‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 102 sur 335 · Alb. Butler, op. cit., 4 décembre · texte numérisé non relu

Alb. Butler, op. cit., 4 décembre

6. Les Grandes Chroniques de France, éd. P. Paris, t. IV, p. 179. — Dinaux, Trouvères artésiens , p. 353, etc.

BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE

abbayes paraissent avoir été des espèces de collègues pour les nobles. Le chroniqueur de Saint-Riquier1 nous apprend que, sous les Carlovingâens, son monastère était en possession d’élever les enfants des premières maisons; en sorte qu’il y avait à peine dans le royaume un seigneur puissant qui ne se fût trouvé en famille dans cette abbaye, soit parmi les étudiants, soit parmi les moines. L’école de Richenou (Reicbenau) avait été fondée pour le même but par Charles Martel2. J’ai parlé de l’indignation que témoignait Charlemagne aux jeunes nobles qui négligeaient l’étude3, et vouloir que toute instruction ait cessé absolument chez les seigneurs avec la dynastie carlovingienne, c’est avancer, comme établi, un fait contredit suffisamment par l’exemple des rois et par les attributions même de la noblesse, quand il n’v aurait pas d’autres preuves positives. Les pairs du royaume en France et les gens de loi comprenaient sans doute les ordonnances, qui furent si communément rédigées en latin jusqu’au xvie siècle; puisque les grands prononcés du Parlement n’avaient lieu que la chambre suffisamment garnie de pairs. Or la part que prit d’abord le clergé, puis la roture, aux affaires juridiques, ne fut pas tellement exclusive que bien des gentilshommes ne s’en occupassent aussi4. J’aurai occasion d’en dire quelque chose, soit en parlant des communications bibliographiques entre les monastères et les seigneurs, soit lorsque (dans la IIe section de ces recherches) nous essayerons de suivre le sort des livres profanes à travers les divers siècles du moyen àg’e 5. Contentons-nous de faire remarquer,

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