‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 70 sur 335 · AA. SS. O.S.B., I. I, p · texte numérisé non relu

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BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE

Gerbert (xe siècle) recommande, sous peine de perdre ses bonnes gTàces que l’on s’applique à la correction du texte de Pline. Pline, en effet, exige de ses correcteurs une critique et une variété de connaissances qu’aujourd’hui encore il n’est pas aisé de rencontrer. On en cite une autre recension normande faite au xne siècle par Robert, abbé de Thorigny1 2. Saint Anselme (xi° siècle), écrivant à Gantorbéry, où plusieurs de ses religieux avaient été appelés par Lanfranc, alors archevêque de cette ville, demande 3 pour son abbaye du Bec plusieurs livres d'Angleterre ; et recommande qu’on fasse choix des exemplaires les plus corrects, afin qu’ils puissent être employés avec assurance à collationner ceux qui se trouvaient en Normandie. La révision du texte de l’Ecriture sainte par Lanfranc est assez connue des hommes instruits, pour qu’il suffise de la rappeler ici4. Mais n’ayons pas l’air de donner à croire que c’ait été son unique travail en ce g’enre. A Saint- Martin de Séez on conservait un exemplaire des Conférences de Cassien où Lanfranc avait écrit à la fin de la dixième : « Hue usque ego Lanfrancus correxi. »

Un manuscrit de Saint-Mesmin, exécuté vers le ixe siècle, portait à la première pag’e ce certificat de légitimité pour son texte : « Liber... relectus a Petro abbate5. »

liez les chartreux, la rectification des passages défectueux n’était point déférée à celui qui croyait les avoir suffisamment constatés; le chapitre de la maison devait intervenir pour décider s’il y avait lieu à procéder aux changements proposés6. Sur la collation presque minutieuse que prescrivait la règle des chartreux , et sur d’autres travaux de même espèce dans l’ordre de Gîteaux , on peut consulter Y Histoire littéraire de la France (t. IX, p. 1 19-124). La réputation du monastère de Saint-Martin à Tournai, en ce g’enre, est attestée par une pièce insérée dans le Spicilége de d’Achery 7.

M. L. Delisle [le Cabinet des mss. de la Bibliothèque nationale) cite plusieurs recensions de manuscrits où il a relevé les noms des réviseurs. Qu’il suffise de citer le moine Dodon du ixc siècle, à Saint-Maur-des-Fossés. Cf. Ibid., t. II, p. 74.

Les directeurs et conservateurs des bibliothèques sont désignés souvent par des expressions diverses qu’il est bon d’exposer, pour rendre plus intelligibles les passages qui

1. Gerbert, ep. 7. » Plinius emendetur... fac quod oramus, ut faciamus quodoras. »

2. D’après un manuscrit qu'avait vu d’Achery. Cf. Guiberti opéra , p. 716.

3. Anselm., ep. lib.I, 43; ap. Ceillier, t. XXI, c. xvr, art. 2.

4. Cf. D’Achery, Not. ad vitam B. Lanfranci , p. 41. — Roger de Wendover, Chronica, t. Il, p. 36. — Ziegelbauer, Hist. lût. O. S. II t. Il, p, 322.

o. N. Tr. de diplomatique, t. III, p. 103.

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