‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 263 sur 335 · Sahagun fut fondé en faveur de moines émigrés de · texte numérisé non relu

Sahagun fut fondé en faveur de moines émigrés de

l’Espagne arabe par Alphonse III, dans les premières an-

nées de son règne, de 8C6 à 880; mais pas plus tard, puisque les Mores le détruisaient en 883. Voir, sur la fondation de ce monastère, la charte de Ramire U (Escalona, Ilist. de Sahagun, escr. 22), et, sur sa destruction par Abou- Halit, la Chronique d’Albelda, n. 382 (al. 73). — Quant à sai-nt Pierre de Cardena, ses origines remontent très-haut dans le ixe siècle, quoiqu’il soit impossible de leur assigner une date certaine. Cf. Florez, Esp. sagr., XXVI, c. iv.

5. Le premier abbé de Lorvâo ( Laurbanum , Lauribanum) recevait une donation au nom de son abbaye, sous Ordono 11, le 23 août 919 {Mon. Port., escr. 22).

0. Nous connaissons la date certaine de la destruction de Sahagun. Celle de la ruine de Cardena et du martyre de ses religieux est controversée. Florez la fixe à l’an 872 (Esp .

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

idée de Ja part prépondérante que prend le clergé espagnol dans la colonisation des pays reconquis, à toutes les époques du haut moyen âge1. L’Égdise ne s’associe pas avec moins d’ardeur aux guerres nationales contre l’islamisme. Lien qu elle n’en fasse pas, comme on l’a prétendu, le thème obligé de sa prédication. C’est dans ses temples qu’au début de toute expédition, le roi va demander avec la bénédiction de l’évêque le secours et la protection du Dieu des armées : c’est là qu’il reçoit, des mains du pontife, la croix d’or qu’un clerc à cheval devra porter toujours devant lui ~. Derrière la croix et à côté du prince, chevauchent les prélats invités à le suivre. Ils le suivent sans reculer d’un pas dans la marche et au plus fort de la mêlée, priant, consolant, encourag’eant, jusqu’à l’heure du triomphe où ils entonnent le Te Deum au milieu des morts et des mourants; jusqu’à celle de la défaite qui les jette avec leurs compagnons d’infortune dans les cachots de Cordoue. Tel était le rôle que les canons de l’Eglise d’Espagme permettaient aux prêtres et aux évêques de jouer à la guerre, le seul qu’ils y aient rempli avec un zèle infatigable du ix° au xmc siècle, d’Alphonse III et d’Ordono II à Alphonse VIII de Castille, de la déroute de la Junquera à la victoire de Las Navas. C’est bien là, ce me semble, du patriotisme, et du meilleur aloi3.

Cette Eglise prête un concours non moins efficace à la restauration sociale de l’Espagne, en reprenant après l’invasion arabe la mission scientifique et littéraire qu’elle avait remplie autrefois avec tant d’éclat dans la Péninsule inondée de barbares Germains. Elle est trop fidèle g'ardienne des traditions antiques pour l’oublier ou la négliger un moment. Aussi, à peine s’est-elle reconstituée dans les Asturies, qu’elle la reprend pour ne plus l’abandonner, et s’en acquitte avec un zèle qui ne le cède qu’à celui dont elle fait preuve dans l’accomplissement de la mission plus haute de gagner les âmes à Dieu. A vrai dire, elle n’a jamais complètement abandonné la glorieuse tâche d’instruire ses enfants dans les lettres, les sciences et les arts dont elle a reçu et garde fidèlement le dépôt. Aux jours les plus sombres

sagr., XXVII, p. 112); M. Dozy à l'an 934 ( Recherches , I, pp. 166-170) ; le seul document ancien qui nous ait transmis le souvenir de cel événement, l'inscription de Cardena, au mercredi 6 août de l’ère 872 (a. c. 834), fête des SS. Juste et Pasteur. Aucune de ces dates ne me paraît admissible : la dernière parce que le six août. 834 tombait un jeudi et non un mercredi ; la première parce qu’on l’obtient eu changeant arbitrairement l’année de l’ère espagnole en année de 1ère chrétienne; la seconde enfin parce qu’une charte de la comtesse Mumadonna, datée du 5 août 933, nous montre en cette année Cardena debout avec sa nombreuse population monastique : « Placuit nobis atque convenu ut daremuS... tibi palri nostro Adefonso abbati cum omni congerie qui sunt sub ditione tua et militant Deo in sancto cenobio, etc. » (Berganza, escr. 24) ; ce qui rend la destruction totale de Cardena ( cidlisa est Karadigna) et le martyre de ses deux cents religieux en 934 absolument invraisemblable. Je proposerais de lire dans l’inscription : Era DCCCEXXIII. VI. F. vm Idus Ag. au lieu de Era DCCCLXXII. 1111. F., etc. En l’ère 873 (a. 833) le six août tombait un vendredi. Un sait d’ailleurs que les chiffres VI et III en écriture hispano-gothique se ressemblent à s’y tromper.

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