‹ Monuments et ouvrages d'art antiques, restitués d'après les descriptions des écrivains grecs et latins, et accompagnés de dissertations archaeologiques (volume 2)Chapitre 9 sur 31 · X. — Du reste des figures du fronton occidental · texte numérisé non relu

X. — Du reste des figures du fronton occidental

Quelle que soit l’explication qu’on veuille donner de toutes les figures qui, rangées d’un côté et de l’autre de la scène du milieu, où est le sujet principal dn fronton occidental, en occupent les parties rampantes, je dois avouer qu’ayant attaché moins d intérêt à en spécifier la dénomination , j’adopterai volontiers celle qu’on leur

assignera.

Je crois probable d’abord, quant au plus grand nombre, et je trouve prouvé par quelques-unes, que ce furent des divinités. Mais peut-on, de la nature de ces divinités, tirer quelque induction probante en faveur de l’un ou de l’autre des sujets, qui ont formé le point principal de cette controverse ? C’est sur quoi la suite de ces recherches montrera qu’on ne peut fonder que des conjectures fort arbitraires. Pour ce qui touche l’opinion de ceux qui ont prétendu voir, dans le fronton occidental, la présentation de Minerve aux dieux de l’Olympe, rangés sur la base de ce fronton, il me suffira d’un mot pour faire voir, que cette rangée de divinités est plus textuellement d’accord avec le sujet de la contestation de Minerve et Neptune. Apollodore nous dit quelle eut pour juges les dieux eux-mêmes. Rien ne fut donc plus naturel que de placer, des deux côtés de l’espace occupé par les deux eontendants, les figures des arbitres de la contestation. Comme nous ignorons les raisons mythologiques qui purent décider l’artiste à représenter là telle divinité, plutôt que telle autre, j’abandonnerai volontiers cette recherche divinatoire à de plus habiles.

En suivant 1 intention que j eus de rétablir pour les yeux, dans leur ancien état d intégrité, les figures, plus ou moins mutilées, qu’offre le dessin de Nointel, je dois encore prévenir l’objection qu’elles pourront présenter à ceux qui cbercberoient, et ne trouveroient, dans la présence ou 1 attitude de ces figures, aucun rapport d’intention qui semble les faire participer à l’action principale.

DU TEMPLE DE MINERVE. 3y

Et d’abord, je dois le faire remarquer, cette objection seroit également applicable à un sujet comme à l’autre. Les restes du fronton oriental (voy. planche II, fig. i) nous montrent, comme l’ensemble du fronton occidental, des ligures isolées ou groupées, non-seulement posées de façon à paroitre étrangères au sujet principal, mais encore lui tournant le dos. On l’a déjà dit : des ligures rangées sur une ligne droite, d’une telle longueur, ne pouvoient point paroitre coopérer à une action générale; la chose eût encore été plus difficile à obtenir de ligures qui, au lieu d’appartenir, comme celles qu’on fait de basrelief, à un fond commun, lequel permet la variété des plans, étoient des^ statues ou des groupes en ronde-bosse, isolés et placés tous sur le même plan , comme sur la même ligne. Enfin , il faut le dire , le système de la sculpture antique ne connut guère , dans ses compositions , ce que nous pouvons appeler tableau , ou représentation dramatique d’un grand nombre de personnages concourant, par des attitudes et des expressions concertées, à produire l’effet d’une action unique et pittoresque. Les emplois de la sculpture, et de beaucoup les plus multipliés, furent subordonnés à l’architecture, c’est-à-dire au besoin décrire, par suite de figures substituées aux inscriptions, sur un très -grand nombre d’espaces donnés, dont la condition étoit de ne comporter que des séries de personnages. Ainsi doivent se considérer ces innombrables bas-reliefs, dont un sujet occupe le milieu, et qu’accompagnent nombre d’autres figures sans mouvement, et sans aucune participation réelle à l’action représentée dans le centre.

Il en fut de même des frontons du Parthénon, qu’il faut regarder comme des frises occupées par des figures de plein-relief, au lieu de l’être de bas-relief, ce qui dut contribuer encore plus à leur isolement, et au défaut d’intérêt dramatique quelles présentent.

Ajoutons que presque toutes ont perdu des détails et des accessoires ,

’1) V iyez la troisième partie , où ceci sera mieux prouve'.

RESTITUTION DES FRONTONS signes qui jadis les faisoient reconnoitre, et qui auroient pu, encore aujourd’hui, nous aider à leur rendre leur nom propre. Je ne présente donc les restitutions de leurs attributs que comme un moyen de compléter l’ensemble de chaque ligure, et de pouvoir leur donner un nom; chose, je le répète, tout-à-fait indifférente cà la solution de la question, principal objet de cette dissertation.

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