‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 141 sur 335 · Monumenta boica, t. XV, p. 249, sq.: et 260, sqq · texte numérisé non relu

Monumenta boica, t. XV, p. 249, sq.: et 260, sqq

CALLIGRAPHIE AU MOYEN AGE

Gautier, Segardus. etc. '. Arnaud de Sainte-Colombe, à Sens, a été nomme déjà (p. 86). Adam, moine de Saint-Père-en-Vallée à Chartres, nous a laissé un ms. de saint Augustin qui existe encore à la bibliothèque de cette ville 2. A Cluny, on cite Alber, Opilio (Berg*er?) et Duranne 3.

M. L. Delisle, avec tout le poids qu’une expérience consciencieuse apporte à ses assertions, reconnaît que de véritables écrivains (historiens, théologiens, érudits, etc.) peuvent être comptés parmi les copistes infatigables. Il a retrouvé dans maints volumes du xne siècle la plume d’Orderic Vital, célèbre moine de Saint-Evroul ; et de Bernard Ilhier, religieux de Saint-Martial de Limoges4, ou de Guillaume de Jumiéges. On pouvait déjà le soupçonner d'après nombre d’indices généraux, mais il est bon d’en avoir des preuves spéciales bien constatées. De meme pour Etienne de Rouen, moine à l’abbaye du Bec5. Le Cabinet des mss. (t. Il) nous permet d’y joindre encore Eudes, Oacer et Ernaud de Saint-Maur-des- Eossés (p. 75 et 77), Félix, Jean le Borgne, Hugo de Castris , Yve, Névelon, Ratbert et Robert de Corbie (p. 114-120), et Wittelo de Morimond (p. 386).

Prague se conserve encore le livre célèbre chez les Slaves sous le nom de Mater Verborum, et dont un A initial surtout est regardé comme chef-d’œuvre de calligraphie ornementée; si bien que les amateurs patriotes ne tiennent pas pour dignes du modèle les reproductions qui en ont été faites plus d’une fois en diverses contrées. Dans la partie où ces artistes affichaient beaucoup moins leur talent, deux moines agenouillés apparaissent . l’un (Wicerad) comme copiste, l’autre (Miroslav) comme enlumineur. Mais l’histoire a si peu tenu compte de leur mérite, qu’on ne s’est pas mis d’accord sur le vrai sens de la date (1102) inscrite près de leurs noms (après coup, peut-être). Le style indiquerait plutôt cent années en deçà, disent les critiques6. N’est-ce pas aussi parce que l’art bohème, formé à plusieurs écoles, ne peut plus être bien étudié depuis la dévastation opérée par les Hussites?

L’importance donnée aux callig’raphes semblerait attestée par le Litre scriba, secretarius, etc., qu’on leur voit prendre dans les actes du temps7. Du reste nous arrivons à des années où connaissances et aptitudes deviennent quasi obligatoires dans l’état religieux, et se répandent plus que jamais hors du cloître; si bien qu’il nous sera plus d’une fois malaisé désormais de distinguer entre les écrivains monastiques, séculiers ou même laïques6. Puis, comme ce genre de talent n’est plus si rare, il en est beaucoup moins fait mention dans les documents. Probablement aussi que nombre d’abbayes, devenues beaucoup plus riches, se débarrassèrent d’une corvée de chaque jour qui pouvait être remplie par des écrivains à gages.

p. 462. — Bulletin du bibliophile belge, tome IV, p. 168.

1. Léop. Delisle, Journal des savants, 1860, p. 575, svv. et 373.

2. Catalogue des mss. delà bibl. de Chartres ( 1840) , u° 137.

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