‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 34 sur 335 · Article de la Revue, p · texte numérisé non relu

Article de la Revue, p

7. August., De Genes. ad litt. 11, 3. « Quoquo modo autem et qualeslibet aquæ ibi sint, esse eas minime dubitem us ; major est quippe scripturæ liujus auctoritas, quam omnis humani ingenii capacitas. » Ou sc rappellera que ces

LE CHRISTIANISME A-T-IL NUI AUX SCIENCES

i quelqu’un doutait encore clu véritable sens de ce passage, il s’en convaincra par d’autres phrases du même docteur dont je choisirai exprès les témoignages préférablement à d’autres; pour faire mieux voir ce qu’était l’inflexibilité de celui que nous cite M. Letronne comme le plus intraitable des Pères sur le sens verbal.

« Imaginer, dit M. Letronne, que Moïse a pu n’être point inspiré en « tout ce qu’il a écrit; distinguer, comme l’ont fait quelques moder- « nés, ce qui est de foi et ce qui est de science, c’est là ce qui ne vint « pas et ne pouvait venir dans la pensée des Pères... » Les Saints Pères, dans le fait, ne paraissent pas avoir imaginé que Moïse ne fût point inspiré en tout ce qu’il a écrit ; mais distinguer dans l’Ecriture sainte ce qui est de foi et ce qui est de science, ils l’ont fait, ainsi qu’on peut s’en convaincre dans saint Augustin dont voici le langage : « Dieu, en parlant aux hommes, proportionne « ses paroles à leur intelligence *. » — « Disons en deux mots, pour ce qui est de la confi- « guration du ciel, que les auteurs sacrés, tout en la connaissant fort bien, inspirés qu’ils « étaient par l’esprit de Dieu, n’ont point voulu enseig’ner aux hommes ce qui ne pouvait « procurer en rien leur salut2. » C’était s’exprimer, non-seulement comme Tycho-Brabé 3, mais comme Keppler lui-même4. Cette idée, au fond, n’est pas une merveille parmi les anciens docteurs. Saint Aug’ustin dit encore 5 : « Il n’est point écrit dans l’Evangile : Je vous « envoie l’Espril-Saint pour vous enseig’ner le cours des astres ; c’était des chrétiens qu’il « s’agissait de faire, et non des cosmologistes. »

oici qui est encore plus formel, ce me semble, et c’est toujours saint Aug’ustin. Qu’on dise s’il faisait abstraction de la science même profane, même païenne, pour l’interprétation de l’Ecriture, lorsqu’il blâme si hautement ceux qui prétendent trouver ms les livres saints un sens certain (comme celui de M. Letronne) conaire aux démonstrations scientifiques, précisément en fait de cosmorapbie et de connaissances physiques6. « Souvent des hommes non chrétiens doivent à l’expérience et à des études solides la connais- « sance incontestable des faits physiques ; et c’est chose déplorable, qu’entendant là-des-

eaux supérieures avaient donné lieu à des hypothèses bien distantes les unes des autres, depuis les nuages et les couches d’eau, jusqu’aux anges.

1. August., in Genes., 1, 39 : « More humano in scripturis Deus ad homines loquitur. »

2. August. De Genes. ad lût., Il, 9. « Breviter dicendum « est de figura cæli, hoc scisse auctores nostros quod veri- « tas habet; sed Spiritum Dei qui per ipsos loquebatur, no- « luisse ista docere homines, nullius saluti profutura. »

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