‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 129 sur 335 · Ziegelb., i · texte numérisé non relu

Ziegelb., i

14. On voit que notre homme n’était pas un simple copiste, ce qui eût pourtant suffi pour lui faire comprendre la valeur des livres. Un peu de pratique administrative n’avait pas nui à lui enseigner combien les plus belles promesses comptent peu devant tout fonctionnaire qui ne veut être responsable que sérieusement. Ingebert enten-

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MÉLANGES d’ ARCHÉOLOGIE.

Donec ad lias ædes quæ accepit salva reraittat L Dulcis amice, gravera scribendi attende laborem :

Toile, aperi, récita, ne lædas, claude, repone. » Cf. supra, p. 80.

Le moine PJacicle écrivit en lettres d’or un livre des évangdles, qui se conserva longtemps à l’abbaye de Hautvilliers2. Gerholi de Fulde3 et Folchard de Saint-Gall 4 appartiennent encore à cette même époque 5. Le code Théodosien copié alors par Ragenard à l’abbaye des Deux Jumeaux (du diocèse de Bayeux) fait maintenant partie de notre Bibliothèque nationale. Un Juvenianus subdiaconus pourrait bien avoir été donateur plutôt que copiste ; et souvent la distinction n’est pas facile à établir entre ces deux rôles, dans l’état où nous sont parvenus les renseignements dont nous pouvons disposer aujourd’hui.

provinces du Nord semblent avoir voulu obvier d’avance aux ravages des Normands, ou les réparer ensuite à l’aide d’un travail opiniâtre. AGembloux, l’abbé Olbert et plusieurs de ses moines s’employaient à la copie0. A Saint- Hubert des Ardennes, le préchantre Foulques était célèbre pour son talent à orner (de peintures peut-être) les lettres capitales 7. Saint-Martin de Tournai avait Godefroi et Gislebert 8. A Saint-Amand, Hucbald, Agamberd, Ebarcius, un jeune Jérôme (qui semble avoir été du sang* carlovingien), Milon, Baudemont, Martin, etc., nous ont laissé des traces de leur savoir-faire9. A Saint-Bertin , Léothard et Guntbert10 s’étaient fait une réputation en miniature comme en calligraphie.

Diverses correspondances de ce temps pourraient augmenter notre énumération des calligraphes, n’était que l’on ne voit pas sans peine si ceux que l’on réclame doivent commander ou exécuter eux-mêmes les livres11.

dait donc que nul livre ne sortit sans une garantie antérieure au prêt, pour rendre la restitution bel et bien exigible. Cette sagesse put être autant l’effet que la cause de sa longue gestion maintenue sous quatre abbés successifs,

I. Les fâcheux effets de plusieurs prêts de livres inspirèrent dans la suite encore plus de rigueur que n’eu recommandait ce rude bibliothécaire. Car il paraît que dans bon nombre de monastères prescrivit I idée d’éconduire les emprunteurs par une fin générale de non recevoir. Aussi voyons-nous que Je concile de Paris (en 1212), présidé par Robert de Courçon, se plaint des difficultés opposées par plusieurs abbayes aux demandes de ce genre; et il fut défendu aux religieux de s’engager à ne point prêter de livres. Le considérant mérite d’être remarqué : « Quum commodare inter præcipua misericordiæ opéra computetur. » Part, ir, can. 23. Mais les bibliothécaires, gens du métier, trouvèrent-ils que cela ffd persuasif? Le fait est qu’en 1689 le chapitre de Paris ne permit pas à Bossuet lui-même de faire emporter un cartulaire. On autorisa seulement le célèbre évêque à charger un copiste de venir

prendre les extraits désirés. Cette décision est relatée dans les registres capitulaires qui se conservent aux archives nationales de France, et. que l'on ne consulte peut-être pas assez pour maint document signalé avec soin dans une partie des volumes presque toujours rédigés eu conscience.

2. Mabillon, De re diplom. suppl. Cf. Nouv. Tr. de Diplomat., t. IL Cet évangéliaire se trouve aujourd’hui dans un état parfait de conservation à la bibliothèque de la ville d’Épernay.

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