Origine de la gravure, t. II, p
5. Il juge ainsi ses œuvres : « Non da maestro di quell’ età, mà da moderno eccellentissimo. »
6. Pétrarque a fait un sonnet sur cet artiste qui avait peint, je crois, le portrait du poète. Le Virgile de la biblio-
thèque Ambrosienne porte sous le frontispice les vers suivants :
« Mantua Virgilium qui talia carmina finxit,
« Sena tulit Simonem digito qui talia pinxit. »
On peut voir la gravure du frontispice dans la publication faite par Mai (durant sa jeunesse), sous le titre Virgilii Mar onis interprètes veter es (Milan, 1818).
L’originalité de la composition, la beauté du coloris et l’harmonie de l’ensemble ont été vantées par Bianconi. Voyez Lanzi, op.c., i, scuola senese ; Waagen, t. III. 314, 317 ; Rumohr, t. II, p. 92. M. Waagen croit retrouver la manière de ce peintre dans la bible de notre Bibl iothèque royale, cotée: suppl. franc. 632, 4 bis. Du reste, si le mot de Vasari semble dire que Simon Martini appartenait à une époque demibarbare, il faut se rappeler que c’était l’époque des André
MINIATEURS DU MOYEN AGE
salvationis qui est conservé à notre bibliothèque parisienne de l’Arsenal1. Dom Silvestro, Camaldule du monastère des Ang*es à Florence, communauté qui comptait alors plusieurs miniateurs et des artistes de plus d’un genre2. Les livres de chœur de cette abbaye avaient été peints par D. Silvestro, vers 1350; et les historiens de l’art ne tarissent point d’éloges sur cette collection magnifique3. Aussi Léon X les enviait-il aux moines de Florence, et la liturgie spéciale (pour l’ordre des camaldules) l’empêcha seule de les faire transporter à Saint-Pierre, à tout prix. Ce fait est rapporté par Vasari, qui déclare le dessin de ce religieux supérieur à celui des artistes quelconques de son temps 4 il forma des élèves pour la peinture. On admire aussi dans la sacristie de la cathédrale de Sienne d’énormes livres de chœur, ornés de miniatures par Benoît da Matera, bénédictin, et Gabriel Mattéi de Sienne, tous deux religieux5; mais ce travail appartient au xve siècle plutôt qu’au xive. André Beauneveu est probablement l’auteur des miniatures qui embellissent un psautier de la Bibliothèque royale6, autrefois appartenant au duc Jean de Berry; Jacquevrart, Hodin, etc., également ouvriers du même prince; les Flamands Paul de Limbourg, et ses frères, sont presque les seuls que mon peu de loisir m’ait permis d’ajouter à cette liste des miniateurs du xiv° siècle 7 . Ajoutons pourtant Guillaume Snellaert, moine d’Eeckhoutte8, et Mathieu d’Anchin9. Cette dernière abbaye ne chôma presque jamais.
onrad II, abbé d’Irsee (vers 1334) est cité par D. G. Stengel comme ayant excellé dans la peinture, la sculpture et l’orfèvrerie. Je ne saurais affirmer qu’il fût précisément miniateur ; il semble pourtant qu’on ne puisse en douter, quoique ce ne fût plus guère le temps des artistes multiples. Mais son abbaye fut brûlée vers 1400, et tout monument de son habileté peut avoir disparu dans ce désastre10. Combien de documents semblables nous auront été soustraits par les accidents fortuits, ou par les guerres politiques et religieuses (soit anciennes, soit modernes)! Aussi nous faut-il glaner laborieusement pour retrouver quelque maigre trace d’hommes jadis honorés et recherchés par leurs contemporains. Mince déconvenue, d’ailleurs, pour ceux qui ont placé leur espoir au-dessus des louanges humaines. « Altissimum posuisti refugium tuum (Ps. XC, 9). »
Arcagnuolo ( Orcagna ) à Florence, des Taddeo di Bartolo à Sienne, des Jacopo d’Avanzo à Padoue. Cf. Waagen, t. 111, p. 342, etc.
1 . Arsenal, Ms s. theologica, 384. Waagen, t. III, p. 3 1 6, etc.
2. Vasari (Vita di D. Lorenzo) parle de broderies d’un goût distingué, exécutées par les anciens religieux de ce même monastère. Cf. Annal. Camaldul., t. VI, p. 237, sq.
3. Lanzi (t. I. Scuola fiorentina) : « Sono ( questi libri) de’ più considerabili che abbia lltalia. » — Vasari, loc. cit. : « Ed io che moite volte gli ho veduti, resto maravigliato « che fussero condotti con tanto disegno e con tanta dili- « genza. » 11 ajoute qu’au monastère des Anges on conservait précieusement la main de D. Silvestro avec celle de Jacopo, habile calligraphe de cette même communauté, et dont nous avons parlé parmi les copistes du xive siècle. Cf. Waagen, t. I, p. 401; Annal. Camaldul., t. VI, p. 180, sq.