‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 114 sur 335 · Ware, lib. I, cap. i. — Moore, op. cit · texte numérisé non relu

Ware, lib. I, cap. i. — Moore, op. cit

3. Moore, c. xiii. — On y trouvera des détails intéressants sur la prétendue dégradation de Virgile, accusé d’avoir enseigné qu’il y avait sous la terre un autre monde et d’autres hommes, ou même un autre soleil et une autre lune-, accusation qui n’empêcha pas le prévenu d’être promu à l'épiscopat, et même canonisé par la suite. Aussi bien, quelles que fussent les expressions qu’on lui prêtait, s’il ne s’agissait dans le fait que des antipodes, on ne voit pas pourquoi ce lui eût été un crime d’avoir parlé comme saint Clément de Rome (ep. i, ad Corinthios, cap. xx;ap. Galland, Bill, veter. Patr., t. I), ou saint Hilaire (in psalm. n, vers. 8). Il ne faut donc point s’émerveiller si la doctrine des antipodes a eu d’autres partisans que saint Virgile au moyen âge; ce qui a de quoi surprendre, c’est Mont faucon lorsqu’il affirme que généralement, avant le xve siècle, les docteurs chrétiens considéraient la terre comme une surface plane (. Præf . ad Cosmæ topographiam, cap. ii). Montfaucon ignorait-il donc que Martianus Capella, le grand livre des écoles au moyen âge, donne une tout autre idée sur la cosmographie, et enseigne formellement l’existence des antipodes? Aussi, pour ne rien dire de Bède et d’Albert le Grand, contentons-nous de citer l 'Image du monde, poëme du xme siècle ( Notices des manuscrits, t. V, p. 260). Il y est dit en propres termes que si deux hommes, partis d’un point donné , marchaient l’un et l’autre dans une direction opposée, avec une vitesse égale, ils se rencontreraient précisément sous le point de départ.

Sur Virgile de Carinthie, voy. Riccioli, Almagest., lib. I, cap. xx, schol. i. — Hansiz, Germania sacra, t. II, p. 82, 83.— Baronius et Pagi, ad ann. 748, n° 2. — Mémoires de Trévoux, janvier 1708, p. 138, etc. — Ch. Decker, etc. — Ware, lib. I, cap iv. — Veteer, Rcr. Boicar. lib. V, ad A. 746 — 748.

Pour d’autres Irlandais en Allemagne et en Flandre, voyez Ware, lib. I, cap. ni, iv.

Sur les Irlandais dans les Pays-Bas, cf. Hcussen, Batavia sacra, passim.— AA. SS. Jul., t. I, p. 184-186; et 241 . —

la basse Italie \ et devint évêque de Fiesole ;

C. Dehaisnes, l’Art chrétien en Flandre-, peinture, p. 18, sv. ; 43, 70

4. M. Jubinal ( rapport déjà cité) a fait remarquer que les miniatures de Saint-Gall offriraient de curieux renseignements pour l’histoire de la musique instrumentale au moyen âge. La passion des Irlandais pour la musique est un fait connu. On peut en voir des preuves dans Th. Moore, c. xiv, passim; et c. xn. Sur Saint-Gall, voyez Ware, lib. I, cap. ni.

Mais il y avait aussi à faire observer ce qui n’a été bien mis en lumière qu’assez récemment, savoir, l’originalité bizarre transmise par la verte Érin à presque tous les scriptoria issus de la souche hibernoise. On pourra me quereller avec un certain droit sur cette tradition d’originalité, car être original, et s’affilier à une école, semblent deux notions incompatibles. Disons donc, si l’on veut, que le caractère de cette calligraphie et de ces miniatures est un caprice de parti pris; et que l’on y vise par-dessus tout à être baroque par principes. Couleurs, enchevêtrements de lignes et de figures, semblent avoir pour motif fondamental l'intention fixe de faire bande à part. Ce n’est pas le beau qu’on y cherche, mais le drôle ou du moins l’étrange. Les manuscrits anglo-saxons se ressentent bien un peu de cette manie, à l'origine ; mais le xie siècley montre déjà quelque effort pour être correct et vrai, malgré un désir visible de ne pas s’en tenir à la simplicité trop calme qui eût évidemment passé pour impuissance et bonhomie moutonnière. Ce mélange d’agitation et de soin donné à la forme est bien appréciable dans un psautier dont quelques fragments ont été publiés avec notre ir0 série (t. 1, pi. 45).

5. Thomassin, Discipline de l’Église, Part, ii, 1. 1, c. xeix.

Page 1