lu Palencia nullus miles (syn. de caballero) armatus
de senioribus det solidum pro marcio nec aliquid Qui-
cumque fuerit de Palencia et habuerit patrem militem, ex quo casatus fuerit, si noluerit esse miles, faciat forum sicut alii pedites. » Fueros de Palencia (a. 1181), Llorente,
Noticias... de las très prov. Vascong. , IV, escr. 162, p. 265.
2. Le prix courant des chevaux de guerre ou de luxe monte d’année en année, de la fin du ix° siècle au commencement du xii° : de 40 sous d’argent en 899 (Berganza, escr. 7), il s'élève successivement à 50, en 946 et 979 (Esealona, escr. 24 et 54), à 60 en 998 (ibicl., escr. 65), à 100 sous d’argent en 1020 (Fueros de Najera, Munoz, p. 290), pour atteindre l’extrême limite de 200 sous, ou il se maintient de 1030 à 1080 (Escalona, escr. 80; Esp. sagr ., XIX, p,395;
Gonzalez, Colecc. de Privilégias, VI, escr. 236; Berganza, escr. 108; Mon. Portug., escr. 384, 425, 507, 577). Bien entendu que s’il s’agit de chevaux de race, le prix dépasse et de beaucoup cette limite; ainsi, je trouve trois chevaux vendus 500 et 501 sous d’argent, de 1047 à 1103 (Escalona, escr. 28, 136; Berganza, escr. 96), et 200 sous d’or en 1194 (Llorente, IV, escr. 183), etc. Un cheval commun, de selle ou de trait ( caballo de villanos), vaut la moitié moins qu’un cheval de guerre en 1020 ( Fueros de Najera, Munoz, p. 290). Les mules et les mulets, cotés généralement sur les marchés espagnols du xc et du xic siècle cent sous d’argent,
(Mon. Port., escr. 29, 168, 218, 381, 521 ; Esp. sagr., XL, escr. 22), se payent parfois 150, 300, 500 et jusqu’à 1000 sous (Esp. sagr., XVI, escr. 12; Berganza, escr. 87; Escalona, escr. 134 et 136; Mon. Port., escr. 378).
3. Les canaux d’irrigation et les terres irriguées (canules, canalejas, regos, aquæductus, aguæ productiles, aquæ ductiles, aquæ aquarum, calices, presas, regarnis), sont mentionnés dans presque tous les actes de vente ou de donation dressés dans les provinces chrétiennes du royaume de Léon. Cf. Berganza, escr. 15, 20, 22, 39, 52, 58, 63, 66, etc. ;
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Escalona, escr. 2, 4, 8, 9, 13. etc.; Munoz, p. 16, 22, 48, 230, 251, 291, 339, 350, 391, etc.; Mon. Port., escr, 10, 26, 28, 39, etc.; Esp. sagr. XXXVII, escr. 6, 8, Il (p. 332, 334), 13 (p. 347), XL, escr. 1 1 (p. 363), 29 (p. 423), etc., etc. Sur la gratuité ou la presque-gratuité des concessions faites aux riverains par les propriétaires de canaux d’irrigation, voir le contrat passé entre l’abbé de S. Pedro de Cardena et les habitants de Villa- Vascones en 956 (Berg., escr. 52) et la dotation de l'hôpital de Villa- Vascones, par le comte Garci-Fernandez, en 971 (ibicl., escr. 66).
4. Les moulins (molinos, molenilinos, sessiones molinarum, sessigas molinarias ) ont leur certificat, d’existence inscrit, à chaque page des actes cités dans la note précédente et d’une foule d’autres. Je me bornerai donc à rappeler ici : 1° les moulins de l'Arlançon et de l’Èbea, vendus à l'abbé de Cardena par don Gonzalo Diaz moyennant cent vingt livres d'argent, des étoffes et un manteau du prix total de 80 sous (Berg., escr. 15, a. 921); 2° les huit moulins construits par un propriétaire hispano-portugais sur un seul de ses domaines (Mon. Port., escr. 113, a. 974).
5. Cf. Berganza, escr. 59, 85, 143, etc. ; Escalona, escr. 91, 95, etc. ; Munoz, p. 22, 48, 7 1 , 204, 277, 345, 349, 565, etc ; Esp. sagr., XIX, escr. 27 (p. 381); XXXVII, escr. 8 (p. 317), 9 (p. 33 1, 332), 1 4 (p. 349), XL, escr. 16 (p. 375), 18 (p. 382;, 19 (p. 389, 391); Mon. Port., e scr. 56, 67, 82, 101, 102, III,
1 12, 1 14, 123, 127, 604; Yepes, VI, p. 490 (verso); Llorente, IV, escr. 162 (p. 290), etc., etc.
6. Cf. Berganza, escr. 8, 25, 35, 63,74, 120, etc.; Llorente, 111, escr. 19, 57; Yepes, V, p. 436 et 444; Escalona, escr. 6; Esp. sagr., XIV, escr. 3 (p. 369); XXXVII, escr. !) (p. 320, 325), escr. 11 (p. 332), etc. ; Mon. Port., escr. 67, 76 (p. 46), etc., etc.
7. Esp. sagr., XXXVII, escr. Il (p. 332); Llorente, IV, escr. 162 (p. 268); Mon. Port. (Loges et Consuetuclines) , p. 367, 373, etc., etc. Remarquons en outre que le fer ne figure pas dans la liste des métaux frappés de droits à
MÉLANGES d’âRCHÉOLOGIE.
Ici encore, dans l’Espagne renaissante, il est facile de reconnaître les traits caractéristiques de l’Espagne gothique. Le rejeton sorti d’une racine immortelle se revêt du même feuillage, se pare des mêmes fleurs et se couvre des mêmes fruits dont s’enorgueillissait autrefois le tronc puissant abattu par les Arabes. Sans doute, si la fleur est épanouie, le fruit noue à peine; mais patience, laissons venir l’été, et nous verrons, aux chauds rayons du soleil d’août, la grenade espagnole revêtir sa robe de pourpre et d’or, robe mille fois plus splendide que celle dont Isidore de Béja admirait le merveilleux éclat aux premières années du vme siècle1.
Signalons cependant une importante différence entre ces deux Espagnes également chrétiennes, également prospères. Dans l’Espagne léonaise ou castillane, les hautes classes de la société ne sont pas les seules à profiter de la richesse et de la prospérité du pays, comme cela n’avait lieu que trop souvent dans l’Espagne gothique et romaine. La sobre et laborieuse population des campagnes, autrefois trop déshéritée, jouit aujourd’hui.d’une aisance qui assure son bien-être, et dont, si elle leur eût été connue, les paysans d’Allemagne, d’Angleterre, de France et d’Italie à la même époque auraient eu tout droit d’être jaloux. Elle en jouit, sauf de très-rares exceptions, dans la plénitude d’une indépendance personnelle inconnue partout ailleurs, et qui se perpétue dans la Péninsule jusqu’à l’introduction aussi inutile que malencontreuse de la féodalité en ce pays au xme siècle. A vrai dire, on ne peut étudier la vie privée de ces libres campagnards de Léon, d’Aragon ou de Castille, à la clarté que projettent sur elle les actes publics et privés de cette période du haut moyen âge, sans constater l’amélioration sensible qui s’est produite dans la condition des classes agricoles, et sans en arriver même à se demander par quelle voie, sauf celle de la paresse, de l'inconduite ou de la maladie, la misère aurait pu se glisser dans la demeure du paysan espagnol et s’asseoir à son foyer.
t d’abord ce n’est pas la terre , qui , à partir du ixe siècle , se refuse aux robustes défricheurs trop longtemps emprisonnés dans les Asturies, et qui s’en échappent par nombreux essaims sous Ordono I, Alphonse III et Ordono IL Aujourd’hui, comme plus tard sous Ferdinand I et ses successeurs, ce sont bien plutôt les défricheurs qui manquent aux libres espaces que l’épée vient d’ouvrir à la colonisation chrétienne. Aussi, dans toutes les provinces enlevées aux Arabes, dans le Léonais comme en Castille, dans ta Galice portugaise comme en Aragon, les propriétaires du sol, — rois, comtes, infanzons, évêques et abbés, — s’efforcent-ils à l’envi d’attirer sur leurs terres de nouveaux colons ou d’y retenir ceux qui s’y sont déjà fixés. Dans ce but hautement avoué et pour l’atteindre plus sûrement, ils luttent entre eux à qui fera aux immigrants de meilleures conditions 2. De tous ceux qui se présentent, quels que soient leurs antécédents, nul n’est exclu. Voleurs
l’importation (cuivre, plomb, étain) par les fueros de S. Sébastien, ce qui semble indiquer qu’on le tirait du pays même et non du dehors.
1. « Eam [Hispaniam] post tôt tantaque pericula, Rcperit omnibus bonis opimarn,
Et ita floride post tantos dolores repletam,
Ut diceres augustalem esse malogranatam. »
Chron., n. 53.