‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 219 sur 335 · Isid. Hisp., Catal. Vir. illust., c. 42 et · texte numérisé non relu

Isid. Hisp., Catal. Vir. illust., c. 42 et

9. Liciniani, Epist. 2 et 3. Les Saintes Écritures étaient alors, comme aujourd’hui, partie intégrante de toute bibliothèque ecclésiastique ou simplement chrétienne. Je ne les nommerai pas toujours dans ces notes sur les bibliothèques espagnoles afin d’éviter de fastidieuses répétitions; mais le lecteur peut et doit en ajouter le nom à celui des livres qui figurent dans mes catalogues bibliographiques.

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

servi ou qu’il a pris pour modèles. Aussi, de tous ceux qu’il avait recueillis dans ses lointains voyag’es ou depuis son retour eu Espagne, ne pouvons-nous citer après lui que la chronique d’Eusèbe et les continuations de saint Jérôme, de saint Prosper et de Victor de Tunne *.

Je n’ai que peu de chose à dire sur la bibliothèque du roi Réceswinthe. Saint Braulion de Saragosse, avec d’autres sans cloute, — car il eût à lui seul succombé sous celte lourde tâche,— révisait les manuscrits de ce prince pour en faire disparaître les fautes et les omissions trop nombreuses de copistes hâtifs ou négligents; voilà ce que j’en sais, et rien de plus1 2. Saint Braulion nous laisse même ignorer, — et le roi son correspondant n’est pas plus explicite, — le titre de l'ouvrage dont la correction exigea tant de soins et de peines3. Je me borne donc à mentionner cette bibliothèque pour mémoire. J’en fais autant de celle qu’apporta d’Afrique en Espagne le saint abbé Donat dont il a été question précédemment. Elle comptait de nombreux volumes, c’est tout ce qu’en dit saint Hildephonse, et tout ce que je puis en dire moi-même après lui4.

Les renseignements abondent au contraire sur la bibliothèque épiscopale de Tolède, et c’est à l’un des plus illustres prélats qui se soient assis sur le siège primatial de cette église (à saint Julien) que nous les devons. On voit en effet, par les nombreux extraits dont il enrichit ses propres ouvrages, que, de son temps, cette collection comprenait des écrits d’Origène, de Tertullien, de saint Cyprien, d’Athanase, de saint Hilaire, de saint Ambroise, de saint Epiphane, de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Jean Cbrysostome, de saint Cyrille d’Alexandrie, de saint Fulgence, de Gassien , de Vigile de Tapse, de saint Pierre Clirysologme, de Julianus Pomerius, de saint Grégoire le Grand, de saint Isidore de Séville, d’Eugène IT (al. III) de Tolède, son prédécesseur immédiat et son maître. En fait d’auteurs profanes, Julien ne mentionne que Cicéron et ses livres de la Rhétorique5; non certes que Cicéron soit le seul écrivain de l’antiquité dont la bibliothèque épiscopale de Tolède ait renfermé les ouvrages, mais — et j’ai déjà fait cette remarque à propos de Licinien et de Martin de Dume — parce que les écrits de saint Julien n’étaient pas de nature à rendre nécessaires ou simplement utiles les témoignages empruntés à ces auteurs. Au fond , entre fous les lettrés et savants de l’Espagne gothique dont nous avons parlé jusqu’ici et dont il nous reste à parler encore, un seul. Isidore de Séville, nous ouvrant à deux battants les portes de sa bibliothèque, nous permet d’en apprécier les richesse d’une façon à peu près complète. Les autres ne nous laissent voir de la leur que les volumes accumulés en plus ou moins grand nombre, suivant les besoins du moment, sur leur table de travail. Mais, avant de quitter Tolède, il me plaît de payer au dernier des docteurs de cette grande Eglise le tribut d’éloges qu’il a si bien mérité, et dont certains historiens ecclésiastiques ne s’acquittent qu’avec d’injustes restrictions. Les trésors littéraires que mettaient à sa libre disposition la dignité dont il était revêtu, ne restaient pas stériles entre les mains de Julien de Tolède. Il se les appropria si bien

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