Ware, lib. I, cap. i. — Moore, l. c
iv. — 13
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
e ne parlerai point de l’étude accordée au grec dans les écoles irlandaises, parce que j’espère traiter ce sujet plus à propos en parlant de la connaissance du grec pendant notre moyen âg’e1. Mais il peut être bon d’indiquer ici l’orig*ine de la scolastique, comme beaucoup plus reculée qu’on ne le pense communément. Il est notoire pour ceux qui connaissent la scolastique autrement que de nom , que les subtilités de l’école étaient souvent désignées comme un fruit du terroir scotique ; et Leibnitz les appelait philosophie hibernoise. Or il est curieux de voir un docteur de la Grande-Bretag'ne mettre son honneur dans les écoles saxonnes à tenir bon contre les jouteurs d’Irlande. Un écrivain du vif siècle, pour grandir la gloire de l’évêque Théodore, nous le représente décousant de son boutoir grammatical la meute des limiers hibernais 2 qui le harcèlent ; et les plus vieilles batteries de la scolastique dont l’école ait g’ardé mémoire, sont inventoriées par les historiens comme pièces de fabrique irlandaise3. Aussi, fidèles au nom même de l’édifice qui réunissait autrefois le concile permanent des Gaules , ce sont, je crois, des Irlandais qui, les premiers, nous ont donné le spectacle d’une sorbonique (si sorbonique il y a, car jadis c’était bien autre chose) dans Y aida de notre Faculté moderne des lettres à Paris sous Louis-Philippe.
On a eu d’autres thèses depuis lors, au même lieu, pour licence ou doctorat en choses ecclésiastiques; mais qui n’ont pas précisément affaire à mon sujet actuel.
1 . Autre projet d’il y a trente ou quarante ans, et qui s’est trouvé jeté par-dessus le bord durant une si longue traversée. L'Institut de France avait, je crois, proposé un prix pour des travaux sur la connaissance du grec en Occident durant le moyen âge; mais j'ignore même si ce concours fut jugé satisfaisant par l’Académie des inscriptions qui l’indiquait atout hasard, comme bon objet de recherches utiles.