Cf. Risco, ibid., t, XXXV, p. 208, n
5. « Reparavi ( libros ) quoscumque inveni disruptos et dispersos quorum infînitus est numerus. » Pelage, év. de Léon, ubi supr. — Nombre infini ! L’expression me parait quelque peu hyperbolique.
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MELANGES D ARCHEOLOGIE.
Il sauva ainsi d’une destruction imminente le dépôt littéraire lentement amassé par ses prédécesseurs, et le grossit de quelques ouvrages, entre autres d’une Bible complète achetée à très-haut prix1. Cette riche collection n’eut pas dans la suite des temps un sort plus heureux que celle d’Oviedo. Lorsque le docte et sag’e Risco, continuateur de YEspana sagrada, pénétrait, en 1784, dans les archives de Sainte-Marie de Léon, dont les portes étaient restées fermées à Morales, il n’y trouva plus, à côté de nombreuses chartes originales et de précieux cartulaires soigneusement conservés, que de rares débris de la bibliothèque proprement dite. Une dizaine de manuscrits, dont la moitié d’écriture française et par conséquent postérieurs à Pélage, avaient seuls échappé comme par miracle au vandalisme ou à l’incurie moderne. C’étaient, pour ne parler ici que des manuscrits hispanogothiques ayant appartenu ou pu appartenir à la bibliothèque de Léon, vers 1073, 1° le second volume d’une Bibliothèque sacrée, copiée pour le monastère d’Albares dans la vallée d’Abéliar, la sixième année du règne d’Orclono 11 (a. 920), par le moine-diacre Jean, auteur d’une vie de saint Froylan de Léon, à laquelle nous avons fait de nombreux emprunts2. Ce manuscrit, outre cette notice intercalée entre le livre de Job et celui de Tobie, renferme les grands et les petits Prophètes, Job, Tobie, Esther, Judith, les Machabées et le Nouveau Testament tout entier. Il porte à la première page la croix d’Oviedo, à la seconde une rose des vents à figures symboliques et un zodiaque. Des gdoses et notes marginales, parfois même des commentaires ajoutés à certaines parties du texte sacré, en éclaircissent les difficultés ou en exposent le véritable sens. Le tout fait grandement honneur à l’habileté calligraphique et à la science du bon moine d’Albares3. 2° Les neuf premiers livres de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe. 3° Un recueil des prophéties, épîtres et évangiles pour tous les jours de l’année, donné à son égdise par Pélage4. 4° Un autre recueil artificiel d’opuscules de divers auteurs écrits de différentes mains, dans le courant du ix° siècle, en Andalousie, d’où il fut apporté, selon toute apparence, par son premier propriétaire, le moine Samuel5. Après avoir passé de ses mains à celles des moines des saints Corne et Damien de la vallée d’Abéliar près de Léon6, il fut donné ou vendu par ceux-ci à Sainte-Marie de la Begla. Ce manuscrit contient entre autres pièces du plus haut intérêt les lettres de saint Braulion, les actes du procès des
1 . « l’ost hec comparavi ad honorem Sancti Salvatoris et Bcate Marie librum magni pretii quem Bibliothecam dicimus, et septem libros quos Misticos vocanius, qui sufficerent ecelesie usque ad annum recurrentem , et librum in ecclesia necessarium de Prophetiis, Epistoiis et Evangeliis qui Comicus dicitur, et cum bis duos libros orationum, et alium librum missarum, et duos libros ordinum et alium librum in quo continentur quorumdam vite Sanctorum, et alium librum qui dicitur textum Evangeliorum. » Pélage, év. de Léon, Esp. sagr., XXXVI, escr. 28. — À l’exception du premier article ( Bibliothèque sacrée ), tous les autres ouvrages énumérés ici sont des livres liturgiques. Je dois faire observer en outre que le Livre cosmique, du comte ou du compagnon ( Cosmicum , Gomicum, Comitis ) ne contenait parfois que les leçons tirées des Prophètes ou des Épîtres. Les évangiles récités aux messes de l’année formaient alors un volume à part.