Greg. Nyss., Hexaem
2. Eusèbe {in [Ps. LXXVI, 17, 18; ed. Montfaucon, p. 459) ne voit dans les eaux qu’une population nombreuse. Ce pourrait donc être absolument les anges du ciel, comme nous venons de le dire (p. 17, note 2).
•b Lingard , Antiquities of the Anglo-Saxon church, chapt. X. J aime mieux renvoyer à l’édition anglaise, ayant remarqué plus d une fois des suppressions et des inexactitudes dans la traduction française. Voici le passage de Bède sur les marées : Tamquam lunæ quibusdam cispirationibus invitus protrahatur (Oceanus), et iterum ejusdem vi cessante in propriam mensuram refundatur.
fin peut voir sur cette question divers renseignements utiles donnés par Feller dans son Dictionnaire historique, à
l’article de S. Virgile ; quoiqu'il y mêle quelques erreurs dont je ne me porte pas responsable.
Pour et contre les antipodes on citerait sans peine des auteurs classiques et des écrivains chrétiens, des Pères même; si c’était la peine d’en faire l’énumération contre des adversaires qui veulent ne rien voir qu'en faveur du parti adopté par eux dans le débat.
4. En les tenant tous pour valables ; car je ne me suis guère occupé à les rechercher, de peur de paraître disputer sur des mots. Mais aussi, pour ne pas oublier les délicatesses de la charité chrétienne, disons que M. Letronne avait probablement donné peu d’heures à l’examen .des écrivains ecclésiastiques. J’aime à croire que, conduit ailleurs par ses études, il aura pensé pouvoir prendre comme de bon usage ce qu'il rencontrait cité par d’autres. Cela se résout, à la vérité, en une pauvre excuse; car pourquoi s’engager sur un terrain que l’on ne connaît pas? Plus on est habile en certaines parties, plus on devrait prendre garde à ce que l'on a de côtés faibles. Nous en avons tous, et qui devrait mieux le savoir qu’un homme de longues études?
Ne dissimulons pas non plus que M. Letronne met rà et là quelque moyen de défense aux mains des accusés; mais ce semble être tout à fait, par mégardc, puisqu’il détruit lui-même ainsi le poids des ses assertions si absolues.
MELANGES D ARCHEOLOGIE.
La connexion de ces opinions ne permet pas qu’on les sépare : si pour ces écrivains le ciel était un toit et la terre un rez-de-chaussée, le ciel n’avait à faire que de le couvrir et à représenter tout à fait une toiture. En effet, « ils concevaient les deux comme des hémisphères conccntri- « ques qui venaient s'appuyer sur la terre. » La note ici nous cite pour autorité «les Manichéens » (sic?). Je n’imagine pas que M. Letronne compte les Manichéens parmi les Saints Pères. Que veut donc dire cette note? Pour moi, j’avoue qu’elle m’a confondu. Mais nous pourrons reparler des autorités invoquées par notre auteur. Ce qu’il y a de clair, au moins dans le texte de la Revue, c’est que les Pères n’ont point tenu à un ciel qui fût autre chose qu’un hémisphère, ou à peu près cela. Quant à la terre, c’est une base, un plan; hors de là, point de salut. Je n’attribue pas à l’écrivain ce qu’il n’aurait point dit ; voici ses paroles : « Ces étranges « hypothèses se réunissaient toutes dans l'exclusion formelle de la rondeur de la terre. Saint Augus- « tin, Lactance, saint Basile , saint, Ambroise, saint Justin martyr (soi-disant), saint Jean Chry- « sostome, saint Césaire, Procope de Gaza, Severianus de Gahala, Diodore de Tarse, etc., ne « permettent pas que le vrai chrétien conserve là-dessus le moindre doute. »
ais saint Jean de Damas le permet1, et avec lui bon nombre d’autres encore. Quand saint Augustin semble repousser cette doctrine, il déclare qu’à son avis2, l’Ecriture ne se prononce point là-dessus. Où donc aurait-il pris, en effet, l’idée d’exig’er une profession de foi à ce sujet? Saint Jérôme taxe d’ineptie 3 l'interprétation de ceux qui prétendent fonder sur l’Ecriture sainte l’hémisphéricité du ciel, en le réduisant à n’être qu’une voûte (le toit soi-disant orthodoxe) de la partie que nous habitons. Saint Jean de Damas, comme je l’ai fait remarquer, paraît faire très-peu de cas de la doctrine orthodoxe dans son livre sur la foi orthodoxe. Saint Ambroise n’est pas aussi exclusif qu’on le dit; il se contente de citer quelques textes de l’Ecriture, et ajoute que le reste importe peu à l’enseignement ecclésiastique. Saint Justin4 (?) donne de son opinion des motifs assez pauvres (je lui en demanderais bien pardon s’il était vraiment l’auteur de cet exposé), mais où l’Ecriture n’entre pour rien absolument. Saint Basile5 fait allusion au système de Ptolémée, sans l’anathématiser en aucune façon; si bien qu’il y accommode l’interprétation d’un passage de la Bible.
Et puis, fiez-vous aux citations de la Revue des Deux-Mondes l
1° Un ouvragée souvent attribué à saint Anselme6 dit en propres termes que le ciel est
1. Il nous donne le ciel, en toutes lettres, comme une Sphère. De orthodox. fui.. Il, 0; et plus bas: Sphéroïde; plus bas encore : de figure sphérique. Or il expose tout cela comme doctrine reçue; tandis qu’au sujet des partisans de l’hémisphéricité, il a dit : d’autres ont imaginé que le ciel n’était qu'une voûte.
2. August., Genes. ad litt., II, 9. Voir le chapitre tout entier.
Veut-on l’avis de saint Ambroise, entre ceux qui excluent formellement la rondeur de la terre? Voici comme il s’exprime (in Psalm. GXVIII, 90) : « Quo modo fundaverit
« Deus terrain Scriptura nos docuit; dicente Propheta « (Prov. III, 19): Deus sapientia fundavit terram , paravit « autem cælos in intellectu. Terra autem tanquam funda- « mentum est, in qua consistimus; licet ipsam in meditul- « lie (al. hemicyclo) cæli esse et is qui foris estsermocon-
« celebrct, et Scriptura significare videatur, dicente Job
« (XXVI, 7) : Suspendons terram in niliilo. Includitur ergo
« orbe cælesti ; et ideo sol noctibus non videtur, quia gy- « rando in inl’eriore invenitur orbis parte cælestis. Sed non « est cura sanctis axem cæli et elementorum spatia philo— « sophico more, numerosque describere. Quid enim hoc « prodest saluti? Quia sancti semper intendunt, et vitæ « æternæ profutura vel cognoscere gestiunt vel docere. »
Cf. Basil. Hcxaemer., homil. IX (ed. Garnier, t. I, p 80, sq.). Ce grand théologien, on l’avait dit avant moi (Præfat. in Cosmæ topographiam ; ap. Galland. hihl. vet. PP., t. II), ne voit pas ce que l’Église aurait à faire avec les gens qui donnent à la terre la forme sphérique, ou celles d’un cylindre, d’un disque, d’une surface concave; etc., etc.