‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 183 sur 335 · Les saints locaux qui ne sont pas honorés (ou du · texte numérisé non relu

Les saints locaux qui ne sont pas honorés (ou du

moins fêtés) par l’Église entière, y indiquent soit l’atelier de production, soit le pays de la personne qui commandait le travail et voulait y retrouver les habitudes pieuses de sa province ecclésiastique (Cambrai, Besançon, Reims, etc.).

3. Lorsque l’imprimerie s’en mêle, il faut s’attendre à ne plus reconnaître aisément les destinataires, parce qu'il pouvait bien ne pas être fait de tirage à part pour la 5° partie. Mais c’est ce que je ne suis point en mesure d’établir sur pièces vraiment décisives.

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MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Une indication si rapide ouvrira cependant la voie pour les esprits intelligents qui sauront voir ce que l’on en peut tirer dans la pratique, quoiqu’il y faille une certaine expérience pour ne pas prononcer trop vite un jugement sujet à révision.

e comptons plus guère dès ce moment sur l’art que nous prétendions étudier; il ne nous reste qu’à jeter un coup d’œil rétrospectif sur les principaux individus qui nous y ont laissé leurs noms. Répétons toutefois, avant de commencer cette revue, que les indications ne permettent pas toujours de bien distinguer entre le peintre et le calligraphe. En outre il se peut bien que cà et là on ait pris pour miniaturiste un abbé ou une abbesse qui aient tout simplement commandé le travail à leurs subordonnés (Cf. supra , p. 117, sv.). Alors le nom ne vaut tout au plus que comme indice de date à enquérir. Cette observation reparaîtra plus d’une fois encore, mais avait besoin d’être mise en saillie dès le commencement de ma liste chronologique. Je vais tâcher d’établir cette série, sans prétendre ne laisser en arrière aucun nom méritoire.

VIIe ou VIII0 siècle. Endfrith, Oetbelwald, Bilfrith et Aldred, auteurs d’un évangéliaire in-folio, avec version interlinéaire anglo-saxonne, exécuté pour Dieu et pour saint Cuthbert1. Bien que l’influence byzantine puisse y être absolument soupçonnée d’après le mot agius (ayioç) , employé pour désigner les saints2, le faire n’y est point celui de Byzance, ni de l’Italie, ni même de la monarchie française du VIIIe siècle. Si le coloris y est faible, le trait est d’une grâce, cl’une précision et d’une finesse tout-à-fait extraordinaires. Les couleurs , quelque gauche que soit leur emploi, ont du moins conservé une fraîcheur «qui ferait croire que l’exécution du manuscrit vient d’être achevée. L’or n’y est employé que sobrement, et pour de petits détails.

A Maeseyck (ou Aldeneyck?) les saintes Harlinde (ou Harnilde) et Renilde ont déjà été nommées3. Ajoutons Leothardus de Saint Berlin4.

IXe siècle. Luthard ( Liuthanlus ), copiste, est peut-être peintre d’un psautier5 in-4°, exécuté par ordre de Charles le Chauve, entre 842 et 869. Berengar, frère et associé de ce même Luthard, dans l’exécution d’un autre manuscrit de saint Emmeran6 vers 870. Gottschalk, qui employa sept années au manuscrit de Toulouse7, commandé par Charlemagne et sa femme Hildegarde. Ce beau livre est actuellement à la Bibliothèque nationale8, grâce au bizarre musée des souverains qui l’a sauvé du sort fait à la bibliothèque du Louvre par les pétroleurs de 1871. Modestus et Sintramn, moines de Saint-Gall, dont l’un a déjà été nommé; Eribert, à Vérone9. A Fulde, Modestus et Candidus ont mis leurs portraits dans leur œuvre10, mais on ne nous dit pas s’il s’ag’it de miniature ou de peinture murale.

1. Au Musée britannique, bibliothèque Cottonienne ; Waagen, t. I,p. 134.

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