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Codices quos vobis a nobis dirigendos] mandastis

scriptos duplices non inveni; aliquos nec singulares reperi.

Subtractos eos, de armario nostro animadverti, inquisi-

tionemque occupatio tulit. » (S. Braul. Epist. 44 ad Fructuosum, p. 393, 394.)

4. « Insurgens quidam vir barbarus valde lubricus... Flainus nomine, ejusdem basiliculæ presbyter... libres quos... ipse transcripseram... mihi, cum ingenti contumelia abstulit. » — S. Valer. opp., n. 30. « Hinc, nequiter devictus et facile superatus (Saturninus Valerii discipulus ) egrediens per noctem, carrigavit asinum... de librorum volumina quos ibi sancto altario conscripseram vel cætera quæ ibidem de Dei dato contuleram, et temeranter persuasus ductus esta diabolo captivus. » Id. , ibicl., n. 58.

5. « Gens effera Vasconum Pvrenæis montibus promota diversis vastationibus Hiberiæ patriam populando grassatur... Innoxius quippe... sanguis effunditur... innumerabilis multitudo captivorum abducitur, immensa spolia subtrahuntur, templis Dei infaustum bellum infertur, sacra altaria destruuntur; etc., etc. » Taion., Præf. epist. in libr. Sentent., n.2 (. Patrol. , t. LXXX, col. 727). Biscaye ou Navarre affirmaient singulièrement leur autonomie, de cette façon.

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

étaient multipliés les moyens de la satisfaire ! Aussi les bibliothèques croissaient-elles sans cesse en nombre et en importance dans la Péninsule, comme l’atteste indirectement, ving*thuit ou trente ans à peine avant la conquête arabe, un des plus illustres représentants de cette civilisation hispano-g*othique destinée à sombrer sous les flots de l’invasion des barbares du midi, cent fois plus désastreuse que celle des barbares du nord qui l’avait précédée de trois siècles1.

Je dis barbares du midi,et n’en démords point. C’est le seul nom que méritent en effet les envahisseurs de l'Espagne au vin0 siècle. Maures et Sarrasins de Tarie ou de Mousâ n’apportaient dans le malheureux pays ouvert par trahison qu’ignorance , fanatisme et brutalité. Facilement vainqueurs d’une nation désemparée de ses chefs, déshabituée des armes, et livrée à l’ennemi par une partie des siens, les musulmans, étrangers alors à toute notion littéraire, artistique ou scientifique, ne lui apportèrent, en échangée de son indépendance perdue et de sa civilisation détruite ou mortellement blessée, que le pillag*e organisé, l’oppression méthodique, et la gaierre civile ou étrangère avec son cortég’e ordinaire de ruines et de dévastations. Cette fois les bibliothèques furent moins heureuses qu’au v° siècle; elles partagèrent le sort commun et disparurent si bien de toute la partie occupée par les Arabes, que, cent quarante ans après la conquête, saint Eulog*e de Cordoue, voulant ranimer parmi ses compatriotes le culte des lettres latines, dut aller chercher dans les montagnes du nord de l'Espagne, où la vieille foi trouvait encore son asile, les livres dont il avait besoin pour mener à bien l’œuvre patriotique à laquelle il se dévouait. C’est ce que ne devraient pas oublier ceux qui, se laissant éblouir par l’éclat de la civilisation éphémère et superficielle épanouie plus tard à Cordoue et ailleurs, se persuadent qu’à tout prendre la conquête arabe fut un bonheur pour la Péninsule, et qui seraient même disposés à exiger de nous un tribut de reconnaissance pour les conquérants. Plaisante idée en vérité! car, sans vouloir nier ou même diminuer en rien les services rendus à la science par les musulmans d’Espag’ne, il est impossible de se dissimuler que ces services se réduisent à la restitution tardive et incomplète de trésors littéraires indigmement g*aspillés par leurs ancêtres. Or on n’a jamais, que je sache, entendu le naufragé bénir la mer qui dans sa fureur vient d'engloutir son vaisseau richement chargé, parce qu’elle en rejette quelques épaves sur la rive.

I. « Hoc igitur opus, non ad hoc tantum mihi formarc plicium librorum voluminibus didicisse ; sed potius ut sub perplacuit, ut quasi incognita legentibus demonstrarem, uno collecta futurorum ratio mentes mortalium... \ehecum multos non dubitarem harum rerum scientiam multi- mentius tangeret. » Julian. Epist. [Patrol., t. XCY1, col. 457).

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

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