CHAPITRE II
RAPPORTS DE LA MORALE DES IDEES-FORCES AVEC LA PHILOSOPHIE DES IDEES-FORCES
Nous croyons que la philosophie doit tendre à se rapprocher de la science. Celle-ci est la constatation et le développement de l'expérience partielle; la philosophie est la poursuite et Tanticipation de Vexpérience lolale^ la recherche des ensembles les plus généraux et des éléments les plus radicaux, de telle sorte que la philosophie prolonge la science. De plus, nous croyons qu'il ne faut faire intervenir la philosophie que là où est sa vraie place, non là où la science proprement dite se montre efficace et suffisante.
Nous ne méconnaissons pas pour cela le rôle de la philosophie en morale. La science du'* bien n'acquiert toute sa vertu pratique que lorsqu'elle est poussée théoriquement jusqu'aux idées-forces qui sont ses premiers principes, jusqu'aux idées-forces qui sont ses dernières conséquences. Pour nous comme pour Spinoza, mais en vertu de tout autres raisons, l'éthique est une philosophie et la philosophie est une éthique. Sous sa forme réfléchie et raisonnée, la morale est la philosophie même tirant de la plus haute spéculation la plus haute action.
La morale des idées-forces offrira nécessairement les mêmes caractères que la philosophie des idées-forces, à laquelle elle est liée. 11 importe de mettre en relief ces caractères.
L — Considérée au point de vue du suj^et pensant, la