongée des stèles, des obélisques, ou autres objets semblables. Et en effet, la Toscane a des carrières découvertes, où il est possible de tailler des pierres propres à de tels emplois et dans des dimensions considérables.

Quoi quil en soit, j’ai supposé qu’entre les quatre pyramides du second étage pourroit s’élever un socle d’une très-grande hauteur, servant de base commune ( uno solo ) à cinq corps taillés en aiguille ou en figure allongée, et peut-être arrondie, ainsi que l’Antiquité nous en fait voir de plus d’un genre. Je trouve par là, du moins, un moyen fort raisonnable de donner à Eensemble du monument de Porsenna (surtout en admettant, comme au tombeau des Curiaces, que le corps pyramidal du milieu est beaucoup plus haut que les quatre autres) une élévation qui égale à peu près celle du reste de l’ouvrage.

Je dois maintenant ajouter, à l’appui de cette hypothèse, quelle ne manque ni d exemples, ni d’autorités analogues, dans plus d’un monument semblable.

Et d abord, nous savons que ce fut un usage assez commun, que celui de placer sur les tumulus 7 type originaire de tous les tombeaux, des colonnes et autres objets, qui, par leur élévation, les faisoient apercevoir de loin.

Cet usage, dont on trouve tant de traces dans f Antiquité, nonseulement avoit lieu à l’égard des sépultures humaines, mais on en trouve la pratique appliquée aux monuments qu’on élevoit en 1 honneur des chevaux, sans doute ceux qui avoient fait remporter a leurs maîtres des victoires dans les jeux publics. Pline^ nous apprend qua Agrigente, on voyoit les tumuli de plusieurs chevaux, et qua leur sommet selevoient des pyramides : Agrigenti compluvium equorum tumuli pyramides habent. Certainement des tumuli , buttes ou montagnes de terre, ne pouvoient" avoir des pyramides qu’à

Ln . VIII, cliap. 64, tonie I, edit. d’Hardouin.

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leur sommet. Mais est-il facile de se figurer sur le tumulus d’un cheval, c’est-à-dire sur une petite butte de terre, des pyramides ou plusieurs masses de construction, dans la forme que le langage ordinaire donne à la pyramide ? N’est-il pas plus vraisemblable que ce que Pline appelle ici des pyramides, sur un tumulus, étoient simplement des stèles, des corps de forme pyramidale et qui se rapprochaient de la forme obéliscale ?

Nous allons peut-être trouver la confirmation de ceci dans la description, par Hérodote, du tombeau d’Alyates, dont je vais me permettre de donner une courte explication, accompagnée d’un léger dessin. Cette petite digression, loin d’être étrangère à l’objet principal de notre dissertation, m’a paru très-propre à autoriser la manière dont j’ai cru devoir représenter le couronnement du monument de Porsenna. J’en profiterai aussi pour dissiper quelque obscurité dans l’interprétation, non grammaticale, mais figurée du texte d’Hérodote.

Voici ce texte (. Hérodote , 1. i, ch. 93.) :

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