Cf. Risco, Reyes de Leon, p
4. « Petrus abba, judex qui tenet lex Godorum. » Mon. Port. (Leges), Disc, prel., p. ix.
o. « Vos sabedesbien que yo embié unami carta abierta en que mandé que los alcaldes de vuestra villa que yudgasen como yudgan en Toledo : el uno que yudgase por el Libro-yudgo de Toledo, et cl otro por el fuero de los Castellanos de Toledo. » Alphonse X, lettre aux alcades de Talavera (a. 1234). Memorial hist., i, escr. 20.
(J. « Rex Adefonsus, Raymundi filius, ad omnes cives Toletanos, scilicet Castellanos, Mozarabes atque Francos, propler fidelitatern et equalitatem illorum... ornnia judicia
connu secundum Librum Judicum sint judicata coram decem ex nobilissimis et sapientissimis illorum, qui sedeant semper cuin judice civitatis ad examinanda judicia populorum. » Alphonse VII, Fueros de Tolède (a. 1118). Ce juge de la cité, dont il est ici parlé, n’est et ne peut être que ïalcade d’Alphonse X. Ce mot arabe avait, en passant dans la langue espagnole, conservé sa signification propre (ulcùdhi, juge), ainsi que le prouve le passage suivant d’une charte de fueros : « Et los alcaldes qui la villa judicaverint, dum fuerint alcaldes, sin[t escusados de] facendera. » Alphonse VI, Fueros de Sepulveda (a. 1076). Munoz, p.283.
7. Voir, sur la juridiction non privilégiée des tribunaux du Fuero-Juzgo, la charte d’Alphonse VII, citée dans la note précédente; les canons 7, 9 et 12 du concile de Coyanza, et enfin Risco, Reyes de Leon, p. 142, 143.
8. Alphonse II de Portugal, dans son éditdu 4 9 juin 1222, dit, en parlant du Fuero-Juzgo : « Per quem librum et per quale forum debent judicari filiis de algo Portugalie. » Mon. Port. (Leges), I, p. 180. Mais c’est là, je pense, une innovation introduite après la scission entre le Portugal et l’Espagne, et la constitution du premier en état indépendant.
9. École tenue par un prêtre réunissant autour de lui quelques disciples, comme l’avait déjà fait saint Valère au vue siècle. Telle est celle où saint Dominique de Silos com-
ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE
science éprouvée, s’appliquer à l’étude des saintes Écritures et des lois canoniques1. Pour beaucoup d’entre eux, à cette première étude, s’ajoute celle des Pères de l'Église dont on peut leur mettre les ouvrages entre les mains. Parmi ces ouvrages, le choix tombe de préférence sur ceux où la doctrine catholique est, en tout ou en partie, exposée dans son ordre logique, avec la netteté et la précision requises pour la rendre plus facilement abordable à des intelligences encore novices. Sous ce rapport, et sans recourir à des docteurs étrangers, les jeunes théologiens trouvent ce dont ils ont besoin dans les œuvres des écrivains ecclésiastiques de l’Espagne g’othique, dans les Offices par exemple, et dans les Sentences de saint Isidore, dans celles que Tajon de Saragosse a compilées d’après saint Grégoire le Grand, et dans le Prognosticon de saint Julien de Tolède. Mais ce qu’on exige de tous les aspirants au sacerdoce sans exception, conformément à la discipline antique toujours en vigueur, c’est qu’au moment de leur ordination, ils sachent par cœur les livres les plus usuels de la liturgie hispano-romaine: le Psautier, l’Hymnaire, l’Évangéliaire, et le double recueil des Épîtres et des Oraisons de toute l’année2. Cet enseignement, donné à tous les prêtres, n’est, pour le plus grand nombre d’entre eux, c’est-à-dire pour les moines, qu’une initiation ou une préparation à l’étude ultérieure et de plus en plus approfondie des sciences sacrées, à laquelle ils doivent se livrer sans interruption jusqu’au terme de leur vie religieuse. La lecture de l’Ancien et du Nouveau Testament, des Pères et des écrivains ecclésiastiques, est en effet imposée à tous sans exception ; et tous, Isidoriens ou Bénédictins, sont tenus d’y consacrer chaque jour un nombre d’heures strictement déterminé 3. La somme des connaissances ainsi quotidiennement acquises dans la paix et le silence de la cellule, s’accroît encore de celles que ce même religieux, occupé d’office à la transcription des manuscrits, puise, au scriptorium, dans le travail dont il est chargé. A moins toutefois qu’on ne suppose — supposition peu vraisemblable — que, chez ces copistes lettrés, l’intelligence se désintéresse complètement de la tâche que la main accomplit. Ceci dit, je suis prêt à reconnaître, si on y tient, que l’enseignement théologique espagnol, tel que je viens de le décrire à grands traits , offre de regrettables lacunes et quelques vices de méthode ; mais il ne faut pas oublier que la perfection n’est pas de ce monde, et qu’en somme, à le juger par ses résultats, cet enseignement mérite toute autre chose que notre dédain. Après avoir donné à l’Espagne gothique sa radieuse pléiade de docteurs et de saints, il a doté l’Espagne nouvelle d’un clergé qui, dans les rangs inférieurs de la hiérarchie, s’est, pendant trois siècles, généralement sig’nalé par la pureté de sa foi et son dévouement inaltérable à Dieu et à la patrie; et, dans les rangs plus élevés, a fait preuve d’une pureté et d’une inté-
mence et termine son éducation littéraire et cléricale (Gonzalo de Berceo, S. Loin., copl. 35-43) ; celle aussi que, cent ans plus tard, ouvre à Saure l’infatigable saint Martin, à la fois curé, défricheur, architecte et maître des enfants qu’on lui confie pour les initier aux lettres et aux sciences (Salvado, Vit. S. Mart. Saur., n. 1).
1. « Per omnes dieceses taies eligantur abbates qui mysterii sancte Trinitatis rationem fideliter faciant, et in divinis Scripturis et sacris canonibus sint, eruditi. Hi autem abbates per proprias ecclesias canonicas faciant scholam et disciplinam componant, uttales deferantad episcopos clericos ordinandos. » Concil. Compost, (a. 1056), can. 2. — « Sciant igitur sacerdotes Scripturas sacras et canones. » Concil. Tolet. IV (a. 633), can. 25. Je dois cependant faire observer qu’en réalité le concile de Compostelle, à son insu
peut-être, va beaucoup plus loin que celui de Tolède, qui, dans son canon 25e, par Sacerdotes entend non les simples prêtres, mais les évêques, comme cela ressort très-clairement du canon 26e du même concile.
2. « Decernimus ut archidiaconi taies clericos... ad ordines ducartt, qui perfecte totum psalterium, hymnos et cantica, epistolas, orationes et evangelia sciant. » Concile de Coyanza (a. 1050), can. 5. — « Nullus cujuscumque dignitatis ecclesiasticæ percipiat gradum, qui non totum psalterium vcl canticorum usualium et hymnorum, sive baptisandi perfecte noverit supplementum. » Concil. Tolet. (a. 653), eau. 8.
3. S. Isidorus, Iley. monach., e. v, n. 2 et c. vir, S. Bened., Tteg. xuvrir.
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
grité de mœurs bien rares alors dans les Églises de l’Europe occidentale. L’épiscopat espagnol, dans les cent cinquante années qui ont précédé l’intronisation de Grégoire VII, a donné au ciel un grand nombre de saints ; à côté de leurs noms glorieux, il n’eut jamais à inscrire dans ses fastes le nom déshonoré d’un simoniaque ou d’un concubinaire. Quel autre épiscopat peut, à la même époque, lui être comparé sous ce rapport?
Remarquons enfin que l’enseignement littéraire ou scientifique à tous ses degrés, du plus bas au plus haut, est, comme le précédent, absolument traditionnel, c’est-à-dire identique à celui que l’Église hispano-gothique distribuait à ses enfants avant l’invasion arabe. 11 imprime donc aux générations qui le reçoivent dans les écoles de Léon et de Castille, un cachet d’étroite ressemblance intellectuelle et morale avec les générations antérieures, sorties des antiques écoles de Séville, de Mérida, de Saragosse ou de Tolède. De part et d’autre, même attachement à la foi et à l’antique discipline, qui résiste sans effort aux rares assauts de l’hérésie1; mêmes g’oûts et mêmes procédés littéraires, même estime de la science et des lettres, même amour des livres qui en renferment le dépôt, amour qui se trahit par la multiplication des bibliothèques. C’est à faire ressortir quelques-uns de ces traits de ressemblance, le dernier surtout, que sera consacré le chapitre suivant.
I. 1° L’hérésie des acéphales vaincue des sa première apparition en Espagne en 619 (cf. Concile .Hispal. Il, can. 12); 2° l’Adoptianisme, repoussé des Asturies où il essayait de pénétrer, et victorieusement réfuté par Etherius et Beatus au vin0 siècle. — Quant à l 'hérésie disciplinaire du mariage des évêques et des prêtres, que Witiza aurait, dit-on, imposée au clergé de son royaume, il ne faut
y voir qu’un sot et ridicule conte, éclos dans le cerveau mal équilibré de quelque Asturien duxe siècle, et glissé par interpolation, avec quelques autres légendes de même valeur, dans la chronique d’Alphonse III, prince trop instruit des choses de son temps et de celles d’autrefois, pour avoir écrit rien de pareil. J’ai dit xe siècle, car ce conte circulait avant Pélage d’Oviédo et le moine de Silos.
Vases liturgiques du haut moyen âge espagnol.
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