INTRODUCTION
chute de la dynastie des Sassanides, succombant, vers 640 de notre ère, sous les coups de linvasion mahométane ; la seconde commence à cette dernière invasion & continue jusqu à nos jours. Trois sources historiques nous initient à la connaissance quelquefois très-détaillée, mais la plupart du temps très-fragmentaire de cette époque. Ces trois sources sont : quelques livres de la Bible, les historiens grecs & romains antérieurs & postérieurs à Alexandre le Grand, & enfin les traditions populaires recueillies dans le x° siècle de notre ère par un poëte persan, Ferdowci, auteur du Chahnameh (Livre des Rois). Ces sources différentes d'âge, d’origine & de langue, nous offrent des données, sinon tout à fait contradictoires, du moins fort différentes sur la Perse ancienne; & c’est en vain qu'on à essayé jusqu'ici de les concilier & d'établir des synchronismes, soit qu’on n’ait pu encore trouver la clef des noms des dynasties & des princes nommés dans les unes & dans les autres, soit que les récits des auteurs hébraïques, grecs & persans, se rapportent à des événements connus des uns & ignorés des autres. Ainsi, tandis que les historiens grecs nous parlent des dynasties mède & perse, de la famille des Achéménides, des Seleucides, des Parthes & des Arsacides, le Chahnameh nous raconte les règnes des Pichdadiens, des Keïaniens, des Achkaniens, & l'accord entre les historiens persans, grecs & romains ne s'établit, du moins pour les noms des souverains, qu’à l’avénement de la dynastie des Sassanides.
La seconde époque, l'époque musulmane, n'offre plus d’incertitudes. En effet, nous avons l'histoire régulière de toutes les dynasties qui se sont succédé en Perse depuis 640 jusqu’au xvn° siècle : les Soffarides, les Samanides, les Bouides (Déilemites), les Ghaznévides, les Seldjoukides, les Atabeks, les Mongols, les Ilkhaniens, les Mozafférides, les Timourides, les dynasties du Mouton noir & du Mouton blanc, les Séfis, la domination des Afghans, le règne de Nadir Chah, la dynastie des Zend, & enfin la dynastie régnante des Kadjars.
L'époque musulmane embrasse un espace de temps si considérable, il entre successivement dans l'empire de l'Iran tant d'éléments divers, que l'étude attentive de l’art y fait tout d'abord reconnaitre l'existence de plusieurs genres & de plusieurs styles; mais un fait majeur domine toute cette seconde grande époque : c’est l’islamisme, religion commune à toutes les dynasties arabes, turcomanes, persanes, mongoles & turques. Les Monuments anciens de la Perse (publiés en 1842) ont donné une idée suffisante du genre d'architecture de Ia première grande époque; le but des Monuments de la Perse moderne est de faire connaître au public, dans les plus grands détails, un grand nombre d'édifices empreints du caractère général de la seconde. Il est diffcile d'établir une comparaison entre les édifices & habitations privés de l’ancienne Perse & ceux de la Perse moderne, attendu qu'il ne nous reste de la première aucun vestige appréciable; mais dans les monuments publics, le fait le plus frappant c'est le goût du grandiose, qui se perpétue dans la Perse à travers plusieurs siècles. Tout monarque persan, sous l'impression de la tradition qui lui rappelait avec admiration les splendeurs des palais des Cosroés, cherche à les égaler au moins; mais tandis que l’ancien culte persan se bornait à élever des pyrées, simples abris du feu sacré, le culte musulman se fait une gloire de construire des mosquées somptueuses ou des mausolées consacrés à la mémoire de saints personnages. Chez le musulman point de sculpture : le Coran, d'accord en ceci avec le sentiment général du monothéisme sémitique, lui défend toute représentation en relief d’un être animé; la peinture même se réduit dans ses édifices à une ornementation fantastique; les lignes droites de la Perse antique, les arcs des Sassanides sont remplacés par l'ogive & par les dômes d’une forme particulière; les dômes rappellent la tente arabe ou turcomane ou kurde ; logive représente assez bien l'ouverture d’entrée d'une tente, en sorte qu'on est autorisé à voir dans les dômes & dans les portes des mosquées, comme dans celles des habitations, la reproduction de la forme des habitations primitives des peuples nomades.
Une observation se présente involontairement à l'idée de quiconque a suivi, dans ses variations politiques,