Ibid., n° 186 (p
CALLIGRAPHIE AU MOYEN AGE
Amand Scheffer, religieux de Salmansweiler, fut reçu , en considération de son talent calligraphique, à Baumgarten en Alsace après la dispersion de sa communauté (en 1494), et devint abbé dans la suite1. Nicolas de Trutenhausen, chanoine régulier à Odilienberg, copiait en 1467 un missel strasbourgeois pour l’évêque Rupert de Bavière2.
Le Cabinet des mss. (t. II) nous offre encore quelques glanures de plus en plus maigres, pour les motifs que j’indiquais précédemment à propos du xin° siècle. Constatons cependant certains héritiers du zèle primitif : Gilles Catherine, moine de Corbie (p. 132), Etienne de la Haule, sous-prieur à Saint-Victor de Paris (p. 223); Aubert, Chartreux de Vauvert (p. 252), Eudes Tibert du Couvent des Célestins de Paris (p. 249), et Jean de Clenco du monastère de Saint-Vaast d’Arras (p. 413).
Un ms. de Bourges (ap. Girardot , Catalogue , p. 110) indique Petrus Gimondi, moine de Cluny.
On cite Fr. Jehan Raincheval, dit de Vaulchelles, moine au Val-Benoît en 1475 3. Mais j’ai lieu de croire que l’ordre de saint François, surtout parmi les religieuses, remit en honneur la rude tâche des copistes4. Pour la miniature ce ne semble pas douteux, et lacalligraphie devait être comme la base ou l’essai de cet art.
partir de là, nos calligraphes de couvent ne pourront plus guère mériter des mentions fort utiles. L’invention de l’imprimerie fît juger bien lourd le travail de la transcription par ceux qui continuaient à l’exercer encore. On peut voir les doléances répétées de Satriano à Sixte IV5 6, auquel il énumère les cahiers qu’il lui a fallu remplir; aussi se promet-il de la libéi’alité du pape, qu’on ne lui laissera point terminer ses jours dans une si pénible lâche que celle de copier des livres. La calligraphie et l’enluminure avaient passé à l’état d’industrie qui faisait vivre bien des familles; et l’on voit ces professions classées parmi les métiers de plusieurs villes, comme à f h \ Venise, à Brug'es et à Gand°, sans parler de Paris et
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de Bologne.
Pour les monastères nous pourrions indiquer un sous -prieur des Auguslins de Rouen7 *, si son nom n’était perdu; mais qu’il suffise de citer un psautier* de la fin du xvi° siècle, transcrit par Mathias Hartunge, bénédictin de Saint-Etienne de Würzbourg; et un missel9 avec plain-chant, exécuté par Catherine d’Eschenfeld, religieuse du couvent de Langendorf, près Naumbourg. Puis, comme pour fermer la tombe des an-
1. Idea chronotopographica congreg. cisterciensis per superiorem Germanium, p. 136.