Tabaraud, Biogr. wniv., art. S. Bruno. Cf. Ileeren
op. c., 1. Il, 23. — Histoire littéraire de la France, t. VII.
p. Il, 12. Voilà, ajoute Tabaraud (Le.), comment le travail des chartreux en ce genre a contribué à conserver la pureté du texte de la Bible et des Pères, et comment les bibliothèques de cet ordre ont fourni un grand nombre de manuscrits précieux aux nouveaux éditeurs de ces sortes d’ouvrages. Leur maison de Cologne, surtout, donna au xvi° siècle des travaux importants qui n’eussent pu être exécutés sans une bibliothèque fort remarquable; et pareille collection ne se forme pas en quelques années.
7. Spicil., éd. in-4°, t. XII, p. 443. Cf- Lebeuf, Dissertations surl’hist. de Paris, t. Il, p. 139.
MÉLANGES d’aRCHÉOLOGIE.
se présenteront à nous dans la suite. Le nom d 'antiquarius , encore conservé par les marchands de livres anciens en Allemagne ( Antiqvar ), date de plus haut que le moyen âg-e, puisque les bibliothécaires et les copistes sont indiqués par ce titre dans les lois des empereurs1 et dans Juvénal. Il n’est pas besoin de s’étendre sur les mots bibliothecarius , chartigraphus , chartularius , notarius, chartopliylax, scriniarius, et scrinarius, ou sacriscrinius2, etc. Mais ceux-ci: sceuophylax et scevophylax, ou vasorum custos, custos sacrarii (ou encore custos tout simplement). scicrista, armarius, secretarius, cimeliarcha et cimiliarcha, etc., qui semblent indiquer plutôt un sacristain ou trésorier de l’égdise, ne s’expliquent que par les faits indiqués précédemment dans les lois de Justinien3, et par l’importance naturellement donnée à la partie ecclésiastique4 de la bibliothèque, chez les clercs réunis en communautés. Ainsi la meme personne était le plus souvent chargée des trésors de Légalise, et des livres; et une particularité semblable, c’est que le chantre réunissait communément aux fonctions naturelles de son office celles de bibliothécaire : en sorte que le préfet d'église, pour ainsi dire, et le préfet de bibliothèque étaient, la plupart du temps, désignés par un seul et même titre, celui à' armarius 5.
Ce cumul de chargées sous une même dénomination paraîtra bien plus embarrassant peutêtre, quand on trouvera l’office de cellérier adjoint à celui de bibliothécaire, ou en contact avec lui. La règ’le de Tarnade (ou Tarnante), c’est-à-dire de l’abbaye de Saint-Maurice d’Agmme, fournit un exemple de cette singularité (vie siècle). « Qui cellario vel codicibus « præponuntur, siue murmuratione serviant fratribus. Codices qui extra horam petierint, « non accipiant ; et qui apud se habuerint, amplius quam constitutum est retinere non au- « deant6. » Cette association, bizarre en apparence, d’attributions assez diverses, venait de ce que l’approvisionnement de la bibliothèque pour le matériel (parchemin, plumes, reliures, etc.) appartenait naturellement à celui qui avait au dehors le soin des autres achats communs7; d’où naissait parfois une sorte de conflit entre les prétentions des officiers divers de la communauté ainsi mis en contact. Nous en retrouvons une trace six siècles plus tard, dans un règlement de Robert, abbé de Vendôme8 : « In hoc Vindocinensi cœnobio hactenus
1. Cod. Theodosian., lib. xiv. Lit. 9; et Gothofred., Commentai'. ad. h. 1. Le marquis Scipion Maffei (. Præf . ad opp. S. Ililarii, Veronæ, 1730) restreint beaucoup le sens du mot antiquarius. Si l’on veut connaître avec quelque détail le mobilier d’un copiste à ces époques, on peut consulter d’Agincourt, Peinture, planches, xlvii, 7; xlix, 1; lxxxi, 1; cvi, 3. CL Petzholdt, Anzeiger der Bibliothekwissenschaft, 1845, p. xv-xxviij. — Serapeum, 1843; p. 17. svv.
Je trouve indiquée, dans un sacramentaire de Corbie, une bénédiction pour le Scriptorium et ses laborieux habitants.
2. Sur plusieurs de ces titres du bibliothécaire, voyez : Nardi, Del parrochi (Pesaro, 1830, 2 vol. in-4°), t. II, cap. 28; ouvrage digne d’être plus connu, et qui renferme d’importants détails sur les matières d’érudition ecclésiastique. — Thomassin, Ecclesiæ disciplina, t. I, 1. II, c. 103-106. — Blume, Iter Italicum (Einleitung). Scriniarius, lorsqu’il y avait lieu de distinguer, désignait spécialement le conservateur des livres ecclésiastiques. Cf. Isidor., Origin., xx, 9. Voyez encore Sohœttgen, Historia librariorum et bibliopolarum, cap. 4; il fait remarquer que le nom de bibliopola a été donné parfois à des bibliothécaires et à des copistes non gagés.