‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 98 sur 335 · Hist. littéraire du moyen âge, ch. 6, d’après Pancirole · texte numérisé non relu

Hist. littéraire du moyen âge, ch. 6, d’après Pancirole

« Quand j’accoucherai, ce sera, comme Sémélé, au milieu

<( des flammes et du tonnerre. » Autant vaudrait conclure d’un pareil document l’existence de l’artillerie en Europe, au xie siècle. 11 ne manquait plus que de citer l’autorité de Gesner (Hist. litt. de la-France, t. VIII, p. 191) qui attribue à Guillaume un traité sur le jour du jugement; traduisant probablement le nom du terrible terrier ou cadastre de Guillaume, que le désespoir des Anglais qualilia de Livre du jugement dernier (Dooms-day-book).

A. Voyez Hist. litt. de la France, t. VIII.

5. Paroles de Henri 1er rapportées précédemment, d’après Guillaume de Malmesbury.

6. Je ne veux pas prétendre que la vieille Chanson de Roland sent due au Thérould qui devait former la jeunesse du vainqueur d’Hastings. C’est besogne pour ceux qui auront à éclairer l’histoire des trouvères, et assez d'autres s’en sont mêlés ou s’en mêleront encore.

7. Dédicace citée par M. Jubinal dans son Rapport au ministre de l’instruction publique sur... la bibliothèque de Berne, 1838. « Opuscule meo Stéphane rex Angliæ faveas, <■ ut... te doctore, te monitore corrigatur; quod non ex « Gaufridi fonticulo censeatur extortum ( exortumt ), sed sale

BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE

En Allemagne , selon Witekind, si j’ai bonne mémoire, l’empereur Otlion 1er (xe siècle), dont l’éducation avait été nég'lig'ée, voulut au moins y remédier plus tard de son mieux, et se mit à apprendre à lire après la mort de sa première femme. Frédéric Barberousse (xn° siècle), qui ne marchait qu’entouré de légistes et de décrêtalistes, fit étudier le droit à son fils Henri l. Ce sont là comme deux extrêmes de l’estime pour l’étude ; mais des exemples aussi réels, quoique moins singuliers , ne manquaient point parmi les empereurs allemands. Othon II et Othon III avaient été instruits dans leur enfance par Notker et par Gerbert 2, qui fut aussi le maître du roi de France, Robert le Pieux. Saint Henri II, ainsi que son frère Brunon (qui devint évêque d’Aug'sbourg1) et ses deux sœurs, furent formés par saint Wolfg’ang’ '. Conrad le Salique, successeur de saint Henri, eut pour maître Burkhard, évêque de Worms; et Henri le Noir fut mis par Conrad sous la conduite de Wibald, abbé de Stavelo4. Charles IV avait été envoyé durant son enfance, à Paris, par son père Jean l’Aveugde, roi de Bohême (xive siècle), pour que le roi de France le confiât à des maîtres habiles ; et Pierre Rogœr, abbé de Fécamp (pape dans la suite, sous le nom de Clément VI), fut le maître de ce prince dont on a conservé plusieurs ouvragées5.

Tout le monde aura entendu parler des connaissances sing’ulières du roi de Castille, Alphonse X(ou IX), qui a donné son nom aux Tables Alplionsines (xme siècle) et qui eût mieux été qualifié par le titre de savant que par celui desag’e. Jayme lor d’Aragym, élève de saint Pierre Nolasque, trouva le temps à travers sa vie entièrement passée aux armées, de rédig-er luimême ses mémoires. Alphonse Ier d’Arag’on a été vanté par presque tous les littérateurs italiens du xve siècle, comme l’ami des savants. Il considérait l’acquisition d’un livre comme une bonne fortune6, et admettait dans son intimité les plus doctes hommes de F Italie, leur faisant traiter en sa présence diverses questions scientifiques au milieu de ses livres. Son fils Ferdinand, lorsqu’éclata la révolte des barons, n’oublia pas de faire passer leurs manuscrits dans sa bibliothèque, après la répression qui confisqua les biens des insurg'és7. Cette bibliothèque aug*mentée encore par Alphonse II, fils de Ferdinand, fut dévastée par les Français de Charles VIII lorsqu’il leur fallut évacuer Naples8. Plusieurs livres cependant furent sauvés de ce dég’ât et transportés les uns à Paris, au retour de notre armée, les autres à Valence d’Espag-ne (dans le monastère de San Mig’uel de los reyes) par les princes aragxmais9.

« miuervæ tuæ conditum.... Tuque Roberte, consul Clau- « dicestriæ, alta regni nostri columna, etc. »

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