Je ne connais que de nom l’ouvrage de M. Herbe sur les
costumes français depuis Clovis jusqu’à nos jours. Cf. Beaunier et Rathier, Spallart, Bonnard, Strutt, Hennin, etc., etc.
3. Les rois mages et quelques autres figures ont les jambes enveloppées jusqu’au jarret par une sorte de guêtres de voyage, qui se résolvent en pièces d’étoffes se croisant pour envelopper la jambe au-dessus de la chaussure; comme dans le bas-relief d’un tympan roman, de Saint-Ursin à Bourges, où est représentée une chasse à courre. Lu seul personnage (un voleur, dans la parabole du Samaritain) porte, sur ses bas-de-chausses rouges, des bas blancs ou guêtres, fixées à la jarretière. La chaussure commune, qui dépasse constamment la cheville, laisse à découvert le coude-pied et le devant de la jambe chez les riches. Cette dernière forme pourtant est presque générale dans les miniatures du xnG siècle, publiées par d’Agincourt (Peint. pl. 66, etc.). On ne voit presque point de bottes proprement dites. Quand il s’en trouve, elles sont rouges ou violettes, et la tunique empêche d’apercevoir comment elles se terminent par en haut. M. Guénebault m’a cité une miniature du xme siècle ou du xivc, dans laquelle deux soldats qui gardent le tombeau de N. S. portent des bottes complètement visibles. On reconnaîtra donc que cela prête encore à quelques études.
MÉLANGES d’âRCHÉOLOGIE.
Basile. Chez les hommes d’un rang’ élevé, elle est brodée autour du cou et du poig’net, au milieu de Barrière-bras , et à l’extrémité inférieure qui forme souvent une large bande ornée d’arabesques1. Chez les gens du peuple, une petite bande, ou des points (pois groupés, si l’on veut) semés cà et là remplacent ces ornements, lorsque le vêtement n’est pas tout à fait uni.
Le fils du prince de Capharnaüm, représenté malade dans son lit, porte une tunique à manches courtes qui n’atteignent pas même le coude. Mais d’autres, également au lit, sont revêtus de la tunique ordinaire à manches longues.
Le vêtement de l’écuyer de Pharaon est partagé en deux couleurs (violet et vert): une de chaque côté occupant toute la hauteur, comme on le voit encore aujourd’hui dans le costume de plusieurs appariteurs ou serviteurs publics.
Les pauvres n’ont pour tout habillement que la seule tunique et quelquefois des souliers. Les personnages de distinction portent par-dessus la tunique un manteau ou espèce de clilamyde, qui descend jusqu’au jarret et même plus bas, lorsqu’il s’ag’it d’un prince. Ses deux extrémités supérieures sont réunies d’ordinaire sur l’épaule droite par un bouton de métal, pour laisser libre le jeu du bras droit2. Quelquefois cependant, mais rarement, ce bouton se voit sur l’épaule g’auche ou sur la poitrine. Pour les rois et les princes, ce manteau est le plus souvent rouge ou vert, avec une doublure bariolée de bleu et de blanc. Ce bleu est quelquefois remplacé par du gris ou du brun, et ces couleurs figurent souvent par leur distribution, la fourrure que nous appelons vair en terme héraldique. Une fois seulement cette fourrure se montre en dehors du manteau, et elle est employée lorsque l’on a voulu exprimer le luxe et le faste, comme dans la personnification de l’orgueil.
insi tout annonce que le costume du xue siècle se composait encore de la tonique des Romains et de leur manteau de guerre, joints aux chausses des peuples du Nord. Cette forme de vêtements rappelle assez exactement ceux du grand bas-relief de Saint- Fuscien, dans l’église de Sains près d’Amiens (sur l’ancienne ronte de Paris); monument trop peu connu, ce me semble, quoiqu’il ait été signalé par Mabillon, dans un temps où il fallait qu’un ouvrage du moyen âge fût bien distingué pour attirer l’attention3. Du reste, cette forme de vêtement se con-
Je dis à dessein Bibliothèque royale (ou Bibl. du Boi) pour n’avoir pas à rechercher quels nos ont reçus depuis vingt ans les livres dont je parlais jadis. Les nouveaux catalogues établiront sans doute une concordance entre les chiffres de diverses époques; et je ne blâme aucunement cette réforme très-utile, dirigée par un homme fort compétent. J'imprimais déjà Bibliothèque royale sous la république de 1848, et je n’ai pas rajeuni depuis lors.
2. Dans une miniature italienne du même temps (ap. d’Agincourt), tous les manteaux sont relevés sur l’épaule gauche, et noués au lieu d’ètre fixés par un bouton (comme dans notre page 153). Un Nouveau Testament (Bibl. R. mss. latins, 252) et une bible ( ibid . mss. lat. 58) ne laissent jamais rien voir qui ressemble à un bouton comme moyen de réunir les deux extrémités supérieures du manteau.