‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 302 sur 335 · Mon. Sil., Chron., Il, 19, 20, iv · texte numérisé non relu

Mon. Sil., Chron., Il, 19, 20, iv

8. Cl. Berganza, Antigitedudes, I, p. 36, et 213, n. 93,20 et 42, n. 1 13, 114.

MÉLANGES ^ARCHÉOLOGIE

Codex Emilianensis, recueil à peu près identique quant à la composition, l’exécution et l’ornementation au manuscrit d’Albelda précédemment décrit1. Le moine Velasco et son disciple Sisebut mirent seize années entières à l’exécuter sous la haute direction de l’évêque Sisebut (a. 976-992) 2 ; le commentaire de saint Beatus de Liebana sur l’Apocalypse en double exemplaire, dont l’un du xe siècle, et l’autre aurait été copié, s’il fallait en croire une inscription d’authenticité plus que douteuse, pour le monastère de San Millan, sous Benoît son neuvième abbé, en l’année 670 3 ; deux Glossaires latins composés dans le cours du x° siècle par des religieux du même monastère, à l’usage vraisemblablement des élèves qui en fréquentaient les écoles4; les Actes des conciles deNicée et d’Ancyre avec le livre des Sentences de saint Grégoire par Taion de Sarag’osse5; des commentaires sur les Evangiles et les Épîtres de saint Paul en un seul volume, un commentaire sur les livres de Josué et de Judith6, un magnifique Sanctoral sur vélin, de la fin du xiic siècle7, et un Missel qu’Eg’uren croit écrit au vif, vu le style archaïque de la belle miniature placée en tête du canon delà messe8. Elle représente Notre-Seigneur attaché par quatre clous à l’instrument de son supplice; des liras de la croix pendent les lettres symboliques A et CO , comme dans le double signochristum du manuscrit du British Muséum reproduit ici même9. Deux médaillons les surmontent renfermant lafiguire en buste du soleil et de la lune sous les traits d’Apollon et de Diane, costumés l’un et l’autre à la façon des Gotlis romanisés de Wamba ou d’Ervig’e; Marie et le disciple bien-aimé sont debout au pied de la croix. Les Etymologies de saint Isidore faisaient aussi partie de la même bibliothèque, dès le milieu du x° siècle, et s’y trouvaient encore quand Berganza la visita aux premières années du xvnf10.

A côté de San Millan, il îfest que juste de mentionner ici le célèbre monastère de Cardena, si cher aux deux grands héros castillans, Fernand Gonzalez et le Gid. De sa bibliothèque, si considérable autrefois, il ne restait plus au commencement du siècle dernier, lorsque Berganza écrivait l’histoire de cette abbaye, dans ses Antiquités de Castille, que de rares épaves échouées dans les archives, et dont fa vue attristait le bon et savant religieux, en lui rappelant les splendeurs et les richesses d’un passé évanoui sans retour11. Parmi les anciens manuscrits existant encore de son temps, ou ayant existé autrefois à Cardena, Berganza cite le Geronticon, recueil des règles monastiques des anciens Pères (saint Pacôme, saint Macaire, saint Basile, les collations ou conférences de Cassien)12; la lettre de Taion de

1. Ce recueil paraît avoir été primitivement compilé dans les Asturies, au plus tard vers les dernières années du ixe siècle, ou les premières du siècle suivant (890-920). Les reproductions s’en multiplièrent rapidement, puisque, en la même année, 976, les couvents d’Albelda et de San Millan en possédaient chacun un exemplaire sur lequel les écrivains de leur scriptorium respectif exécutaient la copie que nous possédons encore.

2. Eguren (pp. 72 et 73) donne de ce manuscrit une description détaillée à laquelle je renvoie le lecteur.

3. À la p. 58 du manuscrit on lit : « Tempore Benedicti abbatis VI1II Sancti Emiliani, scriptum per Albinum monachum ejusdem, in Era DCCVIII. » Voir, sur la valeur de cette inscription, Florez, Præf. in S. Beati Lieban. Comment., n. 78, 79; et Eguren, p. 50.

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