‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 212 sur 335 · Concil. Tolet., ii, can. 1; iv, can. 24. Le premier de · texte numérisé non relu

Concil. Tolet., ii, can. 1; iv, can. 24. Le premier de

ces deux conciles, célébré en 327, plus d’un demi-siècle

avant la conversion des Goths au catholicisme, décrète l’ouverture de ces écoles; le second, tenu en 033 sous Sisenand , règle quelques points de leur discipline inté-

rieure, et nous les montre par conséquent en plein exercice.

6. On trouvera, sinon des détails sur ces écoles monastiques, au moins leur mention dans l’ouvrage du diacre Paul de Mérida si souvent cité (cap. II, n. 6), et surtout dans le catalogue des hommes illustres de saint Isidore, continué par saint Braulion, saint lldephonse, saint Julien de Tolède et Cixila. Cf. Esp. sagr., t. VI, append. — En dehors de ces écoles, il en existait d’autres tenues par des religieux menant la vie érémitique. Telle était, par exemple, celle que saint Valère ouvrait aux enfants des colons du Bierzo, lorsque la fonte des neiges rendait accessible le haut plateau où il avait établi sa demeure. Cf. S. Valerii Oper., un. 43, 47 (Esp. sagr., t. XVI, append.).

7. Le dépouillement du catalogue de saint Isidore et de ses continuateurs, où il n’est question que des écrivains ecclésiastiques, nous montre, dans les rangs du clergé hispano-gothique sorti de ces écoles, des commentateurs de la

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

même ne voir pas très-bien quel écrivain espagnol des quatre premiers siècles pourrait être comparé à saint Isidore de Séville, dont les œuvres forment une véritable encyclopédie où la foi et la science brillent d’un éclat incomparable.

Mais ce qu’il importe de signaler, après M. Dozy, dans cette renaissance intellectuelle, c’est l’enthousiasme avec lequel les Wisigoths devenus catholiques se jettent dans ce mouvement littéraire1. Peu contents de s’être romanisés dans leur vie religieuse par l’adoption de la foi, de la discipline et de la liturgie hispano-romaines en lieu et place de leur croyance, de leur discipline et de leur liturgie propres, condamnées et proscrites par le troisième concile national de Tolède 2, les conquérants travaillent de leur mieux à compléter, dans la vie civile et domestique, leur transformation en Romains, plus ou moins réussie. Ils échangent dans ce but leur langue et leurs mœurs contre la langue et les mœurs des vaincus, dont la civilisation supérieure les attire et les fascine en quelque façon3. La plupart, il est vrai , s’en tiennent au latin vulgaire ou rustique , le seul dont vraisemblablement on se servît alors, même parmi les Hispano-romains, dans le commerce ordinaire de la vie, et qui par une série de modifications successives devait aboutir à l’espagnol moderne4. Mais les rois, les seigneurs, et à plus forte raison le clergé de race gothique, abordent résolûment l’étude du latin littéraire restée la langue officielle de l’Eglise et de l’Etat, se familiarisent avec les chefs-d’œuvre sacrés et profanes écrits dans cette langue, et l’emploient exclusivement à toute autre dans leurs discours d’apparat, dans leur correspondance et dans les œuvres qu’ils livrent à un public toujours très-restreint qui ne se compose que de lettrés. Sans doute, le succès est loin de répondre au zèle de la plupart d’entre eux. A leur style obscur, prétentieux, ampoulé, on s’aperçoit facilement qu’ils écrivent dans une langue d’emprunt trop souvent rebelle à leurs efforts5. Mais d’ordinaire leur latin de décadence

Sainte Écriture, des théologiens, des poètes (plus que médiocres), des chroniqueurs, des mathématiciens, des astronomes, des compositeurs de musique sacrée, etc., etc.

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