‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 200 sur 335 · Lanzi, Scuola fiorentina. — Fiissli, Kûnstlerlexicon · texte numérisé non relu

Lanzi, Scuola fiorentina. — Fiissli, Kûnstlerlexicon

MINUTEURS AU MOYEN AGE

uant à la France, qu'il suffise de rappeler ce qui a été dit de Godefroy, dont la bibliothèque de l’Arsenal possède un ouvrage (les Triomphes de Pétrarque), et dont les Entretiens de J ides César avec François PT n’existent en Angleterre que dépareillés, puisqu’on n’en a que le premier volume dans la collection Harléienne1. Nommons encore, en terminant cette notice quelconque, deux miniaturistes portugais, presque les seuls qui nous soient connus2 3. Au xvic siècle, Yasco (le grand Vasco), peintre et miniateur (vers 1480), élève du Pérugin, orna de vignettes, d’arabesques et d’initiales, la collection des anciens documents réunis par ordre du roi Emmanuel (aux archives royales de la Torre do Tombo). Au siècle suivant, Estevào Gonsalvez Neto peignit entre autres le beau missel du couvent de Jésus à Lisbonne '.

Ailleurs, on trouve en Bavière Hans Mielich (1515-1572), qui orna de figures les mss. d'Orlando Lasso 4 ; à Mayence, Erhard Rewicli d’Utrecht paraît donné comme un miniateur et pourrait bien n’être que dessinateur de topographie ou même graveur sur bois5’. Bien d’autres ne me sont connus que par des indications sommaires, et il est surtout malaisé de dire s’ils appartenaient à letat religieux6, ou même s’ils étaient ecclésiastiques.

Tout le reste n’apparaît plus guère qu’isolé de loin en loin, ou même est étranger à mon sujet7. Ainsi, le xvic siècle doit être à peu près le terme de ce recensement, comme le xv° l’a été pour la calligraphie monastique. Déjà, dans la liste que nous avons dressée, plusieurs noms ont pu paraître une anomalie; mais, tant que les cloîtres fournissaient la majorité des miniateurs, ou du moins tant que la miniature conservait une forte empreinte de son origine monastique, l’histoire des scriptoria du moyen âge en réclamait la notice. C’est d’ailleurs une chose importante dans les annales de la peinture bibliographique, que de l’observer au moment où elle quitte son berceau. L’industrie alors l’envahit presque sur-le-champ8, et tend à la perdre, soit comme art, soit comme chose religneuse.

1. Cf. Waagen, t. III, p. 396, et t. I, p. 148, sv. Ce que j’en disais il y a une quarantaine d'années, inspirait à M. Debure le désir de léguer à l’une de nos collections publiques des miniatures qu’il possédait de cet habile artiste. J’imagine que la transmission se sera effectuée vers 1840, quand mourut l’ancien possesseur.

2. Nous en devons l’indication à un article de M. le vicomte de Santarem dans les Mémoires... des antiquaires de France (tome xu). L’auteur était compétent en cette matière, ayant été conservateur des archives de la couronne en Portugal ; et il croit pouvoir juger, d’après le caractère des miniatures portugaises, que bon nombre des artistes de cette nation se rapprochent singulièrement du faire des miniateurs français, à l’époque dont nous parlons.

3. Füssli, qui parle des talents distingués d’un peintre portugais du xvme siècle, nommé André Gonsalvez, ne dit rien absolument d’Estevâo, et ne parait pas avoir connu les miniatures de Vasco.

Il me semble avoir vu quelque chose là-dessus dans un opuscule de M. Cibrario sur le séjour du roi Charles-Albert en Portugal. Mais le chancelier piémontais de l’Annonciade s’entendait-il à ces matières? Simple question.

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