‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 150 sur 335 · A Nuremberg, ap. Jansen. — 9. A Gotha, ibid · texte numérisé non relu

A Nuremberg, ap. Jansen. — 9. A Gotha, ibid

tiquarii , et préluder à la diplomatique , un antiquaire de saint Ulric d’Ausbourg* 1 rédig*ea, au commencement du xvie siècle, un traité de calligraphie avec modèles et détails pour cent écritures latines diverses. Selon Zieg'elbauer, cette collection, offerte à l’empereur Maximilien, lui parut trop précieuse pour qu’il ne se fît pas un scrupule d’en priver l’abbaye. Elle renferme, dit-il, siècle par siècle, à partir du xie, les modèles des plus curieux caractères, imités avec une élég'ance et une fidélité admirables. Mais les auteurs du Nouveau Traité de diplomatique font assez bon marché de cette réputation (quoique eux-mêmes n’aient pas toujours été fort heureux dans leurs soi-disant fac-similé ), et soupçonnent assez peu obligeamment le pauvre paléographe du xvie siècle d’avoir inventé aussi bien les formes d’é~ critures que les noms. Il est bon de dire, toutefois, pour l’honneur du bénédictin allemand , que ses confrères de Paris n’avaient point vu son ouvrage2.

Citons enfin, comme acquit de conscience, un dernier copiste cistercien donné par le Cabinet des mss. (t. Il, p. 355); c’est Laurent-le-Becg'ue (sic) , moine de Clairvaux et natif de Troyes.

Une fois les typographes bien établis dans le monde, il va sans dire que le scriptorium conventuel ou monastique n’avait quasi plus raison d’être. La tâche du copiste devenait simple corvée à peine justifiable, sauf pour certains travaux de luxe qu’on ne pouvait demander à l’imprimerie qui n’y aurait pas couvert ses frais; les livres de lutrin avec offices propres, par exemple. De là, cependant, une certaine persistance calligraphique poussée jusqu’à la fin du xviiic siècle. Mais le plus souvent c’était fantaisie de princes ou de grandes dames qui voulaient posséder un exemplaire unique. Là les communautés fournissaient quelque peu encore la vieille tâche, mais c’était bien des fois avec des caractères découpés sur carton ou sur métal, et dont les vides se remplissaient avec le tampon ou la brosse. Néanmoins certains travailleurs maintenaient encore le vieux grnre pour ces livres presque uniques. Mgr X. Barbier de Montault (dans le journal Borne , janvier 1876) cite pour Saint-Jean de Latran un antiphonaire sig’né en 1586 par Louis de Bologme, de l’ordre des Servîtes; puis des écrivains du chapitre de Saint-Pierre au Vatican, dont la tâche atteint 1790. Au xvm siècle, un livre choral de Santa Maria sopra Minerva porte la signature d’un dominicain: Fr. Vincent Melg*ar de Valence, avec la date 1634. — Vers 1642, Fr. d’ischia, mineur réformé; en 1641, Fr. Fulg'ence Bruno de la Colonnella, qui se dit écrivain de la Chapelle Sixtine. Ce dernier était miniaturiste aussi, puisqu’il sigme une lettre ornée. — Item, Fra Francesco de Brandelio, plus copiste que miniateur (Rome, 3 février 1876). De même encore, à Saint-Pierre in Montorio, Fra Francesco da Fiano, en 1756; et François de Itoffino, avec Joseph de Trieste (1788).

Jarry, du siècle de Louis XIV, n’était pas même ecclésiastique que je sache3, mais Gal-

1. Léonard Wirstlin ou Wagner (Hamaxurgus), mort en 1522. Cf. Ziegelb., x, 564; ii, 516; iv, 370. On peut y voir la liste assez singulière des noms donnés par lui aux diverses formes d’écritures. Mes lecteurs auraient aimé probablement à la trouver ici; mais les auteurs du Nouv. Tr. de diplomatique n’y attachant pas grande valeur, je mécontenterai de renvoyer les curieux à l’édition bénédictine du glossaire de DuCange, où cette liste a été à peu près transcrite dans le supplément sous la rubrique Scriptura.

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