Ziegelb. n et iv
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
qu’il avait laissés, soit transcrits, soit composés, soit compilés. A Saint-Martin de Cologne', sous l’abbé Adam Villicus (Meier ?), les copistes Henri Zonebeck, Arnold Rees, Léonard de Ruremonde, Benoît (ou Chrysantus de monasterio Eifliæ), Théodoric de Cologne, Conrad Bascerier (ou de Rodemberg), Adam de Hertzenrode, etc. A Mœlk, il fut réglé que trois heures par jour seraient consacrées à la transcription. On cite de ce monastère à cette époque : Jean de Spire, Jean de Weglheim, Jean de Carniole, Antoine de Catalogme, Martin de Senging, Wolfgang’ Frischmann d’Emerstorff, Christophe Liebd’Ysni. A la bibliothèque de Nuremberg’1 2, de Murr signale un Nouveau Testament en allemand, de la main d’une religieuse du couvent de Sainte-Catherine, appelée Cunigonde (1443). La même collection renfermait un missel (ou un antiphonier) avec plain-chant en huit volumes, qui occupa de 1 158 à 1470 une religieuse nommée, par Jansen, Marguerite Carthæuserin 3. A Nuremberg* encore, un manuscrit se terminait ainsi : « Explicit hoc opus ; Fr. Joannes Rosenbach, ord. « Prædicator. conv. Norimb. ipsum ingrossando, rubris signando, laboravit (1441). » Un copiste de Scheyren, Henri Molitor (Muller ?) d’Augsbourg, termina en 1458 une prosodie atlantique (peut-être en manière de cartes murales) du poids de 36 livres4. C’était comme une agonie gigantesque des scriploria qu’allait étouffer la typographie.
ès lors, en effet, la transcription ne fut plus guère qu’un objet de luxe, où l’on se vengeait de l’impopularité en se jetant dans le monumental. Car, à part les bijoux bibliographiques qui continuèrent à être en faveur5, les livres d’église furent le seul refuge du talent calligraphique dans les cloîtres. Cependant, comme le respect des vieilles traditions prescrivait encore eà et là, on cite plusieurs calligraphes dans les monastères du xvi° siècle et du xvne.
Mais, avant de quitter le xvc, indiquons, outre Dom Biaise de Nonantola6 et Philibert Crespin de Chézalbenoit7, plusieurs religieuses flamandes ou brabançonnes qui ont signé desmss. conservés actuellement à la bibliothèque royale de Bruxelles (fonds Van Hulten). Ce sont Elisabeth Wytens, Marguerite Raes, Catherine Van Molenbeke, Catherine Van Ghyseghem, Elisabeth Vlieg’e.