‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 72 sur 335 · Voir p. 49 et 59, supra; et Wiirdlwein, Nova subsidia · texte numérisé non relu

Voir p. 49 et 59, supra; et Wiirdlwein, Nova subsidia

diplomat., t. I p. 212, sq. Du reste nous aurons à revenir

sur ce point dans notre seconde partie.

5. Si j'avais le temps de mettre en ordre un mémoire déjà grossoyé sur le chant et les chantres au moyen âge, je pourrais m’étendre davantage à ce sujet. Ici , c’est déjà beaucoup de détails pour un fait purement accessoire, dans un travail où tout autre chose réclame notre attention.

6. Regul. Tarnatens., cap. 22; ap. Lecointe, Annales ecclesiastici Francorum. A. 536, n° 221. J’ai rapporté le passage en son entier pour qu’on n’y soupçonnât point de malentendu, et que l'on y reconnût bien la charge du bibliothécaire.

7. Régula reform. monast. mellic. (ap. Du Cange, V. scripturale) : « Item ipse ( vestiarius ) chartas, scripturalia, « pennas,... et cetera hujus modi habeat. » A Fulde, au xn° siècle, sous l’abbé Marquard, Éberhard rédige le cartulaire « Dudone cellerario membranas subministrante »; et ce même cellérier est désigné comme ayant transcrit un missel, un lectionaire et un évangéliaire : livres qui n’étaient confiés ordinairement qu’à des antiquaires d’élite. Cf. Ziegelbauer, t. I, p. 486.

8. Roberti abbatis vindocinensis decretum pro bibliotheca (A. 1156), ap. Martène, Thésaurus anecdoct., t. I, col. 445.

Le cellérier, étant mis chaque jour en communication avec le dehors par ses fonctions habituelles, avait seul toutes les facilités nécessaires pour procurer l’agrandissement de la bibliothèque. Aussi, dans les monastères de

BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE

« fuit consuetudo quocl quando aliquem libroruin ligari oportebat, cellerarius et camera- « ri us 1 expensas tribuebant ; secl quia inter eos contentio oriebatur quantum quisque præ- « bere deberet, librorum orclo negligebatur; nec novi fîebant, nec ut decebat veteres corri- « g*ebantur. »

Le bibliothécaire ou armarias, car c’était son titre le plus ordinaire, avait sous lui les copistes ou écrivains, appelés assez communément antiquarii, mais que l’on trouve désignés aussi par le nom de cancellarii, scribæ, chariularii, librarii, notarii, archæographi , bibliatores, etc.; titres ordinairement affectés aces écrivains en sous-ordre. Hors des communautés, ces dénominations changeaient. Les écrivains, secrétaires, copistes des princes, sont souvent nommés graphiarii, scribones, scribantes, scrituarii, etc.] mais surtout capellani , soit à cause de l’idée de clergie généralement attachée alors à celle d’homme lettré, soit parce qu’ils étaient chargés principalement des livres liturgiques 2, comme tâche de premier ordre.

au chef des antiquarii, le bibliothécaire proprement dit , on conçoit aisément que ce devait être un homme de choix ; il était à la fois secrétaire principal ou archiviste, et historiographe. A la cour des rois, surtout chez les Carlovingâens , le chancelier ( archicancellarius ou archicapellanus ) et le bibliothécaire étaient souvent un même personnage3. Le bibliothécaire de Charlemagne, Gerward avait en même temps l’intendance des bâtiments de l’empereur4 et la charge des constructions de la cour. La richesse et la beauté d’une foule de manuscrits doit nous faire comprendre que l’on en remit le soin principal à des artistes. Nous en reverrons des exemples encore, mais, bien que ce fait mérite, ce semble, d’être signalé à ceux qui s’occupent de recherches sur l’histoire de l’art, je n’ajouterai à mon indication qu’un seul trait. La chronique de Saint- Hubert des Ardennes 5 cite, parmi les moines

Saint Pacôme, c’était l’économe qui avait aussi le soin des livres; mais il est probable que sa comptabilité n'était pas très-absorbante. Cf. Mabillon, Études monastiques , ne Parlie, c. xxi ; et irC Partie c. ii. — Item, AA. SS. O. S. B, sæcul. v, p. 393, sq.

I . Caméra , selon Onofrio Panvini ( Interpretatio vocum ecclesiasticarum), paraît avoir désigné le trésor de l'Église ou la sacristie : camerarius correspond donc ici à armarius. Par extension, ce titre devint synonyme de nrcarius , thesaurarius, syndicus, dispensator, œconomus (parfois yconomus ); cf. Nardi, l. c. C’est peut-être cette dernière acception qui aura donné lieu à l'expression caméralistique, employée par les Allemands pour désigner l’ensemble des connaissances nécessaires dans l'administration des finances.

A Rome, il semble que le primicerius fut jadis à peu près ce qu’est actuellement le Billiotecario di S. Chiesa. Cf. Cenni, apud Zaccar., Raccolta, t. XIV; Diss. ni. (p. 67-94).

2. Voyez les statuts de Jayme n, dans les Acta sanctorum, jun. m, p. xlviii, A.

3. Cf. Klemm, op. c. — Goldast, Renan alamannicarwn scriptores, 1. 1. Gloss, ad Ekkehardi, cap. — xi. Thomassin, /. c.

4. Cf. Duel îcsne, Histor. franeorum scriptor., t. Il, p. 651 . — Chancelier et Bibliothécaire n’auraient pas toujours été la même chose, si la liste donnée dans les Éléments de paléographie est bien exacte, ce que je n’ai pas le loisir de discuter; cette liste du moins montre suffisamment que les chanceliers étaient ordinairement des hommes d'église, très-souvent même évêques ou abbés. De même pour les notaires publics. Voir Masdeu, Historia critica de Espaha, xiii, p. 827. — Goldast, Alamann. B. Scriptt., t. II, P. ii, in principio. — N. Traité de diplomatique , t. II, p. 423 , 429, 435, etc.

5. Chronicon andagin. in Amplissim. Coll ., t. IV, col 923. D’autres exemples pareils se retrouveront çà et là.

iv. — 10

MÉLANGES D ARCHÉOLOGIE

distingués de cette abbaye durant le xie siècle, le précbantre 1 Foulk, également habile en architecture et pour l’enluminure des lettres capitales: « Fulconem præcentorem. . . , « in illuminationibus capitalium litterarum et incisionibus lignorum et lapidum peri- « tum2. »

Quoi qu’il en soit, la charge de bibliothécaire était une commission extrêmement honorable. Le célèbre historien Luitprand, évêque de Crémone, obligé de s’expatrier, avait été bibliothécaire à Fulde3 durant son exil; et l’on pourrait citer plus d’un autre homme illustre qui fut revêtu de ces mêmes fonctions4: tels que, à Constantinople, Georges Pisidès (vi° siècle), Nicéphore Grégoras (xiv° siècle), et bien d’autres dont les noms se représenteront plus tard. Je me serais étendu sur la considération attachée à cette charge, si je n’avais l’intention de traiter ce sujet dans une autre circonstance; je n’en dirai donc qu’un mot en ce moment. Le charlophylax ou basilicamis de l'Eglise de Constantinople 5 avait outre le dépôt des archives, etc., une juridiction ecclésiastique si étendue, qu’elle le faisait qualifier de bras droit du patriarche ; et à ces attributions répondaient certaines marques d honneur tout à fait spéciales : à lui appartenait, avec la nomination aux bénéfices séculiers et réguliers, l’examen de ceux qui se présentaient pour les ordres, etc. A Rome, le bibliothécaire du pape était d’ordinaire un cardinal-évêque6.

Dans les communautés ecclésiastiques, l’intendance des livres était souvent confiée au préfet des classes, si je puis m’exprimer ainsi7. La suite nous fera rencontrer plusieurs allusions à ces usages qu’il doit suffire d’avoir sigmalés une fois pour toutes.

1. Il n’est plus besoin de rappeler désormais la réunion à peu près constante de l’office de chantre avec celui de bibliothécaire. Dans les Chapitres, c'était le chantre aussi qui était écolàtre.

2. Je crois pouvoir traduire ce dernier éloge par : martre en constructions soit pour la charpente, soit pour la coupe des pierres , c’est-à-dire architecte; comme les Allemands disaient tailleurs de pierres ( steinmetz ), pour designer les Erwiu de Steinbach et les loçjes de Strasbourg, de Cologne devienne, de Zurich. Cf. Stieglitz, G esch. cl. Baukunst, 3e partie.— Gugliclmo délia Valle, Storia del duomo di Orvieto: Magister lapidum, magister ad lapides schidpendos, scalptor lapidum , archimagister logiæ etmuritii, etc. C’est ainsi que I histoire des sciences et celle des arts se trouvent liées dans ce sujet. Les miniatures si élégantes et si délicates des manuscrits n’étaient qu’une forme du talent de ces hommes si multiples, qu’on me passe cette expression : à la fois miniaturistes, et peintres à fresque, comme le dominicain Jean de Fiésole ; orfèvres , joailliers et facteurs d’orgues, comme S. Dunstan; modeleurs, fondeurs, architectes, etc., tout cela sans cesser d'être littérateurs, théologiens, écrivains, prédicateurs, administrateurs : comme Fulbert et saint Bernward d’Hildesheim , ou même hommes d’Etat, comme Suger. Cf. Fuessli, Dictionnaire des artistes. — Biographie universelle , art. Gui de Sienne, saint Godehard, Hugues de Montierender, Roger moine de Reims, etc. On ne lira pas les aperçus que renferment ces courtes notices, sans regretter que M. Émeric David ait abandonné en quelque sorte, après de tels essais, une carrière ou il en avait précédé tant d’autres qui sont, loin de l’avoir égalé depuis.

A vrai dire, comme le montre Théophile (. Diversarum artium schedula), un artiste du vieux temps ne se cantonnait pas dans ce qui s’appelle aujourd’hui spécialité ; il était

orfèvre, bijoutier, joaillier, musicien, peintre de fresques et de miniatures, architecte, etc. : le tout sans une certaine perfection de détails, mais avec une large compréhension de l'ensemble. On ne voit pas d'ailleurs que la culture de diverses aptitudes ait gâté le talent de Léonard de Vinci, de Raphaël même (dit-on) ou de Michel-Ange, etc.

A Bourges, en lotit, 1322, etc., Guillaume Dallida verrinier et pinctre est chargé à la fois de rhabiller les verrines et de faire les hystoires , vignettes et lettres d’or au livre de Yépistollier et de Yévangellier du grand autel (comptes de l’œuvre, extraits du baron de Girardot).

3. Klemm, op. c. — Ziegelbauer, H. L. O. S. B. t. I, p. 486, etc.

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