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Gassendi, huit ans après le décret de l'inquisition ro

LE CHRISTIANISME A-T-IL NUI AUX SCIENCES

Mais enfin, que répondre aux quelques textes des véritables Saints Pères qui demeureraient intacts dans l’article de la Revue? Nous répondrons que, s’il en reste, nous les admettons sans chercher à les vérifier trop minutieusement ; que nous les recueillons même soigneusement, comme un témoignage de l’esprit qui a guidé ces grands maîtres et qui doit nous guider après eux. Voici en quoi : c’est qu’ils nous apprennent que l’élément de liberté représenté par un grand nombre des premiers Docteurs1, n’a jamais été poussé jusqu’à se jouer du texte sacré. Toujours a prévalu l’élément principal, celui de la foi et de la soumission profonde à la parole divine qui ne saurait errer. Respect que plusieurs ont pu porter jusqu’à l’excès, en croyant pouvoir construire la science de la matière, la science de curiosité, sur ce qui était destiné à fonder la science intellectuelle et morale par excellence, la science du devoir ; mais respect dont nous prions Dieu de nous faire les héritiers, en nous rappelant que la condescendance pour l’aveuglement de cœur où vivent bien des hommes à esprit éclairé, ne doit jamais aller jusqu’à nous faire souscrire aucune altération, aucune modification , aucune composition dans le texte inspiré. Souvenons-nous que tout ce qui ressemble à de tels accommodements ne doit être entrepris qu’aux risques et périls de celui qui prête à ces éclaircissements; sans qu’il puisse rien en résulter contre la Genèse elle-même que nul n’a droit de livrer au bras séculier2. Engageons d’abord les

maine que nous rappelle M. Letronne, désigne la doctrine des inquisiteurs comme une opinion ( placitum ) tout uniment; et ajoute en propres termes, bien qu’en professant son respect pour ce qu’elle exprime, qu’il ne la tient nullement pour article de foi, n’ayant pas oui dire qu’on ait jamais prétendu la qualifier ainsi dans l'Église ( Epist . ad Petr. Put., apud Riccioli: Almagest, lib. IX, sect. 4, cap. 38). Quoi qu’il en soit pourtant de Galilée, puisqu’on le faisait apparaître ici, on ne devait pas franchir si rapidement l’espace qui le séparait des Pères et du moyen âge; il ne fallait pas dissimuler, ou bien il aurait été opportun de savoir que Copernic était. chanoine, qu’il avait dédié sou ouvrage au pape Paul 111, et l’avait, publié surtout d’après les instances du cardinal de Schonberg et de l’archevêque de Culin; que ses doctrines trouvèrent des partisans parmi les théologiens (par exemple Didacus Stunica, Foscarini; et Claviusmème, quoique à mots un peu couverts), aussi bien que des adversaires parmi les savants; enfin, que l’inquisition elle-même, qui s’effraya plus tard du ton trop affirmatif de Galilée (voulant tirer la Bible à lui), n’avait marqué pour l’ouvrage de Copernic que des suppressions extrêmement légères, auxquelles on ne se fût assurément pas borné si on l'eût considéré comme doctrine vraiment théologique.

Cf. Journal des savants, 1864, p. 87, sv.; p. 89 et 90. — Sur Galilée, on peut consulter les travaux de MM. Iîiot et Th.- II. Martin à ce sujet. Ils ne s’y montrent pas disposés à prendre en douceur tous les actes de l’inquisition romaine dans cette cause, mais ne dissimulent pas non plus les torts de Galilée.

Disons en outre que pour la destruction de l'Académie del Cimenta poursuivie avec animosité par la cour de Rome (Letronne, ibid., p. 632), c’est à quoi il a été répondu trèssuffisamment dans les Annales de philosophie chrétienne , t. X (1833), p. 17-37.

I. On sait, ou l’on doit savoir, que nul Père ne représente a lui seul la doctrine de l'Église; c’est leur nombre et leur accord qui vaut quelque chose; et à moins d'une valeur tout à fait exceptionnelle chez l’un ou l'autre, nous

gardons notre liberté (sauf respect) avec chacun d’entre eux.

2. Sans vouloir, ni relever toutes les inexactitudes de M. Letronne, ni préjuger sur les résultats de la science qui n’est pas faite encore, ni adopter exclusivement aucune interprétation du premier chapitre de la Genèse, je ne puis m’empêcher de signaler l'intrépidité d'assertion avec laquelle l’article de la Revue se prononce sur la manière d’entendre les jours de la création. « Ce n’est vraiment, nous « dit-il, qu’en changeant le sens naturel des mots, en hou- « leversant la suite des idées, que les géologues bibliques, » depuis Burnet et Whiston jusqu’à Kirwan et Deluc ont pu « réussir à faire accorder la Genèse avec leurs idées. Telle « est. par exemple leur explication du mot jour dans le récit « de la création. Selon eux, ce n'est pas un espace de vingt- « quatre heures, c’est un intervalle de temps indéterminé... « Mais c’est acheter bien cher l'avantage de faire de Moïse « un géologue, car cette fameuse interprétation, contraire « à l’ensemble du texte, le rend complètement inintelligi- « ble... Elle ne donne à Moïse l'apparence du savoir géolo- « gique, qu’en lui ôtant jusqu’à l’ombre du sens commun << (sic). Ce récit demeure véritablement inexplicable lors- « qu’on part du point de vue scientifique; etc. », p. 604.

Burnet et. Whiston n’avaient que faire avec les Pères de l'Église, et ne sont, point considérés du tout comme interprètes orthodoxes. Aussi leur apparition ne saurait-elle s’expliquer que par l'idée qui perçait vingt fois dans cet article, celle d’opposer à l’Écriture sainte une fin de non recevoir dans toute question scientifique. Mais puisqu’il s'agit de la cosmographie des Pères, et par incidence de leur cosmogonie, les études faites par M. Letronne sur cette partie auraient dû lui faire découvrir que cette liberté d'interprétation remonte plus haut que Burnet et Whiston. Car il pouvait bien l’apercevoir dans saint Athana.se (or. conte. Arianos, 11, 60), dans Photius ( Biblioth ., c. 222, § 36), dans saint Augustin (De civit. Dei, XI, 30. — Imper f. de Genesi, 7, 9. — De Gènes, ad litt. , IV, 22, etc..), dans Procope de Gaza ( inGenes .), etc. Comme aussi dans Philon(de mundi opificio ,

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