‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picarde (volume 2)Chapitre 9 sur 30 · EGLISE DE B E RT EAU COURT · texte numérisé non relu

EGLISE DE B E RT EAU COURT

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Berteaucourt.

St-Aubin de Guérande.

Fig. 54.

travées, mais n’y correspondant nullement. Ces fenêtres ont un double encadrement : le premier est légèrement ébrasé, le second est composé d’une voussure torique reposant sur des colonnettes d’égal calibre, avec chapiteau sans abaque (i). Sous 1 appui des fenêtres de la nef règne un gros cordon torique correspondant au solin qui surmonte les toits des bas-côtés. Une disposition analogue fut encore adoptée au xni° siècle dans la cathédrale d’Amiens.

Entre ce cordon et le sommet des grandes arcades, règne un intervalle qui n’a guère plus de 80 centimètres de haut. Cet espace est décoré de corbeaux irrégulièrement espacés, ornés de sculptures et ne portant rien. Ces corbeaux ne sont peut-être pas une décoration inutile ; les constructeurs du moyen âge laissaient subsister après l’achèvement de leurs constructions les trous de boulins et les corbeaux des échafaudages qui avaient servi à l'élever, et se préoccupaient de faciliter l’accès de chaque partie des édifices en vue des restaurations à venir et même de l’entretien journalier. Ainsi, ces corbeaux pouvaient-ils faciliter le montage d’échafaudages volants permettant d’accéder à l’intérieur des fenêtres lorsqu’il en était besoin pour cause de réparation ou de nettoyage. Il est vrai que ces corbeaux ont fort peu de saillie et n’ont pu être vraiment utiles que s’ils étaient surmontés d’un trou de boulin. Si de telles dispositions étonnent aujourd'hui, c'est que nous sommes souvent bien loin de l’imperturbable bon sens qui les suggérait ; nous avons en revanche un bizarre souci de symétrie absolue que des constructeurs plus préoccupés du beau et de l'utile ne soupçonnaient pas ; l’église de Berteaucourt le prouve bien.

Le bas-côté sud est seul ancien ; la dernière travée est supprimée et manquait déjà au xvne siècle. Le mur est moins élevé que celui des grandes arcades, ce qui montre que le plafond n’a jamais été que le revers du toit en appentis. Le nombre des fenêtres est égal à celui des travées de la nef, mais elles ne correspondent ni avec les arcades ni avec les fenêtres hautes. Un portail latéral s’ouvre en regard du troisième pilier de la nef.

Dans l’ avant-dernière travée se voit un enfoncement amorti en arc surbaissé, qui peut être soit une ancienne porte desservant la partie du bas-côté réservée aux religieuses, soit une ancienne niche de tombeau, et qui probablement ne rentrait pas dans le plan primitif.

Les fenêtres des collatéraux sont semblables à celles de la nef. Un cordon torique règne de même sous les appuis et contourne en manière d’archivolte intérieure l’arc du portail. A l'extérieur, l’ordonnance latérale est assez simple. Il n'existe qu’un contrefort ancien entre la cinquième et la sixième travée du bas-côté sud ; il était très étroit dans la partie supérieure cantonnée de deux colonnettes.

Le portail latéral est en saillie et couronné d'un fronton d’angle à peu près droit. Les trois voussures en plein cintre sont décorées de gorges, de tores et d'onglets. Dans la gorge supérieure sont alignées des fleurettes d’épannelage sphérique. Six colonnettes ornées de chapiteaux à feuillages et entrelacs, très riches, peu refouillés et peu galbés portent ces voussures qui encadrent un tympan complètement lisse, soutenu sur un linteau appareillé à crossettes. Les tailloirs ont un chanfrein

(i) Cette décoration est commune aux égdises romanes du nord de la France (Saint-Wlmer de Boulogne Saint-Omer de Lillers) et du Limousin.

SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRE S DE PICARDIE

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