Petit-Hadel, op. c., p. 06 et 8t
Je tiens à dire l’abbc Petit-Hadel, d'abord pour qu'on ne le confonde pas avec ses frères, le médecin et l’architecte; puis afin de ne pas le laisser prendre pour un ex-prètre. Rentré en France après la terreur, il ne prit point de fonc-
tions habituelles dans le ministère ecclésiastique; mais remplaçait volontiers un de ses vieux amis, aumônier à l'hospice des ménages. Mer Borderies, qui ne se trompait guère en hommes, désira l’avoir pour grand-vicaire à Versailles; et Petit-Hadel (bibliothécaire de laMazarine) refusa, voulant maintenir à l’Institut la place d'un ecclésiastique demeuré fidèle aux lois de sa profession. Il jugeait que les précédents de nos anciennes académies royales ne devaient pas être abandonnés en ce point, sciences et clergé ne pouvant se séparer sans péril public selon lui. Le défaut de
loisir est désormais un grand obstacle aux études de notre
clergé; l’abbé Petit-Hadel voulait du moins tenir bon jus-
qu’à nouvel ordre, pour que l’on ne s’accoutumât pas à reléguer les prêtres dans la sacristie (comme disait le
Constitutionnel sous la restauration , et plus tard encore).
M. le chanoine J. -J. De Smet qui parlait en 1848 ( Bulletin de l’académie royale de Belgique, t. XV) de tant de soins pris par Gerbert pour chercher au loin des textes corrects, en déduit bien gratuitement que pareils ouvrages ne se pouvaient trouver en France. C’est à peu près comme si, de la correspondance d’un savant qui écrit à des libraires étrangers, on prétendait conclure que son pays ne lui offre aucune ressource en fait de livres. On s’adresse au h>in pour se procurer des renseignements qui ne courent pas les rues dans le voisinage, voilà tout. Un bibliophile de nos jours n’en fait pas d’aulres, il lui faut particulièrement ce que peu de gens partageront avec lui.