Cf. AA. SS. Octobr., t. VII, p
CALLIGRAPHIE AU MOYEN AGE
Mais les maîtres du scriptorium (abbés, même) y avaient le plus souvent appris la tàcbc quotidienne du monastère. Car nous n’en sommes pas encore à l’époque des commendes, où abbés et moines tirèrent chacun de leur côté au détriment de tout.
Outre (et sauf) ce que l’on pourra conclure des listes chronologiques dont j’entreprends l’esquisse, il semble fort probable que les écoles calligraphiques des monastères, à partir de Charlemagne surtout, aient du s’opposer aux variations rapides pour l’écriture. La caractéristique précise d’un siècle, exclusivement à tout autre, en devient d’autant plus douteuse1 (ou du moins un peu flottante); par suite de l’opposition qu’un scriptorium quelque peu qualifié devait faire à l’ingérence des esprits novateurs en quête d’introduire ou de suivre une mode nouvelle. Cela se doit comprendre, sans qu’il y faille insister. Je donne donc ma petite observation pour ce qu’elle vaut, et à l’usage des paléographes qui ne sont pas trop pointilleux ou trop jeunes (quasi tout un); or ce sont précisément ces derniers qui se prononcent le plus vite et le plus haut, lorsque des gens très-expérimentés hésitent ou réfléchissent à loisir avant de se faire, et de formuler surtout, un avis qui vaille.
Mais continuons celte série quelconque des copistes religieux. M. L. Delisle ( Cabinet des mss ., t. fl) nous permet encore d’ajouter à cette époque Adalard de Gorbie (p. 112, sv.), Hul >ert Dursens, Robert, Rodrad, Hildebrand et Warembert, de la même abbaye (p. 115- 121); Radulf de Saint-Aigu an d’Orléans (p. 401), Teudrad à Saint-Bénigne de Dijon (p. 403), Heimon du chapitre de Verdun (423) et Pacifique, diacre de la cathédrale à Vérone (424).
Xe siècle. Witikind, moine de Corvey2. Sintramn, à Saint-Gall : le désespoir des calligraphes pour la beauté du trait, l’exactitude et la régularité de la copie3 ; son nom se représentera encore dans la suite de ces recherches. Le beau manuscrit ( codex vigilanus) de la compilation canonique d’Alvelda (près Logrono) renferme, avec les portraits des rois Goths, ceux des moines Sarracinus, Vigila et Garsia, qui avaient travaillé à cette précieuse collection4 * *. Même chose pour le portrait du copiste Velasco, associé à ceux des princes sous lesquels avait été exécutée la collection analogue, au monastère de San Millan de la Cogolla, vers 992 b.
En Navarre aussi, dans bune des maisons religieuses soumises à l’abbé d’Alvelda, le prêtre Gomesanus copiait le livre de saint Ildefonse sur la virginité de N.-D., pour Godescalc, évêque du Puyti. Du reste l’Espagne septentrionale (Catalogne, Navarre et Galice) avait alors une certaine avance sur bien des pays disloqués par la guerre entre seigneurs ou par déprédations normandes et sarrasines.
Les provinces septentrionales de la France continuent à donner des signes d’activité. A Stavelo, c’était Goderan ; à Lobes, Folcuin qui devint abbé7. Hérivée (ou Hervé)