For. Judic., lib. VIII, tit. iv, 1. 24 et
7. Tune in era septuagesima secunda (a. C. 734) .... Abdebnclic, ex nobili familia.
Super Hispaniam,
Dux mittitur ad principal ia jussa.
Qui dum eam,
Post lot tantaque pericula,
Reperit omnibus bonis opimam
Et ita floride post tantos dolores repletam ,
Ut diceres augustalem esse malogranalam ;
Tantam in eam,
Pene per quatuor annos, irrogat petulantiam,
Ut paulatim labefactata A diversis ambagibus maneat exsiccata. »
(Isid. Parens., Chron. n. 55, édit. Berganza.
Cette prose rhythmoïde importe extrêmement a l’appréciation des vieux textes.
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
Parmi ces pionniers de la première heure, à côté d’Hispano-Romains, tels qu’Apringqus de Beja, Justinien de Valence, Juste d’Urg-el, et ses deux frères Elpidius et Nebridius, Montan de Tolède, et Léandre de Séville, fîg-urent avec non moins d’éclat deux Goths catholiques : Masona de Mérida, renommé entre tous les prélats de son temps par son éloquence, et Jean, abbé de Valclara, puis évêque de Girone, qui, parti jeune encore de la Lusitanie pour Constantinople, où il était né, étudie pendant dix-sept ans aux écoles de cette ville les lettres grecques et latines, puis revient enrichir la Tarrag*onaise des trésors amassés en Orient. A ces hommes d'origine diverse, mais tous Espag-nols par la naissance, se joignent des étrangers : le Pannonien saint Martin, portant aux Suèves de la Galice, avec la foi catholique, la science qu’il avait (comme Jean de Girone) puisée dans les écoles grecques de l’Orient; et l’abbé Donat, introducteur de la vie cénobitique en Espagne, et dont le monastère de Sirvium devint, en peu d’années, une des écoles les plus célèbres de la Péninsule1.
C’est surtout quand la fusion dont je parlais tout à l’heure s’est accomplie, sous le roi Récarède et ses successeurs, que ce mouvement littéraire et scientifique se propagée et se généralise au sein de la société espagnole. Les conciles nationaux de Tolède, dont les décrets ont désormais force de loi dans l’Etat, ne cessent de le favoriser. Etendre en effet, ou fortifier l’étude et l’instruction à tous les degrés de la hiérarchie sacrée, du plus haut au plus bas, et par le clergé aux fidèles, est leur plus constante préoccupation 2. On les voit, revenant sans cesse à la chargée, imposer aux métropolitains, aux évêques et à tous les autres supérieurs ecclésiastiques, T obligation stricte d’instruire par eux-mêmes ou de faire instruire leurs subordonnés et plus particulièrement les enfants des affranchis de l'Eglise3; exig’er, comme minimum de la science requise dans les candidats au sacerdoce, la connaissance des Saintes Ecritures, des canons et des traditions ecclésiastiques4; décréter enfin l’établissement, dans chaque atrium ou résidence épiscopale, d’une école où les enfants seront reçus, entretenus et instruits jusqu’à leur dix-huitième année, avec pleine liberté pour eux de choisir à cet âg’e entre le service des autels ou la vie du monde 5. Aux écoles épiscopales ne tardèrent pas à se joindre les écoles monastiques plus nombreuses encore, et dont les plus célèbres furent celles de Dume près de Brag*a, de Valclara, d’Agvalia ( monas terium Agaliense) près de Tolède, de Servitum dans la Carthaginoise, de Gaulianum près de Mérida6. Les unes et les autres répondirent aux désirs et aux espérances de ceux qui les avaient fondées ou encouragées. Elles peuplèrent l’Egiise d'Espagne de saints et de savants qui ne le cèdent en rien à ceux dont cette Egiise se glorifiait avant l’invasion 7. J’avoue
1 . Sur ces doctes et saints personnages, on peut consulter le catalogue des hommes illustres dressé par saint Isidore de Séville à l’imitation de celui de saint Jérôme, et la continuation du même catalogue par saint lldephonse (Esp. sagr., V, append. v, c. 30, 33 — 33, 41 , 44; et append. vi, c. 3 et 4), ainsi que la Vie des Pères de Mérida par le diacre Paul. {Ibkl., XIII, append. i, c. 11.)
2. Concil. Tolet. iv, c. 23; viu, can. 8; xj, can. 2 (Collée de todos los concil. de Espana, Madrid, 1839, in-fol.
t. II).