‹ Monuments et ouvrages d'art antiques, restitués d'après les descriptions des écrivains grecs et latins, et accompagnés de dissertations archaeologiques (volume 2)Chapitre 29 sur 31 · XII. — Couronnement du tombeau d’Alyates · texte numérisé non relu

XII. — Couronnement du tombeau d’Alyates

II nous reste à parler du couronnement de cette grande niasse, lequel se composoit de cinq corps, que leur position au sommet d’une masse pyramidale, c’est-à-dire allant et se terminant en pointe, nous induit à regarder comme ayant été des corps allongés.

Nous avons déjà parlé des obélisques, dont tout le monde connoît la forme; il faut joindre à cette notion d’objets si connus, celle des stèles , qui pourroient bien avoir été, dans l’usage du langage et pour la forme, des synonymes d 'obélisque. Nous savons que les obélisques étoient destinés à porter des inscriptions : autant en faisoit-on des stèles, autant en faisoit-on des colonnes, autant des pierres taillées en forme de cippes, autant des termes.

Les cinq corps qui terminoient dans son sommet le monument d’Alyates, portoient aussi des inscriptions qui marquoient, en quelle proportion avoient contribué à la dépense de l’ouvrage, les différentes classes de personnes qui en avoient fait les frais.

Le nom que donne Hérodote aux cinq pierres dont il s’agit, ne donne pas à comprendre clairement leur forme. Il les appelle ovçoi ou oço/. Le mot oçoç a plus d’une signification : on le traduit, selon les circonstances, par les mots terminus, limes, finis, fiinitio, etc . ; et c’est ainsi que M. Larcher a dit dans sa traduction : Cinq termes placés au haut du monument, etc.

J’adopte volontiers ce sens. Mais en cherchant la forme que pouvaient avoir des termes , surtout à cette place, je crois qu’il n’est pas nécessaire de se les figurer ici, comme on est assez porté à le faire, sous la forme des Hermès, dont la diminution a souvent lieu dans le sens inverse des pyramides, c’est-à-dire, de haut en bas. Le tenue considéré comme borne, comme limite , alloit au contraire en diminuant de bas en haut. Nous en avons de nombreux exemples dans les meta des cirques, où on les voit au bout de la spma,

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dans une forme très-allongée et pyramidale ou obéliscale, assemblés ordinairement au nombre de trois. Une de ces Meta, qui peut avoir de vingt-cinq à trente pieds de hauteur, en marbre, existe encore dans les jardins de la villa Albani, près de Rome.

On en voit, comme je l’ai dit, sur les représentations de tous les cirques. Il s’en trouve sur la spina même, groupées au nombre de cinq, et portées par un seul piédestal : leur forme est toujours sphérique et conique, sans se terminer toutefois par une pointe aiguë.

Cest sous cette forme, et dans ce genre de disposition, que je penserois quauroient ete placés, sur les tumuli des chevaux dont j’ai fait mention plus haut, les sortes de pyramides citées par Pline, et il y auroit peut-être eu là, quelque motif assez significatif, et que chacun saisissoit facilement.

Mais ces termes, en manière de borne sphérique et pyramidale, n en étoient pas moins propres à porter des inscriptions. Quelque forme, au reste, cjuon veuille supposer aux oros du tombeau dAlyates, leur position à la cime d’un monument aussi exhaussé, ne permet pas de se les figurer autrement, que dans la proportion, et sous la figure d’obélisques, de stèles ou de bornes, servant de meta dans les cirques.

C’est d’après cette analogie et cette ressemblance, soit de position, soit de nombre, et par la facilite de leur donner une très-srande

hauteur, que j ai fait choix de la forme des obélisques, des stèles ou des bornes du cirque, pour les cinq pyramides qui terminoient 1 ensemble du tombeau de Porsenna; et cest encore, comme on la vu, d après plus d un exemple antique, quand le sentiment de l’effet local ne linspireroit pas, que j ai tenu l 'oros du milieu beaucoup plus élevé que les quatre autres.

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