Pages xix-xxii. Cf. p. Ci, xvj, etc
2. En écrivant ceci, je n'avais prévu ni l'éloignement du terme où pareille promesse pouvait conduire, ni les circonstances qui devaient interrompre mon travail et lui substituer d’autres tâches. Aujourd’hui je le laisserai encore suspendu, le reproduisant à peu près tel qu’il demeura sur la tin de 1839, sauf maintes intercalations.
3. Cette lettre initiale provient encore du manuscrit poitevin sur sainte Radegonde (ci-dessus, p. 34), et je la dois à M. de Longuemar. J’y suppose de nouveau qu’on voudra bien n’y tenir compte que du P capital.
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
qu’ils sont par d’ irréfragables témoignages1. — Sans nier ni prétendre infirmer l’autorité de ces témoignages, je me permettrai de nier les faits qu’on y veut trouver; et recule si peu devant les auteurs invoqués en cet endroit particulièrement, que je me propose bien de puiser la réfutation aux mêmes sources. Disons un mot d’abord sur le soin qu’on prit dans l’Église, dès l’origine, pour former des bibliothèques.
Les plus anciens monuments de l’histoire ecclésiastique 2 parlent déjà de bibliothèques et, de livres d'étude réunis aux ég’lises. Ces collections renfermaient d’abord, nécessairement les écrits ecclésiastiques et liturgiques : tels que matricules, actes des martyrs , diptyques\, lectionnaires, etc. Puis les textes et versions de X Ecriture sainte, les constitutions ecclésiastiques, homélies, catéchèses, etc. Eusèbe et saint Jérôme, qui avaient consulté entre autres les bibliothèques de Jérusalem et de Césarée, nous apprennent qu’il y en avait de fort importantes. Ces témoignages, qui ne remontent guère plus haut que le me siècle, se multiplient à mesure que la paix accordée aux fidèles permit à l’Église de remplir librement sa mission. A Rome, à Constantinople, à Alexandrie, des bâtiments considérables près des basiliques furent consacrés à cet usage; celle de Sainte-Sophie à Constantinople, fondée par Constantin, et augmentée de beaucoup par Théodose le jeune, renfermait quelque cent mille volumes qui furent brûlés dans une sédition3. A Rome, saint Grégoire, consulté par Eulogius, évêque d’Alexandrie4, répond que l’ouvrage demandé par lui ne se trouvait ni dans les archives de l’Église romaine (bibliothèque de Latran), ni dans les autres collections de la ville. L’Eglise de Latran avait une bibliothèque double, fondée au vc siècle, par le pape Hilaire 5, et il était assez ordinaire que les ég’lises eussent deux bibliothèques6 : l’une intérieure consacrée aux livres ecclésiastiques ou ascétiques, et aux archives; l’autre extérieure, où se plaçaient les ouvrages d’études profanes et de philosophie. Je ne saurais m’expliquer que par cette distinction de bibliothèques sacrées et profanes, comment un homme aussi habile que M. Libri peut avoir cru que les catalogues des bibliothèques du moyen àg’e annonçassent des collections presque exclusivement ascétiques. Accordons-lui cela pour excuse quelconque.