‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 6 sur 335 · I Reg. II, 3. — Ps. XCIII · texte numérisé non relu

I Reg. II, 3. — Ps. XCIII

6. Quelqu’un veut-il, par manière de distraction, savoir à qui l’on pourra, dans une nouvelle édition de Dutems ( Orùjine des découvertes attribuées aux modernes ), faire honneur de la théorie des soulèvements? Je lui propose Rupert, un abbé du xiic siècle (in Genes., I, 34, etc.) ou au moins Cornélius Vandensteen, célèbre commentateur de la Bible au xvn° siècle. « Tertio mundi die fecit Deus ter- « ram partim subsidere, partim assurgere; unde facti sunt « montes et valles. » Or ils* avaient vu, ou cru voir cela dans la Genèse et dans les Psaumes. Ps. cm. — Gen. I.

à des sciences d’un jour, à des connaissances qui ne sont que des hypothèses, lorsqu’elles ne sont pas des assertions plus ou moins gratuites.

on intention n’est pas du tout de nier que la cosmologue (y compris la g'éolog'ie) ait reçu aucun avancement depuis les Saints Pères jusqu’à Newton et Laplace, ou même depuis G. Cuvier jusqu’à nos jours. Mais avouons tous avec l’Ecriture sainte (Eccl. I, 18) que les plus beaux progrès des sciences les plus positives se résolvent souvent en problèmes bien autrement compliqués et matière nouvelle de modestie pour les théoriciens hâtifs : « Qui addit scientiam, addit et lahorem. » Ce que maintes g'ens ont de plus pressé, c’est toujours de conclure victorieusement contre l’Egdise. D’autre part, certains apologistes non moins précipités voudraient former à la Genèse une couronne de victoire définitive, avec la dernière venue des hypothèses ou découvertes qui semblent prendre pied dans le monde scientifique. N’est-ce pas zèle intempérant chez nos amis, aussi bien que chez nos adversaires; comme s’il était bien dur de suspendre son jugement au sujet de l’ensemble, jusqu’à plus ample informé sur les détails qui sont la vraie base d’un prononcé valable? Chacun (croyants et incroyants) me paraît envieux du miracle de Josué(Jos. X, 12-14); on dirait que la science doit se fermer ou s’arrêter avant notre mort, et sur nos ordres à jour dit, afin que nous ayons l’honneur d’avoir fixé l’opinion universelle. Ce n’est là nullement ce qu’enseigmait l’Ecclésiaste (III, 11) disant : « Mundum tradidit disputationi eorum. » Discutez donc tout à votre aise, soit; mais sur des données solides, et ne dogmatisez qu’à hon escient. Tout fait acquis véritablement (c’est-à-dire bien établi) mérite sa place dans les archives de l’histoire du monde, sans entraîner pour cela nécessairement à remaniement total de ce qui avait été constaté avant nous. Ces acquisitions doivent d’abord être convertibles en solutions ou lois déduites avec certitude; sinon, qu’elles s’emmag*asinent paisiblement pour l’avenir afin de valoir en leur temps ce qu’il appartiendra. Sachons donc que les pas de g’éant ou les bottes de sept lieues ne sont pas donnés au premier venu, ni même toujours à un siècle entier; ainsi soyons modestes, quel que soit notre apport. Ne hasardons pas de systèmes qui pourraient bien ne durer qu’un jour, et nous ridiculiser le surlendemain. Tout bon observateur doit comprendre qu’il n’est pas seul privilégié au département des explorations décisives ou des résultats généraux. Patience et longueur de temps n’y g-âtent rien, au contraire; quoique mainte personne se dise encore sur la trace de Cicéron, qui avait la bonhomie de l’écrire (mais en lettre privée) : « Vivi etiam gioriola noslra fruamur. »

Item, en questions analogmes, les paléontologistes, avant de g-uerroyer la théologie, ne feraient-ils pas bien de s’accorder d’abord entre eux sur les subdivisions (tous les jours croissantes) des terrains à vestiges organiques, sur le cantonnement des espèces, la continuité des séries, les modifications lentes ou brusques des terrains stratifiés, et les déplacements considérables de température locale, etc.? Or on y avait tracé de bonne heure, et, fort a l’aise, quelques étagées qui passaient pour définitifs sur la théorie du passé ou les spéculations de l’avenir; mais qu’il a fallu remanier ensuite (éocène, miocène, pliocène, etc.).

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Non pas, encore une fois, que je prétende glorifier tous les théolog'iens (ou apologistes se donnant pour tels) qui ont bien voulu entrer en lice pour ce tournoi ;

« Iliacos intra muros peccatur et extra. »

Nous avons à maintenir entière une question supérieure où tout amour-propre personnel fait triste figure, de part et d’autre, en affaires de portée si haute que l’égoïsme doit toujours s’y effacer devant le vrai encore plus qu’ailleurs.

Laissons donc les véritables observateurs (c’est-à-dire les hommes compétents et patients) débrouiller le chaos des faits découverts ou à découvrir, sans empressement indiscret. Puis, ce travail achevé (Dieu sait quand), des g'ens moins empressés que ceux d’aujourd’hui, et avec inductions vraiment légitimes, auront sur quoi élever leurs constructions durables. Jusque-là nous avons matière à discussions sans fin. Il est plus d’une science encore où cette théorie serait de mise; les géolog’ues hâtés ne doivent pas la prendre pour eux seuls, mais peuvent en profiter lorsque leur viendra la démangeaison de mettre flamber ge au vent.

Si notre siècle somme l’Eglise de respecter les connaissances qu’il tient pour acquises définitivement, la théologie demande aussi aux savants de ne pas exagérer les conséquences des faits qui seraient leur conquête bien avérée. Sur' semblable entente, on s’accorderait sans grand’ peine; et peut-il être affirmé, de bonne foi, que l’Eglise (par des orgxmes sérieux) se soit montrée intraitable depuis cinquante ans? Mais les sciences naturelles, après avoir proclamé plus d’une fois qu’on ne leur donnait point place suffisante au soleil, prennent çà et là des airs un peu trop vainqueurs. Nous voyons éclore chaque jour en ce genre nombre de questions plus tranchées que bien déterminées; ce qui n’est pourtant pas un procédé vraiment scientifique. On a donc de part et d’autre à se faire quelques excuses au cas où plusieurs d’entre nous auraient traité cavalièrement la Géolog’ie et la Paléontologie. Le progrès sérieux demande moins de précipitation, et l’on voit rarement une découverte bien établie par le premier homme habile qui en avait signalé ou soupçonné la base.

ependant, au cas où il serait vrai qu’aujourd’hui même le sens littéral des premiers chapitres de la Genèse pût bien n’être pas assigmable encore, comment se ferait-il que les Saints Pères eussent précisé ce sens? C’est ce dont il s’ag’it réellement, je crois, et ce que nous allons voir.

Y a-t-il une doctrine cosmologique commune, sinon à la totalité, du moins à la généralité des Saints Pères? On doit voir que cette question revient tout à fait à celte autre : y a-t-il une interprétation de la cosmologue biblique qui ait reçu la sanction d’orthodoxie? par décision ou par consentement commun, n’importe. Car on imagine aisément que les Pères de l’Eglise tenaient à l’orthodoxie et à l’Ecriture sainte avant tout.

M. Letronne répond à celte question affirmativement, et moi négativement. Reste à peser les preuves : voici les miennes. Et comme tous ne peuvent pas avoir entre les mains

LE CHRISTIANISME A-T-IL NUI AUX SCIENCES

la Revue des Deux-Mondes, j en citerai souvent les expressions, afin qu’on pèse le pour et le contre.

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