Aventinus, Annal., lib. 4. ap. Conring, suppl. 40, n
4. Voyez Sainte-Palaye , op. c., note 32e à la 5e partie. Dans Muratori ( Antiquitat . Ital., in. 911) nous trouvons un homme d'armes appelé par la ville de Padoue pour enseigner le droit dans son université.
Voici le début de cette invitation municipale, rédigée en 1310 par le podestà, les anciens, etc. : « Eximiæ sapientiæ « ac eloquenüæ viro domino Jacopino de Ruffinis de Parma « utriusque militiæ tam legalis quam cinguli militaris nobi-
« litate præclaro Ex famæ vestræ præconiis quæ scien-
« tiæ ingentis in vobis thesauros perlucidos latere non
« sinit nos permoti et desideranter impulsi.... personam
« vestram condignam, et nostræ universitati acceptam « nuper elegimus,.... ad regendum et legendum extra- « ordinarie in civitate Paduæ in jure civil i , etc. » Évidemment miles n’a point ici le sens de bachelier ou de licencié universitaire, quoiqu’on lui rencontre souvent cette signification au xme siècle. Sur la chevalerie ès lois, cf. J. Villanueva, Viage literario a las Iglesias de Espaha, t. II, p. 111, sg. — Biblioth. de l’École des Chartes, ue série, IV, p. 94, sv. ; et ie série, t. I, p. 203, sv.
Parmi les manuscrits de la bibliothèque impériale de Vienne, une version latine du Timée de Platon, annonce dans une note du xue siècle (1172), qu’elle avait été offerte en cadeau, par un docteur en droit (Laurent Moller), à un comte Wilhelm Wernher de Zimbern, seigneur de Wittenstain. Voyez le catalogue rédigé par M. Endlicher, p. 304. Des chevaliers français du xne siècle et du xme ne nous font pas toujours l’effet d’ètre platoniciens, mais ils n’étaient pas pour cela gens ignares et. sans lettres, comme le prouvent par exemple Villehardouin et Joinville. Cf. Paulin Paris, les Mss. français... t. I, p. 177-180.
5. Cette section n’est, pas arrivée à terme, à cause de déplacements et d’emplois imprévus qui ont interrompu l’auteur. Aujourd’hui, sur des notes un peu trop confuses, il n'a plus le loisir nécessaire pour mener la chose à bien.
Encore moins a-t-il eu le temps d’aborder le front principal de VHistoire des sciences mathématiques en Italie.
« Exoriare aliquis, nostris ex ossibus — ! »
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
en terminant ceci, que les poètes du moyen âge, transportant, comme les artistes, le costume de leur temps aux événements de l’antiquité, mettent souvent l’éducation littéraire parmi les occupations de leur héros1. Les tapisseries du moyen âge, publiées par M. Jubinal, nous montrent que les souvenirs classiques occupaient une certaine place dans la civilisation des classes élevées. Autrement quel intérêt eût présenté aux chevaliers la représentation des campagnes de César, par exemple2?
ais s’il faut accorder aux rois et à la noblesse du moyen âge plus d’instruction que ne le voudrait un préjugé très-vulgaire, ne doit-on pas du moins reconnaître que le peuple, proprement dit, était alors livré à la barbarie et à l’ignorance lapins épaisse? Je n’en suis pas bien convaincu, et voici peut-être quelques raisons d’en douter. Ne parlons point de saint Eloi, qui d’orfévre devint évêque, sans avoir d’études à faire 3. Il ne sera pas inutile pourtant de l’avoir au moins cité, pour faire naître quelque scrupule dans la conscience des écrivains qui condamnent bravement les vie et vif siècles à n’avoir produit que des espèces d’automates. Mais tous les notaires laïques, échevins et g’reffiers quelconques du moyen âge4, qui se chargeait de leur éducation? Qu’étaient-ce, par exemple, que ces vingt-cinq écoliers d’Amiens emprisonnés en 1214 par un prévôt royal, et dont la protection vengeresse fut poursuivie avec fermeté par le chapitre5? Ils avaient apparemment d’autres condisciples, et en quel nombre dans la seule cité amiénoise? car, malgré l’esprit de corps, toute l’école pouvait bien n’être pas délinquante jusqu’au dernier petit garçon susceptible du privilège de clergie.
1. Le vieux poëme espagnol A' Alexandre le Grand (qui vient, du reste, de chez nous) raconte que son héros apprenait à lire à l’àgc de sept ans, et qu ensuite il étudia les sept arts libéraux; ne passant point un seul jour sans apprendre sa leçon, et s’exercer par une dispute scolastique :
El padre, de siete aiios inetiolo à leer;
Diolo â maestros ornados de seso e de saber,
Los meyores que pudo en Grecia escoger Que lo sopiesen en las siete artes emponer. Aprendia de las siete artes cada dia licion De todas cada dia facié disputation.
Cf. Routerwek (éd. cit.). Prim. parte. C’est à peu près exactement la méthode des écoles publiques du xne siècle, telle que la décrit Heeren, op. c., 1. Il, § 39.
On voit chez 1). Martène ( Thésaurus , t. III, p. 1330) un enfant mis aux écoles par son père qui voulait le rendre capable de diriger sa maison. L’histoire du B. Pierre Acotanto (xi° siècle), publiée à Vienne il y a trente et quelques années d’après un ancien ms., nous dit que sa mère lui enseigna la lecture et l’écriture, puis l’envoya au monastère de S. Georges (à Venise) pour y faire ses études. Or à seize ans elle le maria, ne s'étant pas proposé d’en faire un homme d’église. Cf. AA. SS. Bclgii, t. V (S. Landry), p. 206. sq.