Chron., c. 39, 33 bis ; p
4. Voir le jugement porlé par Morales au xvi° siècle ( Viage , p. 102) et par Bisco au xvme siècle (Esp. sagr., xxxvu, p. 196) sur les deux basiliques de Ste-Marie de Naranco et de S. -Michel de Lino, édifiées par Ramire I au [Xe siècle. Madoz (Dicc. geogr. de Espafia, art. Naranco ) m’apprend que S. -Michel de Lino tombe en ruines, sans que personne s’en inquiète et songe à prévenir la disparition de cette relique glorieuse d'un héroïque passé. Est-ce donc que l’Espagne contemporaine n’aurait plus rien de commun avec celle des anciens jours?
3. Le moine de Silos, oubliant le goût des rois Asturiens pour les bains, et les thermes que ces princes avaient élevés sur divers points de leur royaume (v. la note suivante), poursuit de ses sarcasmes le grand empereur des Francs qu’il accuse d'avoir précipitamment évacué la Navarre et 1 Aragon, pour jouir plus vite de ceux qu’il s’était construits à Aix-la-Chapelle ; il part même de là pour accuser de mollesse notre vaillant Charlemagne: « Quippe bellatrix Hispania duro, non togato milite concutitur. Anhelabat etenim Carolusin thermis(Ed. male internus) illis citius lavari, quos gravi ad hoc opéré delitiosc construxerat » (Mon. Sil . , Ilist., c. 11, n. 19; Berg., t. Il, apend.). En réalité, au ixc siècle comme au x°, Asturiens, Léonais et Francs se baignaient à-l’envi sans en être moins braves. Certes, les
habitants de Zamora fièrement campée à l’extrême limite du border de Léon, n’étaient pas des efféminés en l’an de grâce 903, et cependant les bains publics ouverts en cette ville par Alphonse III rapportaient chaque année un revenu net de deux cent quarante sous d’argent (Esp. sagr., t. xxxvii, escr. Il, p. 333). Soyons toutefois indulgents pour le bon moine de Silos, et pardonnons-lui la virulente sortie, dont je n’ai cité que les derniers mots. Il l’écrivait évidemment sous le coup de l’exaspération qu’avait produite en lui la lecture de certains chroniqueurs français, dont les fabuleux récits donnent une importance imméritée à la stérile et malheureuse expédition de Charlemagne au-delà des Pyrénées occidentales. Au fait, Turpin et consorts feraient perdre patience à d’autres qu’à des Castillans.